retenue

retenue

n.f.
1. Action de retenir, de garder : La retenue de marchandises à la douane.
2. Ce qui est prélevé sur une somme due : Une retenue sur salaire prélèvement
3. Privation de sortie, dans les établissements scolaires ; consigne : Il est en retenue.
4. Qualité d'une personne qui garde une réserve discrète : Il a parlé avec beaucoup de retenue mesure, modération ; démesure, outrance
5. Ralentissement de la circulation routière : Une retenue de dix kilomètres bouchon, embouteillage
6. Dans une opération mathématique, chiffre reporté pour être ajouté au chiffre de la colonne suivante.

RETENUE

(re-te-nue) s. f.
Terme de marine. Cordage employé à maintenir dans sa position un bâtiment abattu en carène, un objet qui pourrait se renverser. Câble de retenue, câble employé à retenir à l'ancre un navire.
Son pavillon en berne, quatre câbles sur son avant, et un de retenue sur son arrière [BERN. DE ST-P., Paul et Virg.]
Espace entre deux écluses, où l'eau est retenue. Retenue de chasse, vaste espace fermé par une écluse, qu'on ouvre à la mer montante dans les hautes marées, et qu'on ferme aussitôt que la mer commence à baisser, pour la rouvrir tout à coup quand elle sera tout à fait basse ; l'eau, se précipitant alors avec une grande violence, chasse le galet ou les sables qui obstruent l'entrée des ports. Réservoir où l'on retient de l'eau.
Il faut, lorsqu'on est forcé d'avoir recours à ces eaux pour l'irrigation, avoir des retenues où on les fait séjourner assez longtemps pour s'échauffer [GENLIS, Maison rustique, t. III, p. 138, dans POUGENS]
Terme de collége. Punition qui consiste à retenir l'élève, c'est-à-dire à le priver de récréation ou de sortie. Mettre un écolier en retenue. Il est en retenue.
Terme de finance. Ce qu'on retient en vertu de la loi ou d'une stipulation sur un traitement, sur une rente, sur un salaire.
Je vous suis très obligé, monsieur, de votre belle consultation sur la retenue du vingtième [VOLT., Lett. à M. Le Riche, 16 janv. 1768]
Une pension sans retenue, exempte de retenue, une pension sur laquelle on ne retient aucune imposition.
Anciennement, brevet de retenue, grâce que le roi accordait, quand, sur une charge qui n'était point héréditaire, il assurait par un brevet au titulaire une somme payable par celui qui lui succéderait dans la charge.
Harlay avait 100000 écus de retenue sur sa charge de premier président [SAINT-SIMON, 20, 234]
Boufflers ne servit pas cette année ; le roi tâcha de l'en consoler par une augmentation de 200 000 livres de brevet de retenue sur sa charge [ID., 130, 184]
Ancien terme de jurisprudence. Faculté que le seigneur avait, en vertu de quelques coutumes, de retenir l'héritage qui était dans la censive et qui avait été vendu par le censitaire, moyennant restitution du prix de la vente à l'acquéreur.
Fig. Acte moral par lequel on se retient, on se contient.
Il faut écrire avec tant de retenue, qu'étourdi comme je suis, je ne prends jamais la plume que je ne tremble de peur d'en trop dire [VOIT., Lett. 21]
C'est trop de retenue, il est temps que j'éclate [CORN., Pulch. III, 4]
Je mange bien, mais avec retenue [SÉV., 264]
Elle savait donner de la retenue aux langues les moins modérées [BOSSUET, Yol. de Monterby.]
Ces airs mondains et affectés, si contraires à la pudeur et à la retenue de votre sexe [BOURDAL., Myst. Pentec. t. I, p. 462]
On vit paraître en elle ce que nous avons depuis admiré, la retenue qu'inspire la solitude, la politesse que donne l'usage du monde.... [FLÉCH., Dauphine.]
Quoi ! ta rage à mes yeux perd toute retenue [RAC., Phèd. IV, 2]
La ville de Marseille, qui, par un heureux mélange, joint à la politesse des Grecs la simplicité et la retenue des provinces [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. IX, p. 217, dans POUGENS]
Fi donc, petit badin, un peu de retenue [REGNARD, le Joueur, II, 4]
Les femmes, qui ont à cet égard [l'usage des boissons fortes] une retenue naturelle [MONTESQ., Esp. XVI, 2]
Voyez comme Josabeth parle à Athalie ; elle lui fait senti tout ce qu'elle pense ; cette retenue habile et touchante fait beaucoup plus d'impression que des in jures [VOLT., Com. Corn. Rem. Héraclius, I, 2]
Nous tâcherons d'entrer dans les détails avec cette sage retenue qui fait la décence du style [BUFF., Hist. nat. homme, t. IV, p. 222]
Dans une audience particulière qu'il [lord Stairs] eut de ce prince [Louis XIV], il lui parla avec peu de retenue sur les travaux qui se faisaient à Mardick, et qui pouvaient, disait-on, suppléer au port de Dunkerque [DUCLOS, Œuv. t. V, p. 110]
Ce que la mémoire retient.
Cet endroit [une plaisanterie d'une lettre] fera un bel effet dans les retenues de vos lectures [SÉV., 25 janv. 1690]
Ancien terme de marine. Retenue de poupe, gentilshommes désignés sur les galères pour défendre avec le capitaine la poupe et l'étendard.
Que le général et les capitaines fassent leur retenue de poupe en la galère, où ils pourront retenir tel frère qu'ils voudront.... et que ceux ainsi retenus ne puissent durant le combat sortir de la poupe sans en avoir ordre exprès dudit général ou du capitaine, [, Statuts de l'ordre de St-Jean de Jérusalem, XX, 34, dans JAL]

SYNONYME

  • RETENUE, MODESTIE. L'homme qui a de la retenue se retient, se contient ; l'homme qui a de la modestie se garde de faire valoir les avantages qu'il possède.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Se ele [la veuve douairière] laissoit courre le [la] partie [le partage] sans fere retenue, ele n'aroit nul restor des teres plaines [BEAUMANOIR, XIII, 24]
  • XVe s.
    Le vicomte.... fit lettres escrire et envoyer hastivement aux chevaliers et escuyers de France et de Picardie de sa connoissance et retenue [suite] [FROISS., III, IV, 14]
    Le trop d'officiers remue [congédie], Que tu as, comme oiseaulx en mue.... Ils ont sans cause retenue [gages, salaires] [E. DESCH., Poésies mss. f° 320]
    Et le roy lui eust donné, à sa vie, certaine pension ; Qu'il vous plaise, seigneur très redoubté, Retenue ait et confirmacion [ID., Suppl. au roi.]
    De si bon engin et de si grant retenue [mémoire] [, Perceforest, t. VI, f° 113]
    Anciens edifices dont la couverture estoit pourrie par deffaulte de retenue [, ib. t. V, f° 94]
  • XVIe s.
    Le retrait [droit de rachat] seigneurial est censuel ou feodal, et s'appelle coutumierement droit de retenue [LOYSEL, 423]
    Lignager sur lignager n'a droit de retenue [la vente ayant lieu entre parents, le droit de rachat tombe] [ID., 430]
    [Des dames se tenant toujours bien en leurs rangs dans une danse très compliquée] Tant ces dames avoient le jugement solide et la retenue [mémoire] bonne [BRANT., Dames ill. p. 81]
    Le pere ou la mere de mineurs aura la retenue [disposition], le maniement et le profit des biens de leurs enfants, sans rendre compte [, Nouv. coust. gén. t. I, p. 839]

ÉTYMOLOGIE

  • Retenu ; wall. ritnow ; prov. retenguda. Retenue au sens de suite a donné l'angl. retinue.

retenue

RETENUE. n. f. Action de retenir. Il se dit spécialement, en termes de Finance et de Comptabilité, de Ce qu'on retient, en vertu de la loi ou d'une stipulation convenue, sur un traitement, un salaire, ou sur une rente. La retenue est de tant pour cent. Subir une retenue. Retenue légale. Franc et quitte de toute retenue. Dix mille francs, nets de toute retenue.

En termes d'Arithmétique, il désigne le Chiffre, le nombre que l'on retient. La retenue est deux. Il a oublié la retenue.

En termes de Collège, il se dit d'une Privation de sortie, infligée à un écolier comme punition de quelque faute. Cet enfant est en retenue. On l'a mis en retenue. Faire sa retenue.

RETENUE se dit aussi d'un Réservoir où l'on retient de l'eau. Pour arroser son jardin, il avait une retenue d'eau.

Il se dit encore de l'Espace entre deux écluses où l'eau est retenue.

Retenue de chasse, Sorte d'écluse dans certains ports de mer, qui sert à retenir l'eau et que l'on ouvre tout à coup, de manière que le courant chasse les galets et le sable qui obstruent l'entrée du port.

RETENUE signifie, au figuré, Action de se retenir, modération, discrétion, modestie. Il ne s'emporte jamais, j'admire sa retenue. Il faut avoir de la retenue. Ne garder, ne mettre aucune retenue dans sa conduite.

retenuë

Retenuë, Est l'acceptation que un Prince fait de la personne d'aucun à quelque office domestique en sa maison, pour estre couché en l'estat et admis aux gages et exercice dudit office, si tost qu'il sera vacquant, et telles retenuës sont despechées par brevet, Designatio. Et celuy qui en est ainsi pourveu par grace expectative, se peut dire en Latin Designatus.

retenûe


RETENûE, s. fém. [1re, 2e et dern. e muet, 3e lon.] 1°. Modération, discrétion, modestie. "Il a de la retenûe: il n'a nulle retenûe. "Fille modeste, et qui a beaucoup de retenûe. "Il n'y a que trop de Lecteurs qui se laissent séduire par les mensonges d'un Écrivain sans pudeur et sans retenûe. VOLT. "L'usages des métaphores ne demande pas seulement de l'exactitude; il demande encôre de la retenûe. = 2°. Grâce que le Roi fait, lorsque sur les charges qui ne sont point héréditaires, il assure, par un brevet, au titulaire, ou à ses héritiers, une somme payable par celui, qui possèdera la charge aprês lui. "Brevet de retenûe, etc.

Synonymes et Contraires

retenue

nom féminin retenue
1.  Fait de punir un élève.
consigne, punition -familier: colle.
Traductions

retenue

איפוק (ז), דיסקרטיות (נ), הבלגה (נ), הירסנות (נ), התאפקות (נ), התרסנות )נ), כבישת הכעס (נ), צנעה (נ), ריסון (ז), אִפּוּק, הִתְרַסְּנוּת, הִתְאַפְּקוּת, רִסּוּן, הַבְלָגָהdeduction, detention, restraintritegno, ritenuta, trattenuta (ʀətəny)
nom féminin
1. fait d'enlever une somme sur un salaire une retenue de 10% sur le salaire
2. fait de contrôler ses réactions, sessentiments rire sans retenue