rieur, euse

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RIEUR, EUSE

(ri-eur, eû-z' ; du temps de Ménage, rieur se prononçait ri-eû, même devant une voyelle) s. m. et f.
Celui, celle qui rit.
Savez-vous bien, monsieur le rieur, que je ne ris pas moi ? [MOL., l'Av. III, 6]
On rit par occasion, mais on n'est pas rieur par état [DIDER., Essai sur la peint. ch. 5]
Avoir les rieurs de son côté, faire rire aux dépens de son adversaire, et fig. avoir pour soi l'approbation du plus grand nombre.
Si on ne peut avoir l'aréopage de son côté, il faut avoir les rieurs, et il me paraît qu'ils sont pour nous [VOLT., Lett. d'Alembert, 13 août 1760]
Je pris la plume, et j'en traitai quelques-uns de manière à ne pas laisser les rieurs de leur côté [J. J. ROUSS., Confess. VIII]
Ce n'est pas le tout que d'avoir pour soi les juges ; il faut aussi avoir les rieurs de son côté [ARNAULT, Loisirs d'un banni, t. I, p. 354, dans POUGENS]
On dit de même : Les rieurs sont de son côté, sont pour lui.
Les rieurs sont pour vous, madame, c'est tout dire [MOL., Mis. II, 5]
La faveur et les rieurs, comme l'on dit ordinairement, ne sont que rarement du côté de la vérité [MALEBR., Rech. vér. IV, 13]
Un projet assez vain serait de vouloir tourner un homme fort sot et fort riche en ridicule : les rieurs sont de son côté [LA BRUY., VI]
Celui, celle qui aime à rire.
Je me suis trouvée un jour avec de ces rieuses éternelles, qui m'inspirèrent si fort leur rire, que je ris presque jusqu'aux larmes, sans que je susse pourquoi je riais [Mlle DE SCUDÉRY, Conversations, de la conversation]
Ma foi, monsieur, Dit avec un ton de rieur Le gaillard savetier, ce n'est pas ma manière De compter de la sorte [LA FONT., Fabl. VIII, 2]
Pour moi, qui suis une rieuse, je t'avouerai qu'un acteur parfaitement ridicule ne me divertit pas moins qu'un excellent [LESAGE, Gil Bl. VII, 7]
Adj.
La fête commencée, avec ses sœurs rieuses Elle accourait [V. HUGO, Orient. 33]
Celui ou celle qui raille.
Le sieur de la Rappinière était alors le rieur de la ville du Mans ; il n'y a point de petite ville qui n'ait son rieur ; la ville de Paris n'en a pas pour un [SCARR., Rom. com. I, 2]
On cherche les rieurs et moi je les évite [LA FONT., Fabl. VIII, 8]
N'allez point de nouveau faire courir aux armes Un athlète tout prêt à prendre son congé, Qui, par vos traits malins au combat rengagé, Peut encore aux rieurs faire verser des larmes [BOILEAU, Épigr. XXX]
Les rieurs de Madrid en eurent pour longtemps à s'égayer, et les poëtes satiriques ne perdirent pas une si belle occasion de faire couler le fiel de leur plume [LESAGE, Gil Bl. XII, 5]
Coucou du Mexique.
S. f. Rieuse, espèce de mouette. Colombe rieuse, ou tourterelle à collier, columba risoria, L. ainsi nommée à cause d'un roucoulement qui ressemble au rire.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Caton se prit à dire : Que nous avons un grand rieur et un grand mocqueur de consul ! [AMYOT, Cicér. et Démosth. 2]

ÉTYMOLOGIE

  • Rire ; wallon, ryeu ; Berry, rieux.