sanctuaire

sanctuaire

n.m. [ lat. sanctuarium, de sanctus, saint ]
1. Partie de l'église, située autour de l'autel, où s'accomplissent les cérémonies liturgiques.
2. Édifice religieux, lieu saint en général.
3. Fig. Lieu protégé contre toute agression ; asile : Cette île est un sanctuaire pour les oiseaux. Ce pays doit cesser d'être un sanctuaire pour les terroristes refuge

SANCTUAIRE

(san-ktu-ê-r' ; dans le XVIIe siècle, le c ne se prononçait pas : Paris est le santuaire des honnêtes gens et des gens de lettres, Ménagiana, p. 406) s. m.
En général, lieu fermé et consacré par la religion.
Les hommes ont banni la divinité d'entre eux ; ils l'ont reléguée dans un sanctuaire ; les murs d'un temple bornent sa vue ; elle n'existe point au delà [DIDER., Pens. philos. n° 26]
Chez les Juifs, le lieu le plus saint du temple, où reposait l'arche et qui se nommait autrement le saint des saints.
Dieu n'épargne pas son sanctuaire ; le beau temple, l'ornement du monde.... [BOSSUET, Hist. II, 4]
Et que de Jésabel la fille sanguinaire Ne vienne attaquer Dieu jusqu'en son sanctuaire [RAC., Athal. I, 1]
Poids du sanctuaire, se dit des poids de pierre que les prêtres gardaient pour servir d'étalons. Fig. Peser une chose au poids du sanctuaire, dans la balance du sanctuaire, l'examiner avec toute l'attention possible, l'apprécier selon les règles de la plus sévère conscience.
Des choses très légères dans l'opinion du monde, mais qui, pesées dans la balance du sanctuaire, sont des abominations devant Dieu [BOURDAL., Sur le scandale, 1er avent, p. 108]
On se flatte sur ses raisons, dans le temps qu'on croit peser celles d'autrui au poids du sanctuaire [FÉN., t. XVIII, p. 377]
Chez les païens, il s'est dit, dans un sens analogue, du lieu le plus saint du temple. La pythie rendait des oracles dans le fond du sanctuaire.
Chez les chrétiens, l'endroit de l'église où est le maître autel, et qui est ordinairement entouré d'une balustrade. Un beau sanctuaire.
Pâle lampe du sanctuaire, Pourquoi, dans l'ombre du saint lieu, Inaperçue et solitaire, Te consumes - tu devant Dieu ? [LAMART., Harm. I, 4]
Fig. Le sacerdoce. Les lois, les prérogatives du sanctuaire.
Les hypocrites me voudront mal à cause que j'attaque le vice jusques dans le sanctuaire [BALZ., liv. IV, lett. 10]
Il n'osa jamais entrer dans le sanctuaire [MASS., Panégyr. St Franç. de Paule.]
Fig. Ce que l'on compare à un sanctuaire.
J'étais convaincu, comme je le suis encore, que les mêmes lois qui nous permettent quelquefois de nous dispenser de l'obéissance exacte, nous défendent toujours de ne pas respecter le titre du sanctuaire, qui, en ce qui regarde l'autorité royale, est le plus essentiel [RETZ, Mém. t. III, liv. IV, p. 294, dans POUGENS]
On dit que c'est l'arsenal de l'enfer [les religieuses de Port-Royal], Dieu en fait le sanctuaire de ses grâces ; on les menace de toutes les fureurs et de toutes les vengeances du ciel, et Dieu les comble de ses faveurs [PASC., Pensées sur les jés. 66, édit. FAUGÈRE.]
Que si elle [la justice] s'est construit un sanctuaire éternel et incorruptible dans le cœur du sage Michel le Tellier.... [BOSSUET, le Tellier.]
Elle [Marie] était dès lors destinée à être le temple vivant et le sanctuaire de Dieu [BOURDAL., Annonciat. de la Vierge, Myst. t. II, p. 62]
C'est le palais des arts, c'est leur séjour sacré [le Louvre] ; Ils s'y rendent en foule, et dans ce sanctuaire Chaque art a son génie et son dieu tutélaire [THOMAS, Pétréide, III]
Le sanctuaire des lois, de la justice, le lieu où l'on rend la justice, et, figurément, la profession de magistrat.
Ne croyez pas, messieurs, qu'il fût entré sans vocation dans le sanctuaire de la justice [FLÉCH., Lamoignon.]
On entrait dans le sanctuaire des lois en violant la première loi, qui veut qu'on soit instruit de sa profession [ID., le Tellier.]
Cette maison est le sanctuaire de l'honneur, des vertus, l'honneur l'habite, les vertus y sont pratiquées.
Sa maison [d'Épaminondas] était moins l'asile que le sanctuaire de la pauvreté ; elle y régnait avec la joie pure de l'innocence [BARTHÉL., Anach. ch. 5]
On dit de même : Le cœur de cet homme est le sanctuaire de toutes les vertus.
Un chrétien dont le cœur est le sanctuaire de la paix [BOSSUET, Coméd. 12]
Je pensais sur le bruit de son nom glorieux Que, si la vertu même habitait sur la terre, Le cœur d'Aménaïde était son sanctuaire [VOLT., Tancr. III, 4]
Fig. Société, compagnie comparée à un sanctuaire et dans laquelle les profanes ne pénètrent pas.
J'étais mis encore quelquefois d'un autre intérieur, non moins sanctuaire, par des valets très principaux [SAINT-SIMON, 239, 190]
Il ne faut pas essayer de pénétrer dans le sanctuaire, c'est-à-dire dans les secrets des gens puissants.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Sis [son] saintuaires fu desertez ausi come chose gastée [, Machab. I, 1]
    Parole fud que tu e li tuens [le tien] lignages servireit devant mei en mun saintuairie [, Rois, p. 9]
  • XIIIe s.
    Des saintuaires ne des hautes reliques qui i estoient ne covient il mie parler [VILLEH., LXXXVII]
    Cil aporta le seintuaire, Sur quoi durent serement faire [, Ren. 14788]
    Nennil, mais voisent [aillent] viseter Le saintuaire precieus Dont mon cuer est si envieus [, la Rose, 2319]
  • XIVe s.
    Sanctuaire, chose sainte, ou lieu où elle est mise ou portée [DU CANGE, sanctuarium.]
  • XVIe s.
    Le santuaire où se rendent les responses de l'oracle - les vœux et offrandes qui sont pendues aux vouttes et parois du santuaire [AMYOT, Timol. 10]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. sanctuari ; catal. santuari ; du lat. sanctuarium, qui vient de sanctus, saint.

sanctuaire

SANCTUAIRE. n. m. Le lieu le plus saint d'un temple. Il se disait spécialement chez les Juifs de la Partie secrète du temple où reposait l'arche d'alliance et qu'on nommait autrement Le saint des saints. Le grand prêtre seul pouvait entrer dans le sanctuaire.

Il se dit, chez les chrétiens, de la Partie de l'église où est le maître-autel et qui est ordinairement entourée d'une balustrade. Il se réfugia dans le sanctuaire de telle église.

Il se dit, en parlant des Temples consacrés aux divinités du paganisme, de la Partie interdite aux profanes. La pythie rendait ses oracles du fond du sanctuaire. Le sanctuaire d'un temple chinois.

Il désigne, par extension, un Édifice, un lieu consacré aux cérémonies d'un culte.

Fig., Le sanctuaire des lois, de la justice se dit d'un Tribunal, d'un lieu où l'on rend la justice.

Fig., Cette maison est le sanctuaire de l'honneur, de la vertu, L'honneur l'habite, la vertu y est pratiquée.

sanctuaire

Sanctuaire, Sanctuarium.

sanctuaire


SANCTUAIRE, s. m. [Sanktu-ère: 3eè moy. et long, 4e e muet.] Chez les Juifs, le lieu le plus saint du Temple, où reposait l'Arche. Chez le Chrétiens, l'endroit de l'Église où est le Maître-Autel, et qui est ordinairement enfermé d'une balustrade. Figurément, l'Église, le Sacerdoce.
   L'impie a tout flétri de son venin mortel.
   Il entre au Sanctuaire, il profâne l'Autel.
   La chaire a retenti de sa fausse éloquence.
       Le Franc.
= Par extension, on le dit figurément, du conseil secret des Rois. Voy. POIDS.

Synonymes et Contraires

sanctuaire

nom masculin sanctuaire
1.  Lieu protégé.
2.  Littéraire. Partie la plus secrète.
fin fond -littéraire: tréfonds.
Traductions

sanctuaire

sanctuary, shrine, chancelדביר (ז), מקדש (ז), שמורה (נ), מִקְדָּשׁ, שְׁמוּרָהheiligdom, (het) heilige der heiligen, tempel, toevluchtsoordHeiligtum, Statte der Anbetung, Statte der Verehrung, Sanktuar, Schreinadorejosanctuariumsantuáriosantuariosacrario, santuarioضَرِيحsvatyněhelligdomτέμενοςpyhäkköhram霊廟사당helligdomsanktuariumхрамhelgedomแท่นบูชาmabetđền thờ神殿Светилище (sɑ̃ktɥɛʀ)
nom masculin
lieu saint, religieux

sanctuaire

[sɑ̃ktɥɛʀ] nmsanctuary