reversi, ou, suivant une orthographe usitée aussi, reversis

REVERSI, ou, suivant une orthographe usitée aussi, REVERSIS

(re-vèr-si) s. m.
Jeu de cartes dans lequel gagne celui qui fait le moins de levées, et où le valet de cœur, appelé le quinola, est la carte principale ; il se joue à quatre.
Il [Louis XIV, au camp] trouve le temps non-seulement d'expédier toutes les affaires de l'État, comme à Saint-Germain et à Versailles, mais même de voler la pie et de jouer au reversis [PELLISSON, Lett. hist. t. III, p. 41]
Mon fils me mande qu'il s'en va jouer au reversi avec son jeune maître [M. le Dauphin] ; deux, trois, quatre cents pistoles s'y perdent fort aisément [SÉV., 437]
À ce jeu, coup qui consiste à faire toutes les levées, et qui, contrairement à la règle ordinaire, procure le gain d'une partie. Faire le reversi, ou faire reversi. Rompre le reversi.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Pour moy, je suis d'un naturel dispos et gaillard ; j'aime toujours mieux jouer au reversis qu'au piquet ; je ne me pique jamais au jeu, pourveu que d'autre part on ne passe trop avant dans les bornes de l'honneur [, Caquets de l'accouchée, p. 166, dans LACURNE]
    Jouer au reversis [se laisser renverser] [OUDIN, Dict.]

ÉTYMOLOGIE

  • Sorte de triomphe renversée, que le duc de Savoie apporta en France, il y a quelques dix ans, COTGRAVE. Reversis, ce qui est la meilleure orthographe, vient donc de reverser, renverser. Ce jeu fut, comme on voit, apporté en France dans le courant du XVIe siècle.