roman, ane

ROMAN, ANE1

(ro-man, ma-n') adj.
Il s'est dit d'un langage qu'on a supposé avoir été intermédiaire entre le latin et les langues qui en sont nées, mais qui, en ce sens, n'a jamais existé. Aujourd'hui, il se dit des langues qui se sont formées du latin, et dont les quatre principales sont : l'espagnol, le français, l'italien et le provençal. Les langues romanes. S. m. Le roman, l'ensemble des langues romanes. Roman provençal, langue d'oc.
Vers la fin du onzième siècle, on vit la poésie commencer en Provence en langage roman, ou romain corrompu, comme elle avait fait dans la Grèce, par des chants héroïques et satiriques [MARMONTEL, Œuv. t. IX, p. 338]
On a dit aussi roman rustique.
Le roman de Philomena, écrit au Xe siècle en roman rustique [VOLT., Dict. phil. Français.]
Se dit du style qui régna dans la construction des édifices, du Ve au XIIe siècle, et dont les voûtes à plein cintre forment le principal caractère.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Qui ceste estoire en romanz mist [, Rou, 10442]
    Car à l'eschole fu quant il fu petis, Tant que il sot [sut] et romans et latin [DU CANGE, romanus.]
  • XIIIe s.
    Il li otroie, quanqu'il volt, Il s'abaissa, et cil l'asolt Moitié romanz, moitié latin [, Ren. 10833]
    Un mesagier qui miex parlast, Loeroie [je conseillerais] qui i alast Sans plus atargier le matin, Qui parlast romanz ou latin [, ib. 18906]
    S'auscuns demande por quoi chis livres est escris en romans selonc le patois de France, puis que noz somes Italiens [BRUN. LATINI, Trésor.]
  • XVIe s.
    On appella roman nostre nouveau langage, pour ce qu'il estoit corrompu du vray romain ; je trouve un passage où on l'appelle rustique roman [PASQUIER, Recherches, VIII, p. 654, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Prov. roman ; cat. romans ; espagn. et port. romance ; du lat. romanus, romain. Il est remarquable que ce mot a une s thématique en vieux français, et une forme analogue en espagnol. Le provençal n'a pas cette s.