repentir

(Mot repris de repentants)

repentir

n.m.
Vif regret d'avoir fait ou de n'avoir pas fait qqch : Elle a manifesté un repentir sincère contrition, remords, repentance [litt.]

se repentir

v.pr. [ lat. médiév. repœnitere, du lat. class. pœnitere, être mécontent, se repentir ]
1. Manifester du remords d'avoir commis une faute : Le prêtre leur demande de se repentir.
2. Subir avec amertume les conséquences d'une action : Il se repent de ne pas l'avoir écoutée regretter, s'en vouloir

repentir

(ʀəpɑ̃tiʀ)
nom masculin
regret d'avoir fait qqch de mal et désir de le réparer un repentir sincère

repentir

(səʀəpɑ̃tiʀ)
verbe pronominal
1. ressentir le regret d'une faute et vouloir la réparer se repentir de ses péchés Elle s'est repentie de son égoïsme.
2. subir les conséquences pénibles de Il s'est repenti de ne pas avoir révisé pour cet examen. Il s'en repentira !

REPENTIR (SE)1

(re-pan-tir) , je me repens, tu te repens, il se repent ; je me repentais ; je me repentis ; je me repentirai ; je me repentirais ; repens-toi ; que je me repente ; que je me repentisse ; repentant ; repenti v. réfl.
Éprouver un chagrin qui est de la nature du regret, à propos de fautes, de manquements.
Je veux qu'il se repente et se repente en vain [CORN., Perthar. II, 1]
Le Seigneur adressa alors sa parole à Samuel, et il lui dit : Je me repens d'avoir fait Saül roi, parce qu'il m'a abandonné [SACI, Bible, Rois, I, XV, 11]
Loin de se repentir d'avoir pris les armes, la réforme ne se repent que de s'être repentie de les avoir prises [BOSSUET, 5e avert. 10]
Je veux bien avouer de lui [Charles Ier] ce qu'un auteur a dit de César : qu'il a été clément jusqu'à être obligé de s'en repentir [ID., Reine d'Anglet.]
Dans les tourments inouïs de sa dernière maladie.... elle n'a eu à se repentir que d'avoir une seule fois souhaité une mort plus douce [ID., Anne de Gonz.]
....Trop tard, dans le naufrage, Confus on se repent d'avoir bravé l'orage [BOILEAU, Sat. XI]
Se repent-il déjà de m'avoir apaisée ? [RAC., Baj. III, 6]
....Des fureurs dont mon cœur outragé Ne se repentirait qu'après s'être vengé [ID., Mithr. II, 5]
J'ai fait ce que j'ai dû, je ne m'en repens pas [ID., Baj. III, 1]
Je me suis repenti de ne l'avoir pas fait travailler moi-même [un fer] ; car il ne s'agissait que de le trancher en lames [BUFF., Hist. nat. Min. t. VII, p. 284]
Avec ellipse du pronom personnel.
Dans ce hardi métier [la satire] La peur plus d'une fois fit repentir Régnier [BOILEAU, Sat. IX]
Par menace : Il s'en repentira. Je l'en ferai repentir.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Se de venir paien ne se repentent [, Ch. de Rol. CCXIV]
    Si pren conseil, que vers mei [tu] ter repentes [, ib. CCLXII]
  • XIIe s.
    S'en veire [vraie] humilité te vols tost repentir, Ensi aies salu.... [, Th. le mart. 77]
    Deu se repenti que out fait rei Saul [, Rois, p. 54]
    Deu ne se puet pas repentir de chose qu'il face - Il n'est pas huem ki se repente [, ib. p. 57]
  • XIIIe s.
    Si sai-ge bien certainement, Combien qu'el se maint [mène, conduise] sagement, N'est nus [nul] qui marié se sente, S'il n'est fox, qui ne s'en repente [, la Rose, 8726]
    Quant heritages est vendus soit de fief ou de villenage, li venderes et li aceteres s'en poent bien, s'il lor plest, de lor commun assentement, repentir, avant que saisine de segneur soit fete [BEAUMANOIR, XXVII, 7]
  • XIVe s.
    Qui tost juge, tost se repent [, Ménagier, I, 9]
  • XVe s.
    Fuyez, truant, caymant et coquin, Maquerelles, ribaudes repenties [E. DESCH., Poésies mss. f° 353]
    L'on ne se repent jamais pour parler peu, mais bien souvent de trop parler [COMM., I, 3]
  • XVIe s.
    Elle leur dit : le premier qui mettra la main sur moy s'en repentira [AMYOT, Artax. 39]
    Je leur lairrois [aux enfants] la jouissance de mes biens, mais avecques liberté de m'en repentir s'ils m'en donnoient occasion [MONT., II, 77]
    Des mains, nous interrogeons, nombrons, confessons, repentons.... [ID., II, 159]
    Trop tard on se repend quand la faute est commise [RONS., 757]
    M. du Bellay disoit des courtisanes repenties, qu'elles estoient repenties d'estre repenties [BRANT., Dames gal. t. I, p. 168, dans LACURNE]
    Qui premier prend ne se repent [COTGRAVE, ]
    Tel consent qui se repent [ID., ]
    Trop tard se repend qui tout despend [ID., ]
    Trop tard se repend le rat entre les pattes du chat [ID., ]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, s'ripeinti ; provenç. repentir, repenedre ; catal. repenedir ; anc. espagn. repentir ; ital. ripentire ; de re..., et l'anc. franç. pentir, qui représente le lat. poenitere, se repentir (voy. PÉNITENCE).

REPENTIR2

(re-pan-tir) s. m.
Tristesse particulière que nous causent nos fautes.
Il n'est crime envers moi qu'un repentir n'efface [CORN., Cinna, IV, 2]
Notre repentir n'est pas tant un regret du mal que nous avons fait, qu'une crainte de celui qui nous en peut arriver [LA ROCHEFOUC., Max. 180]
Cette tristesse que nos fautes nous causent a un nom particulier et s'appelle repentir [BOSSUET, Conn. I, 19]
Le chemin est encore ouvert au repentir [RAC., Baj. II, 1]
Dieu fit du repentir la vertu des mortels [VOLT., Olymp. II, 2]
Le repentir, le plus grand, le plus insupportable de tous les maux [GENLIS, Théât. d'éduc. la Bonne mère, II, 5]
Le repentir qui se répète fatigue l'âme ; ce sentiment ne régénère qu'une fois [STAËL, Corinne, X, 5]
Ô mon Dieu ! s'il est vrai que, dans ta grâce immense, Le repentir ait place auprès de l'innocence [P. LEBRUN, Marie St. V, 5]
Au plur.
N'attendez point de moi d'infâmes repentirs, D'inutiles regrets ni de honteux soupirs [CORN., Cinna, V, 1]
Il [le roi] lui parla [au prince de Conti] d'un air de maître qui a dû causer de graves repentirs [SÉV., 28 juill. 1682]
La volupté, des repentirs suivie [J. B. ROUSS., Épîtres, II, 5]
Les repentirs, les doux souvenirs, les regrets, l'attendrissement se partagent le soin de me faire oublier quelques moments mes souffrances [J. J. ROUSS., 3e lett. à M. de Malesherbes.]
Quand il aura béni toutes les innocences, Puis tous les repentirs [V. HUGO, Chants du crépuscule, 30]
Fig.
Le mauvais temps continue.... on se hasarde sous l'espérance de la Saint-Jean, on prend le moment d'entre deux nuages pour être le repentir du temps, qui veut enfin changer de conduite, et l'on se trouve noyés [SÉV., 21 juin 1680]
Familièrement. En être au repentir, regretter d'avoir fait quelque chose.
Sur un ton si chagrin vous parlez des époux, Que vous avez l'air, entre nous, D'en être.... au repentir vous-même [IMBERT, Jaloux sans amour, II, 7]
Changement de résolution.
Mais, puisque désormais son lâche repentir Dément le sang des dieux dont on le fait sortir, Ma fille, c'est à nous de montrer qui nous sommes [RAC., Iph. II, 4]
Les fléaux, comme les dons de Dieu, sont sans repentir [MASS., Or. fun. Villars.]
Terme de peinture. Trace d'un premier trait qu'on a corrigé. Il y a des repentirs dans ce tableau.
Au plur.Terme de coiffure. Cheveux roulés en hélice ou en tire-bouchons que quelques femmes laissent pendre des deux côtés du visage.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Onques Tristans, cil qui but le brevage, Plus loiaument n'ama sanz repentir [, Couci, XI]
  • XVIe s.
    Regarde en quel danger follement tu te jettes, Et au pris de ta vie un repentir n'achetes [RONS., 757]
    De court plaisir long repentir [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Repentir 1. L'ancienne langue avait aussi repentie, repentise et même repentison.

repentir

REPENTIR (SE). v. pron. Ressentir le regret d'une faute avec le désir de la réparer ou de n'y plus retomber. Se repentir d'avoir offensé Dieu. Se repentir de ses fautes, de ses péchés, de ses égarements. Se repentir de sa mauvaise conduite. Il s'en est repenti. Je me repens d'avoir fait, de n'avoir pas fait telle chose. Je me repens du mal que je lui ai fait.

Je l'en ferai bien repentir se dit par menace au sens de : Je le lui ferai payer cher.

SE REPENTIR signifie aussi, dans un sens plus atténué, Regretter d'avoir fait une chose, Je me repens de n'avoir pas pris l'autre chemin. C'est une décision dont vous vous repentirez.

Le participe passé REPENTI s'emploie adjectivement. Pécheur repenti. Une fille repentie, ou simplement Une repentie. On appelait Filles repenties ou Repenties Certaines maisons religieuses, où des filles qui avaient vécu dans le désordre se retiraient ou étaient enfermées pour faire pénitence.

repentir

REPENTIR. n. m. Action de se repentir. Repentir sincère, cuisant. Il en aura un éternel repentir. Être touché de repentit, d'un grand repentir. Verser des larmes de repentir. Avoir le repentir de ses péchés. Je lui ai pardonné sa faute, parce qu'il m'en a témoigné beaucoup de repentir. Il en conçut un grand repentir, un profond repentir, un vif repentir. Un léger repentir.

En termes de Dessin et de Peinture, il désigne la Trace d'une première idée qu'on a voulu corriger. Il y a des repentirs dans ce tableau.

repentir

Repentir, d'avoir fait quelque chose, Poenitere, Poenitentiam agere, Pigere.

Se repentir aucunement, Suppoenitere.

Je vous prie qu'il ne face point plus ne moins dequoy nous nous repentions apres, Obsecro ne quid plus minusve faxit quod nos postea pigeat.

Pensez vous qu'il se repente de l'avoir fait? Num facti piget?

Il se repent, Eum poenitet.

Mes gendarmes s'en repentiront, Malum quidem militibus meis, nisi quieuerint, B. ex Liu.

Il ne se repent point d'avoir fait cela, Id non piget.

Je ne me repens point de l'avoir fait, Haud poenitet facti.

Qui se repent, Poenitens.

Qui se repentira, Poeniturus.

Synonymes et Contraires

repentir

nom masculin repentir
Fait de regretter une faute.
attrition, regret, remords -littéraire: componction, contrition, repentance, résipiscence.

repentir (se)

verbe pronominal repentir (se)
Traductions

repentir

repent, repentance, arrepentirse

repentir

הצטערות (נ), התחרטות (נ), חרטה (נ), תשובה (נ), הִצְטַעֲרוּת, תְּשׁוּבָה, חֲרָטָה

repentir

berouw, berouwen

repentir

Reue

repentir

懺悔

repentir

pokání

repentir

omvendelse

repentir

회개

repentir

ånger

repentir

[ʀ(ə)pɑ̃tiʀ] nmrepentance [ʀ(ə)pɑ̃tiʀ] vpr/vi → to repent
se repentir de → to repent of