renier

(Mot repris de reniâmes)

renier

v.t.
1. Déclarer, contre la vérité, qu'on ne connaît pas qqn, qqch : Saint Pierre renia Jésus.
2. Refuser de reconnaître comme sien : Sa famille l'a renié désavouer, rejeter
3. Ne pas rester fidèle à une idée : Renier ses engagements de jeunesse abandonner, abjurer

se renier

v.pr.
Revenir sur ses engagements ou ses déclarations : La ministre ne s'est jamais reniée.

renier


Participe passé: renié
Gérondif: reniant

Indicatif présent
je renie
tu renies
il/elle renie
nous renions
vous reniez
ils/elles renient
Passé simple
je reniai
tu renias
il/elle renia
nous reniâmes
vous reniâtes
ils/elles renièrent
Imparfait
je reniais
tu reniais
il/elle reniait
nous reniions
vous reniiez
ils/elles reniaient
Futur
je renierai
tu renieras
il/elle reniera
nous renierons
vous renierez
ils/elles renieront
Conditionnel présent
je renierais
tu renierais
il/elle renierait
nous renierions
vous renieriez
ils/elles renieraient
Subjonctif imparfait
je reniasse
tu reniasses
il/elle reniât
nous reniassions
vous reniassiez
ils/elles reniassent
Subjonctif présent
je renie
tu renies
il/elle renie
nous reniions
vous reniiez
ils/elles renient
Impératif
renie (tu)
renions (nous)
reniez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais renié
tu avais renié
il/elle avait renié
nous avions renié
vous aviez renié
ils/elles avaient renié
Futur antérieur
j'aurai renié
tu auras renié
il/elle aura renié
nous aurons renié
vous aurez renié
ils/elles auront renié
Passé composé
j'ai renié
tu as renié
il/elle a renié
nous avons renié
vous avez renié
ils/elles ont renié
Conditionnel passé
j'aurais renié
tu aurais renié
il/elle aurait renié
nous aurions renié
vous auriez renié
ils/elles auraient renié
Passé antérieur
j'eus renié
tu eus renié
il/elle eut renié
nous eûmes renié
vous eûtes renié
ils/elles eurent renié
Subjonctif passé
j'aie renié
tu aies renié
il/elle ait renié
nous ayons renié
vous ayez renié
ils/elles aient renié
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse renié
tu eusses renié
il/elle eût renié
nous eussions renié
vous eussiez renié
ils/elles eussent renié

RENIER

(re-ni-é) , je reniais, nous reniions, vous reniiez ; que je renie, que nous reniions, que vous reniiez v. a.
Déclarer qu'on ne connaît point une personne, une chose que l'on connaît effectivement.
Le premier et le plus zélé de tous [Pierre] le renie trois fois [Jésus] [BOSSUET, Hist. II, 6]
Ses larmes effacèrent le crime que sa bouche avait commis, en reniant son maître [BOURDAL., Exhort. sur le ren. de St Pierre, t. I, p. 473]
Absolument.
Viens t'instruire par l'exemple d'un si grand apôtre [Pierre] : il présume, il s'engage, il renie [BOSSUET, Méd. sur l'Évang. la Cène, 76e jour.]
Renier quelqu'un pour son parent, pour son ami, refuser de le reconnaître pour tel. On dit dans le même sens : renier ses parents, ses amis.
Il [Lamotte] exhortait Rousseau, qui reniait son père, à ne point rougir de sa naissance [VOLT., Louis XIV, Écriv. Lamotte.]
Tu ne saurais marcher dans cet auguste lieu, Tu n'y peux faire un pas, sans y trouver ton Dieu ; Et tu n'y peux rester sans renier ton père, Ton honneur qui te parle, et ton Dieu qui t'éclaire [ID., Zaïre, II, 3]
M. l'abbé Rothelin, qui m'a un peu renié devant les hommes [ID., Lett. Formont, 20 déc. 1738]
Désavouer, méconnaître une chose de fait. Renier sa patrie, sa famille.
Abandonner entièrement. Le peuple dit que les sorciers renient chrême et baptême.
Il ne pouvait être tranquille, depuis qu'il avait eu le malheur de renier sa foi [LESAGE, Diable boit. 15]
Deux cents et un témoins les accusèrent [les templiers] de renier Jésus-Christ en entrant dans l'ordre [VOLT., Mœurs, 66]
Non, renier sa croyance, Non, renier son Dieu n'est pas en sa puissance [C. DELAV., Une famille, 15]
Absolument. Apostasier. Parmi les chrétiens établis en Orient, il y en a toujours quelqu'un qui renie.
Renier Dieu, et, absolument, renier, jurer le nom de Dieu.
La Rancune, avec une froideur capable de faire renier un théatin, lui disait : Voilà un grand malheur [SCARR., Rom. com. I, 6]

HISTORIQUE

  • Xe s.
    Qu'elle Deo raneiet, chi maent [demeure] sus en ciel [, Eulalie]
  • XIIe s.
    Sainz Pieres li apostles, que Deus tant honura, Que en ciel e en terre poesté li duna, Jesu Crist sun seigneur par treis feiz renia [, Th. le mart. 107]
  • XIIIe s.
    Atant es vous un crestien renoiet venus au conte, qui bien savoit les passages et le pays [, Chr. de Rains, 204]
    Car se tu le bien congneüsses, Onques ses homs esté n'eüsses.... Ains croi que, sans point de demore, Son hommage li renoiasses, Ne jamès par amor n'amasses [, la Rose, 4265]
    Voudriiez vous Dieu renoier, Celui que tant solez proier ? [RUTEB., II, 82]
    De ce clos où il les avoient mis, les fesoient traire l'un après l'autre, et leur demandoient : te veulz-tu renoier ? [JOINV., 242]
    Il me fist amener mes mariniers devant moy, et me dit que il estoient touz renoiés [ID., 241]
    Renoier soi n'est pas autre chose que refuser ses volentez, en tel maniere que cil qui estoit superbes deviegne humbles [BRUN. LATINI, Trésor, p. 460]
    Envers Hervé, le cuivert renoié [DU CANGE, renegatus.]
  • XVe s.
    Et aux plusieurs forts et grands pillards françois reniés, ils firent trancher les testes, ou pendre à un gibet [FROISS., III, IV, 1]
  • XVIe s.
    Le devin ne renia [nia] point le faict [AMYOT, Alex. 117]
    Le roi, en reniant à sa mode, dist à son frere devant la roine qu'il falloit qu'un d'eux sortist le roiaume [sic] [D'AUB., Hist. II, 106]
    Il regnioit Dieu, que s'ils y revenoient plus, qu'il les tailleroit en pieces [CARL., V, 8]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, regnier ; wallon, riney ; provenç. renegar, renejar, reneyar ; espagn. renegar ; ital. rinnegare ; de re, et lat. negare, nier.

renier

RENIER. v. tr. Déclarer contre la vérité qu'on ne connaît point une personne, une chose. Saint Pierre renia JÉSUS-CHRIST, renia son maître par trois fois.

Renier quelqu'un pour son parent, pour son ami, Refuser de le reconnaître pour tel. On dit dans le même sens : Renier ses parents.

RENIER signifie encore Désavouer une chose, s'en détacher, la nier. Renier sa patrie, sa famille, son nom.

Il signifie aussi Renoncer entièrement à une chose, n'y vouloir plus avoir de part. Il a renié sa religion. Renier sa loi.

Renier Dieu, Blasphémer. Être renié de Dieu et des hommes se dit d'un Homme universellement méprisé.

renier

Renier, arnéomai, idem significat quod Nego, Recuso, inde Renier, nisi quis malit dictum quasi Renegare, id est, valde negare. voyez Nier.

Renier avec serment, Abiurare.

Renier fort et ferme, Denegare, Pernegare.

Renier qu'on nous ait baillé quelque chose en garde, Depositum abnegare.

Quand ce vient à renier la chose, In denegando modo quis pudor est paululum.

Renier l'argent presté, Inficiari creditam pecuniam. B.

Synonymes et Contraires

renier

verbe renier
Traductions

renier

התכחש (התפעל), הִתְכַּחֵשׁverloochenen, afwijzen, breken [belofte], verwerpenabjurardisown, renouncerinnegare (ʀənje)
verbe transitif
1. ne plus vouloir reconnaître renier sa famille
2. abandonner renier ses idées

renier

[ʀənje] vt
[+ parents] → to disown, to repudiate
[+ engagements] → to go back on
[+ foi, idéaux] → to betray