séparé, ée

SÉPARÉ, ÉE

(sé-pa-ré, rée) part. passé de séparer
Désuni, disjoint.
Mon Dieu, me quitterez-vous ? que je n'en sois pas séparé éternellement ! [PASC., Amulette.]
Ma pensée n'a pas été un moment séparée de vous ; je vous ai suivie partout [SÉV., à Mme de Grignan, 13 déc. 1676]
De mes braves amis la moitié séparée A marché sur les pas du courageux Osmin [RAC., Bajaz. V, 9]
Mais, du sol maternel une fois séparée, Sa feuille se flétrit et meurt décolorée [DELILLE, Én. X]
Absolument. Séparé se dit des Églises, des sectes séparées du catholicisme.
L'erreur est d'associer des sectes séparées à des promesses qui, originairement, ont été données à la tige d'où elles se sont détachées [BOSSUET, 6e avert. 64]
Mener un cheval les rênes séparées, le guider en tenant une rêne de chaque main.
Mis, placé à part, isolé.
Notre bon abbé.... a un commerce tout séparé avec vous, qui roule sur les fruits de votre bon pays [Semur] [SÉV., à Guitaut, 5 mars 1683]
Une terre inconnue et déserte, séparée de bien loin du commerce et de la société des hommes [BOSSUET, 2e sermon, Quinquagésime, Préambule.]
Dans un lieu séparé des profanes témoins, Je mets à les former [de jeunes filles] mon étude et mes soins [RAC., Esth. I, 1]
Du reste des humains je vivais séparée [ID., ib.]
Il se dit des gens qui ne sont pas ensemble.
Ces temps de barbarie étaient le siècle d'or, non parce que les hommes étaient unis, mais parce qu'ils étaient séparés [J. J. ROUSS., Orig. des langues, 9]
Séparé de corps, séparé de biens, se dit d'époux entre lesquels est intervenu un jugement de séparation de corps, de biens.
Mme de Germeuil est séparée de son mari, et absolument bannie de la société [GENLIS, Ad. et Th. t. III, p. 343, dans POUGENS]
La femme séparée soit de corps et de biens, soit de biens seulement [, Code Nap. art. 1449]
Se marier séparés de biens, convenir par le contrat de mariage qu'il n'y aura point communauté de biens entre les époux.
Différent, distinct.
La nature et l'amour ont leurs droits séparés [CORN., Rod. IV, 3]
Ce sont deux questions fort séparées [PASC., Prov. XI]
Tous les auteurs du temps nous ont montré les vaudois et les albigeois comme deux sectes séparées [BOSSUET, Var. XI, 91]
Tombant incessamment sur les uns ou sur les autres de ces barbares qui avaient leurs intérêts séparés, il les défit entièrement [FLÉCH., Hist. de Théod. I, 9]
Aucun n'avait d'enclos ni de champ séparé [BOILEAU, Sat. X]

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    SÉPARÉ. Ajoutez :
    Teint séparé, expression maintenant obscure pour nous, synonyme probablement de teint démêlé, qui se dit en Suisse pour teint débrouillé.
    Émile a les yeux touchants, le teint séparé, délicat, uni [SAINT-ÉVREMOND, t. II, Idée de la femme qui ne se trouve point]
  • Voy. à DÉMÊLÉ dans le Dictionnaire un exemple de Saint-Simon où teint démêlé est expliqué autrement, probablement à tort.