sceptre

sceptre

[ sɛptr] n.m. [ lat. sceptrum, du gr. skêptron, bâton ]
1. Bâton de commandement, qui est un des insignes du pouvoir suprême d'un roi, d'un empereur.
2. Fig. Le pouvoir royal lui-même : S'emparer du sceptre.

sceptre

(sɛptʀ)
nom masculin
bâton, signe de l'autorité suprême le sceptre du roi

SCEPTRE

(sèp-tr') s. m.
Bâton de commandement qui était un des signes de l'autorité royale. Dans Homère, les rois portent le sceptre.
Vivez, le sceptre d'or que vous tend cette main, Pour vous de ma clémence est un gage certain [RAC., Esth. II, 7]
On nous présenta d'abord à Aceste, qui, tenant son sceptre d'or en main, jugeait les peuples et se préparait à un grand sacrifice [FÉN., Tél. I]
Particulièrement, bâton court surmonté d'un aigle, d'une fleur, d'une boule ou autre ornement que les consuls et les empereurs romains, les empereurs grecs et les souverains de l'Europe portèrent de la main droite comme symbole de l'autorité suprême. Fig.
Que cette couronne d'épines vous est convenable [Jésus-Christ] ! que ce sceptre fragile est bien dans vos mains ! [BOSSUET, Sermons, 2, Profession.]
Fig. Depuis le sceptre jusqu'à la houlette, depuis les fonctions des rois jusqu'à celles des bergers.
Que ne faites-vous point ?... depuis le sceptre jusqu'à la houlette, vous suffisez à tout [SÉV., à Mme de Grignan, mai, 1690]
Et le sort prend plaisir d'une chaîne secrète D'allier quelquefois le sceptre et la houlette [REGNARD, Démocr. III, 1]
Fig. Le pouvoir souverain, l'autorité monarchique.
Elle [la justice] seule fait l'ordre ; et les sceptres des rois N'ont que des pompes inutiles, S'ils ne sont appuyés de la force des lois [MALH., VI, 16]
À l'épreuve d'un sceptre, il n'est point d'amitié [CORN., Héracl. I, 3]
Venant prendre possession du sceptre de la Grande-Bretagne [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
La vanité des choses humaines ne se montre que trop d'elle-même sans le secours de ma voix, dans ce sceptre sitôt tombé d'une si royale main et dans une si haute majesté si promptement dissipée [ID., Mar.-Thér.]
Il n'y a que le mot de sceptre que l'usage de notre langue nous pourrait faire prendre pour la seule royauté ; au lieu que, dans la langue sainte, il signifie en général, la puissance, l'autorité, la magistrature ; cet usage du mot sceptre se trouve à toutes les pages de l'Écriture [ID., Hist. II, 2]
[Les rois fainéants] Laissaient leur sceptre aux mains ou d'un maire ou d'un comte [BOILEAU, Lutr. II]
Fig. Le sceptre et l'encensoir, l'autorité monarchique et l'autorité sacerdotale.
Le sacerdoce était réuni dans leur personne avec le sceptre ; les monuments des nations les plus anciennes le prouvent [CONDILL., Hist. anc. I, 8]
Un sceptre de fer, une autorité dure et despotique.
Qu'aux larmes, au travail le peuple est condamné, Et d'un sceptre de fer veut être gouverné [RAC., Athal. IV, 3]
Alors Taycosama [au Japon] leva un sceptre de fer, et frappa sur les chrétiens, comme ennemis de l'État [RAYNAL, Hist. phil. II, 7]
Fig.
Depuis qu'il [Boileau] avait quitté ce sceptre du Parnasse, qui avait été longtemps un sceptre de fer entre ses mains, mais nécessaire au maintien du bon goût [D'ALEMB., Éloges, St-Aulaire.]
Fig. Supériorité, prééminence.
Bossuet, qui voyait s'élever dans Bourdaloue un successeur digne de lui et formé sur son modèle, remit le sceptre de l'éloquence chrétienne aux mains de l'illustre rival à qui il avait ouvert et tracé cette glorieuse carrière [D'ALEMB., Éloges, Bossuet.]
Le trident de Neptune est le sceptre du monde [LEMIERRE, Poésies, Sur le commerce.]
Pour moi, quand le destin m'offrirait à mon choix Le sceptre du génie ou le trône des rois [LAMART., Méd. I, 18]
Réunion d'étoiles qui font partie de la constellation le Sceptre et la Main de justice, dite aussi le Lézard, située entre Pégase et Céphée.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Puis si li tolent [enlèvent] se sceptre e sa curune [, Ch. de Rol. CLXXXIII]
  • XIIe s.
    La corone d'or e le sceptre que vos nos mandastes, avons receu [, Machab. I, 13]
  • XIIIe s.
    Atant li rois portant curune E ceptre.... [, Édouard le conf. V. 4396]
  • XIVe s.
    Il [le roi] tient en sa main destre le ceptre roial qui signifie droiture et seigneurie [VIGNAY, Eschès moralisés, f° 8, verso.]
  • XVIe s.
    ....Des rois aux longues mains, qui leurs sceptres estendent De l'une à l'autre mer et après Dieu commandent [RONS., 859]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. sceptrum, du grec, bâton, sceptre, le même que le grec, bâton, lat. scipio, du grec, s'appuyer, lat. scapus, tronc, all. Schaft, fût ; rac. sanscr. scambh.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    SCEPTRE. - HIST.
  • XIIe s. Ajoutez :
    El dei li mist de la main destre Et sa corone et son esceptre [BENOIT DE STE-MORE, Roman de Troie, V. 22985]

sceptre

SCEPTRE. n. m. Bâton de commandement, qui est une des marques de la royauté. Le roi avait la couronne en tête et le sceptre en main.

SCEPTRE se dit figurément du Pouvoir souverain, de la royauté même.

Il se dit par analogie, dans le style soutenu, de la Supériorité, de la prééminence en quelque chose que ce soit. Chez les Latins le sceptre de la poésie appartient à Virgile. Aucun orateur ne dispute à Démosthène le sceptre de l'éloquence.

sceptre

Sceptre, vient du Grec skêptron, comme fait aussi le Latin, Sceptrum, et signifie proprement une javeline ou pertuisane dont les Roys usoyent anciennement et peu avant le regne de Romulus pour diademe et marque de leur royauté, comme recite Justin au 43. livr. de son abregé: et ce d'autant que dés la plus grande ancienneté les premiers hommes Payens adoroyent et tenoyent à dieux immortels telles armes, dont audit temps elles estoyent apposées tout joignant des idoles, qu'ils tenoyent à dieux. Aussi eut pour ce ledit Romulus le nom de Quirinus mot Sabin, qui signifie hastalis ou hastatus despuis sa canonization entre les dieux, comme dit Ciceron au 1. li. de legib. et de là vient le mot de Subhastation extraict du Latin Subhastatio, pour l'exposition en vente des biens d'aucun au plus offrant et dernier encherisseur faite par authorité et commission du Prince ou officier d'iceluy, d'autant qu'en tels inventaires la javeline ou pertuisane estoit eslevée pour marque de ladite authorité et commission, par laquelle ladite vente se faisoit. Mais aujourd'huy les sceptres des Rois ne sont ainsi faits, ains sont plus courts et semez de divers fleurons, celuy de France d'une fleur de Lys, et autres d'autres choses. Quoy que soit les archers des gardes des Rois, Princes, Vicerois et lieutenans de Roy, Seneschaux, Prevosts de l'hostel et autres qui ont droict de les avoir, portans devant eux la hallebarde, ou pertuisane, comme en Espagne, ne furent anciennement introduicts que pour indice et marque de la majesté, ou authorité publique de ceux devant lesquels ils les portoyent, combien que apres ils ayent esté appelez, comme sont encor, Gardes.

scèptre


SCèPTRE, s. m. [1re è moy. 2e e muet.] Bâton de comandement, qui est une marque de la Royauté. "Il avait la courone sur la tête et le scèptre à la main. = On dit, figurément, depuis le Scèptre jusqu'à la Houlette: depuis les Rois jusqu'aux Bergers. = Plus figurément encôre, scèptre se dit pour autorité, empire. "Le Scèptre des Barbâres pesoit sur l'Europe et sur le monde entier. Pastoret. "Point de ces aveugles prédilections pour certains enfans, qu'on idolâtre, tandis~ que~ le scèptre pèse sur d' aûtres, qu'on tyrannise. L'Abé Du-Serre-Figon.

Synonymes et Contraires

sceptre

nom masculin sceptre
Symbole de l'autorité.
Traductions

sceptre

scepter, staf

sceptre

scettro

sceptre

Zepter

sceptre

Žezlo

sceptre

scepter

sceptre

spira

sceptre

[sɛptʀ] nmsceptre (Grande-Bretagne), scepter (USA)