séquestrer

(Mot repris de séquestrai)

séquestrer

v.t.
1. Maintenir illégalement qqn enfermé : Ils l'ont séquestré pendant un mois détenir, retenir
2. Dans la langue juridique, mettre sous séquestre : Séquestrer des marchandises.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

SÉQUESTRER

(sé-kè-stré) v. a.
Mettre quelque chose en séquestre. On a séquestré ses biens, ses revenus.
Le pape Urbain VIII avait obtenu qu'on séquestrât cette province [la Valteline] entre ses mains, et ne désespérait pas de la garder [VOLT., Mœurs, 176]
Mettre à part, mettre de côté.
Il avait séquestré les meilleurs effets pour frauder les héritiers de sa femme [, Dict. de l'Acad.]
Pour ne s'en point servir aux plus rigoureux mois, Dans le fond d'un grenier on séquestra le bois [BOILEAU, Sat. X]
Renfermer illégalement une personne.
Fig. Écarter, séparer des personnes d'avec quelques autres.
Lorsque Ozias, frappé de la lèpre par un coup manifeste de la main de Dieu, prit la fuite tout hors de lui-même, on entendit bien que la volonté de Dieu était qu'on le séquestrât, selon la loi, de la société du peuple [BOSSUET, 5e avert. 57]
Il étudiait encore en troisième, lorsqu'il lui resta d'une maladie une surdité assez considérable qui le séquestra presque entièrement du commerce des hommes, du moins du commerce inutile [FONTEN., Amontons.]
En le séquestrant tout à fait du commerce des hommes qu'il fuit, quel mal lui fait-on ? [J. J. ROUSS., 1er dial.]
Se dit en parlant d'animaux atteints de maladie contagieuse.
Se séquestrer, v. réfl. Se mettre, se tenir loin du commerce des hommes.
Certains saints, Pour mieux vaquer à leurs pieux desseins, Se séquestraient, vivaient comme des anges [LA FONT., Diable.]
Je me suis séquestrée du monde, parce que je me suis aperçue que j'ai assez d'affaires en moi-même [BOSSUET, Vêture d'une postulante bernardine, 3]
Je pris la vie en dégoût et le monde en horreur ; je ne désirais plus que de m'en séquestrer [STAAL, Mém. t. III, p. 117]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Ce n'est pas assez de s'estre escarté du peuple ; ce n'est pas assez de changer de place ; il se fault escarter des conditions populaires qui sont en nous ; il se fault sequestrer et r'avoir de soy [MONT., I, 275]
    Nous nous preferons aux aultres animaux et nous sequestrons de leur condition et societé [ID., II, 205]
    Quant les preuves des possessions sont incertaines,... les choses contentieuses sont sequestrées [LOYSEL, 768]
    Et sçauront ceux qui seront pestiferés, et les feront sequestrer [PARÉ, XXIV, 11]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. sequestrar ; espagn. secuestrar ; ital. sequestrare ; du lat. sequestrare, de sequestrum, séquestre.
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

séquestrer

SÉQUESTRER. v. tr. Mettre quelque chose sous séquestre. Les revenus furent séquestrés. On a séquestré les fruits.

Il signifie aussi Tenir illégalement enfermée une personne. La loi punit ceux qui, sans ordre ni mandat de justice, ont arrêté, détenu ou séquestré des personnes quelconques.

SE SÉQUESTRER signifie S'isoler, vivre à l'écart du monde.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

sequestrer

Sequestrer, Rem controuersam deponere apud aliquem.

Sequestrer, Fournir la complaincte, De fundo possessorem moribus deducere, Rem dare sequestro. B.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606
Synonymes et Contraires

séquestrer

verbe séquestrer
Garder quelqu'un enfermé.
Le Grand Dictionnaire des Synonymes et Contraires © Larousse 2004
Traductions

séquestrer

הפקיע (הפעיל), הִפְקִיעַsequestersequestrare (sekɛstʀe)
verbe transitif
garder qqn enfermé dans un lieu
Kernerman English Multilingual Dictionary © 2006-2013 K Dictionaries Ltd.

séquestrer

[sekɛstʀe] vt
[+ personne] → to confine illegally
[+ biens] → to impound
Collins English/French Electronic Resource. © HarperCollins Publishers 2005