rosée

rosée

n.f. [ lat. ros, roris ]
Ensemble de fines gouttelettes d'eau qui se dépose le matin et le soir dans la nature.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

ROSÉE

(rô-zée) s. f.
Couche d'humidité qui, sous forme de gouttelettes liquides, se dépose à la surface des corps pendant la nuit, quand le ciel est serein ; cet effet est dû au refroidissement produit par le rayonnement.
Telle tous les matins l'aurore Sur le sein émaillé de Flore Verse la rosée et le jour [CORN., Tois. d'or, II, 4]
Un jour Qu'il [le lapin] était allé faire à l'Aurore sa cour Parmi le thym et la rosée [LA FONT., Fabl. VII, 16]
Élie aux éléments parlant en souverain, Les cieux par lui fermés et devenus d'airain, Et la terre trois ans sans pluie et sans rosée [RAC., Ath. I, 1]
De sang montagne arrosée, Séjour de trouble et d'effroi, Gelboé, que la rosée Ne tombe jamais sur toi ! [LEFRANC DE POMP., Cantiques sacrés.]
Puisque les rosées rendent les plantes si susceptibles de la gelée du printemps [BUFF., Exp. sur les végét. 4e mém.]
Jusqu'à l'heure où l'aurore humide de rosée.... [DELILLE, Imag. IV]
Tu marches, et, des plis de ta robe flottante Secouant la rosée et versant les couleurs, Tes mains sèment les fruits, la verdure et les fleurs [ID., Homme des champs, IV]
Fig.
Ma générosité, qui répand la rosée de ses faveurs sur les grands comme sur les petits [VOLT., Charles XII, 6]
Il [le souverain] trouva en une heure par leur moyen [des financiers] ce qu'il n'aurait pas eu en six mois par les voies ordinaires : il vit que ces gros nuages, enflés de la rosée de la terre, lui rendaient en pluie ce qu'ils en recevaient [ID., Babouc.]
Fig. et familièrement. Tendre comme la rosée, comme rosée, se dit d'une substance alimentaire fort tendre. Cette viande, cette salade est tendre comme rosée. Elliptiquement, dans le même sens. C'est de la rosée.
Il se dit d'autres goutelettes que la rosée.
Ses yeux s'allumèrent et se couvrirent d'une légère rosée, à travers laquelle on entrevoyait des traits de flamme [VOLT., Jenni, I]
Terme de vétérinaire. Gouttelettes de sang qui sortent de la sole du cheval, lorsqu'on pare le pied trop près du vif. Le pied a été paré jusqu'à la rosée.
Rosée mielleuse, voy. MIELLAT.
Terme d'alchimie. Rosée des philosophes, l'ouvrage de la pierre des sages, lorsqu'on y travaille.
Rosée-du-soleil, voy. ROSSOLIS.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Pluie n'i chet, rusée n'i adeise [, Ch. de Rol. LXXVI]
  • XIIe s.
    [Le temps] Que naist la rose, et le lis, Et la rousée au vert pré [, Couci, XI]
    E vus, munz de Gelboé, rusée ne pluie ne vienge sur vus [, Rois, p. 122]
    Sicume la rosede chi descendit el mont de Syon [, Liber psalm. p. 208]
  • XIIIe s.
    [Beauté] Tendre ot la char comme rousée, Simple fu cum une espousée [, la Rose, 1003]
    Tels resons ne sont que rousée ; Ne vous en devez desconfire ; Toutes resons se lessent dire [RUTEB., II, 192]
  • XVe s.
    Et n'avoit depuis l'entrée d'avril nulle douceur descendue du ciel, ni pluie, ni rosée ; mais estoient les herbes toutes arses [FROISS., II, III, 83]
    Adonc commencerent à tirer l'ung contre l'autre de tel cueur, que la rosée de la sueur qui d'eulx yssoit fist en pou d'heure une grant bruine autour d'eux [, Perceforest, t. II, f° 128]
    Pour la moisteur de la rosée du serain [, ib. t. II, f° 134]
  • XVIe s.
    Or ça, dit-il, tendre rousée, Vous ay-je faict du mal ainsi ? [MAROT, III, 143]
    Entre ceux qui à son gré se signalerent en cet affaire, nous ne lui avons oui sur-estimer que le duc de la Trimouille et celui d'Elbœuf qui se joignit à l'autre pour abatre la rosée devant le roi [D'AUB., Hist. III, 354]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. rosada, rozada ; catal. rosada ; ital. rugiada. C'est le participe passé féminin d'un verbe espagnol rociar ; catal. ruxar, arroser ; lequel verbe, d'après Diez, dérive du latin roscidus, plein de rosée, par la syncope du d, comme l'espagnol limpiar de limpidus Roscidus vient de ros, qui est pour vros (comparez le grec), sanscr. varsha, pluie.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    ROSÉE. Ajoutez :
    Poire de rosée, variété de poire fondante et précoce ; elle est ronde et de couleur verte.
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

rosée

ROSÉE. n. f. Vapeur d'eau de l'atmosphère, qui se condense par le refroidissement dû au rayonnement nocturne et qui se dépose surtout sur les corps qui sont mauvais conducteurs de la chaleur. La rosée du matin. La rosée du soir. Rosée abondante. Rosée de mai. Une goutte de rosée. La rosée tombe. Abattre la rosée en marchant dans un pré. Ces enfants se sont mouillés en courant dans la rosée. On voyait briller la rosée sur les herbes, sur les fleurs, sur les feuilles.

Fig., Cette viande, cette salade est tendre comme la rosée, comme rosée, Elle est très tendre.

En termes de Botanique, Rosée-du-soleil. Voyez ROSSOLIS.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

rosée

Rosée, Ros roris.

Couvert de rosée, Rorulentus, Roscidus.

Chargé de rosée, Roratus.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

rosée


ROSÉE, s. f. [Rozé-e: 2e é fer. et long, 3e e muet.] Humeur fraiche, qui tombe le matin sur la terre. Le soir, on l'apèle serein. = On dit, figurément, st. famil. d'une viande qui est fort tendre, qu'elle est tendre comme rosée. = Rosée se dit, au figuré, de la grâce, dans le beau style. "Épanche sur moi la rosée de ta grâce. Jér. Dél.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Traductions

rosée

Taudewdauwטל (ז), טַלrosadadugrosorocío, relentedöggrugiadaduggorvalho, rociodaggKastepisteenน้ำค้าง (ʀoze)
nom féminin
eau qui se dépose sur les plantes le matin ou le soir
Kernerman English Multilingual Dictionary © 2006-2013 K Dictionaries Ltd.

rosée

[ʀoze]
adj f
voir rosé
nfdew
goutte de rosée → dewdrop
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005