semonce

semonce

n.f. [ du lat. submonere, avertir en secret, de monere, avertir ]
1. Avertissement mêlé de reproches ; admonestation, remontrance, réprimande.
2. Ordre donné à un navire de montrer ses couleurs, de stopper.
Coup de semonce,
coup de canon appuyant la semonce à un navire ; fig., avertissement brutal adressé à qqn : Le vote extrémiste est un coup de semonce des électeurs.

semonce

(səmɔ̃s)
nom féminin
1. avertissement, réprimande adresser une semonce à qqn
2. avertissement pour intimider

SEMONCE

(se-mon-s') s. f.
Convocation des personnes et des assemblées, telles que le ban et l'arrière-ban, qui se faisait à cri public, et pour la comparution en justice.
C'est une chose agréable que l'attachement et l'amour de toute la noblesse pour lui [M. de Grignan] ; il y a très peu de gens qui pussent faire voir une si belle suite pour une si légère semonce [de l'accompagner au siége d'Orange] [SÉV., 4 déc. 1673]
Invitation faite dans les formes pour une cérémonie. Faire la semonce d'un enterrement, c'est-à-dire inviter les parents et les amis d'y assister. En ces deux sens semonce a vieilli.
En général, invitation.
Ulysse fit à tous [les compagnons changés en bêtes] une même semonce [de reprendre la forme humaine] [LA FONT., Fabl. XII, 1]
De tous côtés se trouvant assaillie, Elle se rend aux semonces d'amour [ID., Orais.]
Il ne me reste plus qu'à répondre à vos semonces d'écrire à M. le duc d'Albe [VOLT., Lett. d'Argental, 26 sept. 1773]
Fig. et par plaisanterie.
Nos cailles grasses [de Grignan] dont il faut que la cuisse se sépare du corps à la première semonce ; elle n'y manque jamais [SÉV., à Coulanges, 9 sept. 1694]
Avertissement mêlé de reproches, fait par un supérieur.
M. le Prince crut que Monsieur ne pourrait pas tenir contre une semonce du parlement ; il se trompa [RETZ, Mém. t. III, liv. IV, p. 11, dans POUGENS]
Je vis venir chez moi mes deux abbés gascons de la rue des Mathurins, et j'en reçus une semonce du sérieux le plus comique [MARMONTEL, Mém. III]
Terme de marine. Ordre donné, au moyen du porte-voix, par un navire à un autre, de se faire connaître pour ami, pour neutre ou pour ennemi.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    E par cele sumunse les voleit esluignier, E à tuz diz del tut proscrire e essillier [, Th. le mart. 67]
  • XIIIe s.
    Grimbert, qui ot fait la semonce, N'en ose Renart escondire [, Ren. 9050]
    Chi commence li capitres des semonces [ajournements] [BEAUMANOIR, II, 1]
  • XVe s.
    Et cils repondirent qu'il estoit à une semonce du comte de Hainaut contre le duc de Normandie.... [FROISS., I, I, 123]
  • XVIe s.
    Ce fut au Peloponnese que cette semonce [appel à un conseil] fut premierement rejettée [AMYOT, Péric. 37]
    Et ce qui fut lors introduit par une juste semonce du temps, s'est depuis tourné en police jusques à huy à la grande foule et oppression du peuple [PASQUIER, Lett. liv. 5, édit. de 1590, p. 200]

ÉTYMOLOGIE

  • Semondre ; provenç. somonsa, semosta, somosta, somossa. Semonce, pour semonse, est le féminin du participe passé semons, de semondre.

semonce

SEMONCE. n. f. Avertissement mêlé de reproches fait par quelqu'un qui a autorité. Il lui a fait une semonce, une forte, une verte semonce. Malgré toutes les semonces que son père lui a faites, il ne s'est point corrigé.

En termes de Marine, il désigne une Sommation faite par un navire à un autre de se faire reconnaître.

Coup de semonce, Coup de canon tiré à blanc pour appuyer cette sommation.

semonce

Semonce, f. penac. Tantost signifie convy, Inuitatio, ou Vocatus, comme dit Bude, le prenant de Suetone. Selon ce on dit, faire la semonce, pour la nopce, ou pour les funerailles d'aucun, Conuocatio nuptialis aut funeralis. Semonce aussi signifie adjournement ou mandement. Selon ce est escrit és coustumes de Normandie: Que nul sergent ne prenne don ou courtoisie pour laisser un homme qu'il ne vienne aux veuës, enquestes, ou autres semonces.

semonce


SEMONCE, s. f. *SEMONDRE, v. act. [1re et dern. e muet; 2e lon.] Semonce est , 1°. l'invitation faite dans les formes pour quelque cérémonie. = 2°. Avertissement fait par quelqu'un, qui a autorité. "Malgré toutes les semonces qu'on lui a faites, il ne s'est point corrigé. = * Semondre se disait dans le 1er sens. "Semondre à des obsèques, à un convoi, à une cérémonie. Il est vieux. L'Académie se contente de dire qu'il vieillit. * Brebeuf l'emploie dans le 2d sens. César, dit-il,
   Les presse, les semond, les exhorte, les prie.
* On disait aussi aûtrefois, semoneur, celui dont la fonction est de porter des billets pour certaines convocations.

Synonymes et Contraires

semonce

nom féminin semonce
Avertissement mêlé de reproches.
Traductions

semonce

reprimand

semonce

[səmɔ̃s] nf
un coup de semonce → a shot across the bows