scandale

scandale

n.m. [ du gr. skandalon, piège, obstacle ]
1. Effet fâcheux, indignation produits dans l'opinion publique par un fait, un acte contraire à la morale : Cette nomination est un scandale.
2. Affaire malhonnête qui émeut l'opinion publique : Tout le monde parle des scandales financiers qui viennent d'éclater.
3. Querelle bruyante ; tapage : Faire du scandale esclandre
4. Fait qui heurte la conscience, la morale : Le scandale de la faim dans le monde honte, infamie
Faire scandale,
choquer vivement par sa tenue, ses idées, ses mœurs.

SCANDALE

(skan-da-l') s. m.
Terme de l'Écriture sainte. Ce qui est occasion d'errer, de tomber dans l'erreur ou dans le péché.
Si votre main vous est un sujet de scandale, coupez-la [SACI, Bible, Évang. St Marc, IX, 42]
Jésus crucifié, qui a été le scandale du monde, et qui a paru ignorance et folie aux philosophes du siècle, pour confondre l'arrogance humaine, est devenu le plus haut point de notre sagesse [BOSSUET, Panég. de St Bernard, préambule.]
Ne souffrez pas que votre croix qui vous a soumis l'univers, soit encore la folie et le scandale des esprits superbes [MASS., Carême, Vérité de la relig.]
Pierre de scandale, même sens.
C'est ce que dit Isaïe, que Jésus-Christ sera pierre de scandale ; mais bienheureux ceux qui ne seront point scandalisés en lui ! [PASC., Figuratifs, 1]
Fig. Pierre de scandale, tout ce qui cause du scandale.
Ici même enfin, où nous vous annonçons malheur à celui qui scandalise, vous y devenez vous-même une pierre d'achoppement et de scandale [MASS., Carême, Temples.]
Occasion de chute que donne une mauvaise action, un discours corrupteur.
Malheur au monde à cause des scandales ; car il est nécessaire qu'il arrive des scandales ; mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive [SACI, Bible, Évang. St Math. XVIII, 7]
Sans rechercher si ce scandale était originairement une pierre qui pourrait faire tomber les gens, ou une querelle, ou une séduction, tenons-nous-en à la signification d'aujourd'hui : un scandale est une grave indécence ; on l'applique principalement aux gens d'Église [VOLT., Dict. phil. Scandale.]
On dit de même : être, devenir une occasion de scandale. Par antiphrase, le scandale du bon exemple, le bon exemple que donne une personne au milieu de ses compagnons pervertis.
Pour écarter le scandale du bon exemple, ils m'excitaient à les imiter [J. J. ROUSS., Conf. VII]
Répulsion, indignation que causent les actions, les discours, les personnes de mauvais exemple.
[L'empereur] Julien [fut] le scandale de notre Église et la gloire de l'empire romain [VOLT., Mœurs, Zaleucus.]
Il [Malebranche] se livra tout entier au cartésianisme, au grand scandale de ses confrères [DIDER., Opin. des anc. philos. (Malebranchisme).]
J'ai lu Nieuwentyt avec surprise et presque avec scandale [J. J. ROUSS., Em. IV]
Éclat fâcheux que cause une affaire de mauvais exemple.
Et ne voyez-vous pas quel scandale ce serait de surprendre un religieux en cet état [en un mauvais lieu avec son habit de religion] ? [PASC., Prov. VI]
Quoi ! mes pères, vous nous direz qu'.... on a droit de tuer pour des médisances ; et, après avoir ainsi violé la loi éternelle de Dieu, vous croirez lever le scandale que vous avez causé [ID., ib. XII]
C'est une chose terrible que le scandale qu'on a fait [à propos de l'affaire des poisons] [SÉV., 422]
Mais que deviendras-tu si, folle en son caprice, N'aimant que le scandale et l'éclat dans le vice.... Au fond peu vicieuse, elle aime à coqueter ? [BOILEAU, Sat. X]
La littérature est un terrain qui produit des poisons comme des plantes salutaires ; il se trouve des misérables qui, parce qu'ils savent lire et écrire, croient se faire un état dans le monde en vendant des scandales à des libraires [VOLT., Fragm. sur l'hist. XXIX.]
Le scandale de ses amours et les horreurs de sa conduite [du pape Alexandre VI] ne lui ôtaient rien de son autorité [ID., Mœurs, 110]
Ils vendent l'infamie à qui veut la payer, Et, meublant de Maret la boutique infernale, Ils dînent du mensonge et soupent du scandale [M. J. CHÉNIER, la Calomnie.]
Par exagération. C'est un scandale, il est indigne, honteux. C'est un scandale qu'il ait obtenu cette place. Fi ! c'est un scandale.
Insulte (sens qui vieillit).
Mais, après le scandale et l'affront d'aujourd'hui, Le ciel n'ordonne pas que je vive avec lui [MOL., Tart. IV, 1]
Trouves-tu beau, dis-moi, de diffamer ma fille, Et faire un tel scandale à toute une famille ? [ID., le Dép. III, 8]
Si on ne trouve rien de plus [dans l'affaire des poisons], voilà de grands scandales qu'on aurait pu épargner à des personnes de cette qualité [SÉV., 31 janv. 1680]
En termes d'ancienne procédure, un amené sans scandale, un ordre du juge pour faire amener quelqu'un devant lui sans éclat.
Point de bruit, Tout doux, un amené sans scandale suffit [RAC., Plaid. II, 14]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Iceste lur veie scandele est à els [, Liber psalm. p. 64]
    Ju [je] li durrai [donnerai ma fille Michol à David] por ço que ele li seit à eschandele e à mal [, Rois, p. 71]
  • XVe s.
    Au très grant esclande, lesion et scandalle de justice [, Ordonn. 11 oct. 1486]
  • XVIe s.
    Il y a une maniere de scandale qui se donne, l'autre qui se prend [CALV., Instit. 665]
    Pour dire la verité sur cet exemple, il y a aucunes grandes dames qui ont grand tort d'elles mesmes, et qui sont les vrayes causes de leur scandale et de leur deshonneur [BRANT., Dames gal. t. I, p. 160]

ÉTYMOLOGIE

  • Génev. et Berry, escandale ; provenç. escandol ; espagn. escandalo ; ital. scandalo ; du lat. scandalum ; du grec, proprement un piége, une chausse-trape, et de là, dans la Bible grecque, un scandale ; le radical paraît être skand, qui a donné tant de mots au latin. Scandalum, avec l'accent sur scan, avait donné régulièrement escandle (voy. ESCLANDRE).

scandale

SCANDALE. n. m. Ce qui est occasion de tomber dans l'erreur, dans le péché. Il est dit dans l'Écriture sainte que la prédication de la croix a été un scandale pour les Juifs.

Dans le style de l'Écriture, Pierre de scandale, Occasion de chute. Il se dit encore dans le langage courant de Tout ce qui cause un éclat public. Cette discussion est délicate et pourrait bien devenir une pierre de scandale.

SCANDALE se dit particulièrement d'une Occasion de chute que l'on donne à autrui par quelque mauvaise action, par quelque discours corrupteur. Il faut craindre le scandale. Malheur à ceux par qui le scandale arrive! Éviter le scandale. Empêcher le scandale. Réparer le scandale. C'est une chose qu'on peut dire sans scandale. On dit de même : Être, devenir une occasion de scandale.

Il se dit aussi de l'Indignation qu'on a des actions et des discours de mauvais exemple. Il avança des proposition impies, au scandale, au grand scandale de tous ceux qui l'écoulaient. Il se dit encore de l'Éclat que fait un mauvais exemple. Cette affaire causa un grand scandale, fut d'un grand scandale dans tout le voisinage. Horrible scandale. Quel scandale! Scandale public. Il faut lui épargner le scandale. Cela s'est fait sans scandale, sans aucun scandale. Cela fera scandale, du scandale. Il y aura du scandale. Il ne cherche, il n'aime que le scandale. Il veut du scandale. Un scandale financier, mondain.

Fam., C'est un scandale se dit d'une Chose qui indigne, qui révolte, qui scandalise.

scandale

Scandale,

scandale


SCANDALE, s. m. SCANDALEUX, EûSE, adj. SCANDALEûSEMENT, adv. SCANDALISER, v. act. [Prononcer skandale, et non pas eskandale: 3ee muet au 1er, lon. aux 3 suiv, le, leû, leû-ze, leû-zeman.] Scandale, ocasion de chûte, de péché. "La prédication de la Croix fut un scandale pour les Juifs. Pierre de scandale: c'est une expression consacrée. = 2°. Parole, action qui porte au péché. "Il ne faut pas doner de scandale. Éviter le scandale: ôter, empêcher, réparer le scandale. = 3°. Indignation qu'on a des mauvais discours, des mauvaises actions. "Il avança des propositions impies, au grand scandale de ceux qui l'écoutaient. = 4°. Éclat que fait une chôse qui est honteûse à quelqu'un. "Cette afaire est d'un grand scandale: caûse un grand scandale. Conduire un prisonier sans scandale.
   ...Tout est perdu, Citron
   Votre chien, vient là bas de manger un chapon.
   Qu'on se mette après lui, courez tous. - - - - Point de bruit....
   Un amené sans scandale sufit.
       Les Plaideurs.
  SCANDALEUX, qui cause du scandale. Il se dit des persones et des chôses. Pécheur, discours scandaleux. Conduite, proposition scandaleûse.
   SCANDALEûSEMENT; d'une manière scandaleûse. "Vivre scandaleûsement.
   SCANDALISER; doner du scandale. (n°. 2°.) "Vous avez scandalisé tout le monde. = Se scandaliser, prendre du scandale, (n°. 3°.) Il ne faut pas se scandaliser si aisément: il se scandalise de tout.

Synonymes et Contraires

scandale

nom masculin scandale
1.  Querelle bruyante.
2.  Fait qui heurte la morale.
honte, infamie -littéraire: vilenie.
Traductions

scandale

Skandal, Ärgernisscandal, commotionschandaal, aanstoot, ergernis, relטרסק (ז), מהומה (נ), פדיחה (נ), פרשה (נ), פרשייה (נ), שערורייה (נ), טְרַסְק, שַׁעֲרוּרִיָּה, פָּרָשָׁה, פַּרְשִׁיָּהaanstoot, skandaalskandaloescándaloscandalo, fattaccio, gialloscandalumescândaloskandalσκάνδαλοفَضِيحَةskandálskandaleskandaaliskandalスキャンダル추문skandaleskandalскандалเรื่องอื้อฉาวskandalvụ bê bối丑闻скандал醜聞 (skɑ̃dal)
nom masculin
1. ce qui choque le public Ce livre a fait scandale. Quel scandale !
2. querelle bruyante devant tout le monde faire un scandale dans la rue

scandale

[skɑ̃dal] nm
(= effet) → scandal
faire scandale → to cause a scandal
Ce film a fait scandale → The film caused a scandal.
(= fait révoltant) → scandal
le scandale d'Enron → the Enron scandal
(= tapage) faire du scandale → to make a scene, to kick up a fuss
(= indignation) au grand scandale de ... → to the great indignation of ...