signal

signal

[ siɲal] n.m. [ lat. signalis, de signum, signe ]
1. Signe convenu pour avertir, donner un ordre, communiquer : Attendre le signal sonore pour laisser son message. Lancer un signal de détresse.
2. Appareil qui produit ce signe : Tirer le signal d'alarme.
3. Appareil, panneau disposé sur le bord d'une voie pour régler la marche des véhicules : Un signal d'arrêt un stop
4. Fait, événement qui annonce ou marque le début de qqch ; indice : La chute du mur de Berlin fut le signal de la réunification de l'Allemagne présage, prodrome [litt.]
Donner le signal de qqch,
être le premier à faire une action qui sert d'exemple ; provoquer : Donner le signal du départ en se levant.

SIGNAL

(si-gnal) s. m.
Tout ce qui sert d'avertissement entre personnes qui sont d'intelligence.
Tu veux m'assassiner, demain, au Capitole, Pendant le sacrifice, et ta main pour signal Me doit, au lieu d'encens, donner le coup fatal [CORN., Cinna, V, 1]
C'était alors qu'il fallait sortir [de Jérusalem menacée] ; c'était le signal que le Fils de Dieu donnait aux siens [BOSSUET, Hist. II, 9]
Déployez en son nom cet étendard fatal, Des extrêmes périls l'ordinaire signal [RAC., Baj. I, 2]
Et criez pour signal : Vive le roi Joas ! [ID., Ath. V, 1]
Déjà de tout le camp la discorde maîtresse Avait sur tous les yeux mis son bandeau fatal, Et donné du combat le funeste signal [ID., Iph. V, 6]
La trompette a jeté le signal des alarmes [LAMART., Nouv. médit. les Prélud.]
Fig.
À la vue du sacré signal [la croix] où se renferme l'idée et la représentation de toutes ses merveilles [du Sauveur] [BOSSUET, Lett. sur l'ador. de la croix.]
Fig. Donner le signal, donner le premier l'exemple de quelque chose. Donner le signal de la révolte.
Nom de moyens de diverse nature employés pour porter au loin et rapidement des nouvelles, des ordres, etc.
Dans tous les temps et dans tous les pays, on a été fort curieux de trouver et d'employer des moyens de recevoir et de donner aux autres de promptes nouvelles ; et les signaux par le feu en sont un des principaux [ROLLIN, Hist. anc. Œuvr. t. VIII, p. 159, dans POUGENS]
Cet artifice des signaux qui fait une partie de l'art militaire, appartient proprement à l'histoire des Grecs, et montre jusqu'à quel point de perfection ils avaient porté toutes les parties de ce grand art [ID., ib. t. VIII, p. 149]
Il [Mardonius] fut si flatté de s'être emparé d'un pays désert, que, par des signaux placés de distance en distance, soit dans les îles, soit dans le continent, il en avertit Xercès, qui était encore à Sardes en Lydie [BARTHÉL., Anach. Introd. part. II, sect. 2]
Terme de marine. Signe indicatif de certains ordres ou de certains avertissements.
Les signaux sont faits, pendant le jour, avec des pavillons, des flammes, des guidons, avec des vergues mises dans des positions diverses, avec des voiles flottant au vent, carguées, serrées à demi ou tout à fait ferlées, avec des coups de canon ; pendant la nuit, avec des fanaux, des amorces ou des fusées, [JAL, ]
Signaux de jour. Signaux de nuit. Signal de détresse.
Je dois dire que les Anglais, qui ont été nos maîtres, nous ont avoué que le vieux Tromp avait été le leur ; que c'est lui qui a mis en règle tous les signaux dont nous nous servons, et qu'avant lui tous les combats de mer se décidaient uniquement ou par la valeur ou par la fortune [, Mém. de Villette, 1672, dans JAL]
... Que le Brésil avait adhéré aux propositions du gouvernement impérial pour l'adoption d'un code international de signaux maritimes [, Moniteur universel, 22 juill. 1868, p. 1092, 1re col.]
Fig.
Boissy m'écrivit une lettre qui était un vrai signal de détresse [MARMONTEL, Mém. V]
Qualité, appropriation. Quilles d'un même signal, quilles pouvant servir à des bâtiments de même échantillon. Terme de pêche. Se dit d'une bouée de liége, d'un morceau de bois sec ou d'un faisceau de roseaux, flottant sur l'eau, pour désigner l'endroit où ont été placés des filets et des cordes.
Nom donné aux points de repère dans des mesures trigonométriques.
Il nous reste un problème intéressant à résoudre, c'est de déterminer les longitudes, les latitudes de tous nos signaux, et leurs distances à la méridienne de Dunkerque, ainsi que leurs distances à Dunkerque comptées sur la méridienne [DELAMBRE, Abr. astron. 3e leçon.]
Au plur. Signaux, mesure de police sanitaire ayant pour but de faire connaître l'existence d'une maladie contagieuse dans une étable ou dans une commune. L'article 6 de l'arrêt du 31 janvier 1771, particulier aux cas de typhus contagieux des bêtes bovines, ordonnait de placer ces signaux à la porte des étables infectées et à l'entrée des chemins et avenues.
Fig. Ce qui annonce et provoque une chose.
La prison du roi [Jean] fut dans Paris le signal d'une guerre civile ; chacun pense alors à se faire un parti [VOLT., Mœurs, 76]
Signaux, les gros grains qui forment les séparations entre les grains de chapelet [DE LABORDE, Émaux, p. 499]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Sept signaulx [sceaux, cachets] y a en un livre, Que Dieu, qui siet ou trosne, livre à l'aignel qui sept cornes a Et sept yeulx.... [J. DE MEUNG, Tr. 123]
    Et en chascune chartre avoit le sceau et le seigneau dou rei et dou patriarche [, Ass. de Jérus. I, 26]
    Maintenant qu'il voient aucuns voilles [de navires], si font feu ou fumées pour seignal [MARC POL, p. 652]
  • XVe s.
    Treize signaulx d'or, faiz à CC et à fusilz, pour mectre à patenostres [DE LABORDE, Émaux, p. 499]
  • XVIe s.
    On entendit les canonnades redoublées qui se tiroyent dudit camp, pour signal à leur cavallerie de s'y venir joindre [LANOUE, 568]
    Je vous supplie, pour signal de mon affection envers vous, vouloir estre successeur de ma bibliotheque [, Paroles de la Boétie à Montaigne, dans MONT. Lettre V]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. segnal, senhal, seynal ; catal. senyal ; espagn. señal ; portug. sinal ; ital. segnale ; bas-lat. signale ; du lat. signalis, mis en forme de signe, de signum, signe. L'ancienne langue avait signacle, qui venait de signaculum.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    SIGNAL. Ajoutez :
    Terme de construction navale.
    Nom donné aux diverses pièces de chaque groupe dont la forme est déterminée d'une manière précise pour l'emploi auquel elles sont propres [NANQUETTE, Exploitation, débit et estimation des bois, Nancy, 1868, p. 109]

signal

SIGNAL. n. m. Signe servant d'avertissement. Faire un signal. Donner le signal. À ce signal tout le monde se rangea autour de lui. Ils tirèrent trois coups de canon pour signal. On leur fit plusieurs signaux. Au premier signal l'armée se mit en marche. Ils firent les signaux dont ils étaient convenus. On emploie diverses sortes de signaux dans la marine. Changer les signaux. Signaux de jour. Signaux de nuit. Signal de détresse. Signal de départ, de ralliement. Signal du combat.

Fig., Donner le signal se dit de Celui qui donne le premier l'exemple de quelque chose. Il a donné le signal des applaudissements.

SIGNAL se dit figurément de Ce qui annonce et provoque une chose. Cette émeute fut le signal de la révolution.

En termes de Chemins de fer, il se dit d'Appareils destinés à commander ou à annoncer certaines manoeuvres. Signal d'arrêt. Signal d'alarme. Les signaux n'ont pas fonctionné.

signal

Signal, Signum, Un signal de feu pour advertir.

Faire ou donner signal ou signe d'une tour, Signum e turri edere.

signal


SIGNAL, s. m. SIGNALEMENT, s. m. SIGNALER, v. act. [Mouillez le g: 3e e muet au 2d, é fer. au 3e, leman, .] Signal, signe, que l'on done pour servir d' avertissement. Faire un signal; doner le signal. "À~ ce signal; au premier signal, on se mit en marche. "Ils étaient convenus des signaux. = FIG. "Le signal de la révolte, etc. = Signal, signe (Synon.) Le 1re est toujours arbitraire; le 2d est quelquefois naturel. "Le coup de cloche est le signal, qui apèle les Chanoines à l'Église: les mouvemens, qui paraissent dans le visage, sont ordinairement les signes de ce qu'il se pâsse dans le coeur. "On s'explique par signes avec les muets ou les sourds: et l'on convient d'un signal pour se faire entendre des gens éloignés. GIR. Syn. Les hommes font des signes et les vaisseaux des signaux. "Il se firent précéder par le plus petit des trois bâtimens. Il avoit ordre de faire conoitre le succès de son entreprise par des signes. Hist. des Voy. Il falait dire, par des signaux.
   SIGNALER, c'est 1°. Faire par écrit la description de la figûre d'un soldat qu'on enrôle, et qui sert à le faire reconaître. = 2°. Dans un plus beau sens, rendre remarquable. "Signaler son courage, son zèle. = Se signaler, se distinguer; se rendre célèbre.
   ....Je vais loin de l'Asie,
   Signaler la fureur, dont mon âme est saisie.
       Sémiramis.
Quand il s'emploie indéfiniment, il se prend en bone part. "Il s'est signalé en diverses ocasions. Mais il a quelquefois un sens contraire, par les termes, qui l'acompagnent. "Il s'est signalé par ses perfidies, ses atentats. = Signalé est indiférent au bien et au mal. "Jour signalé par les victoires, par les défaites. "Service signalé: vertu, victoire, signalée. "Un crime, un vol signalé. Signalé, Insigne (Syn.) On est signalé par des traits particuliers, et insigne par des qualités peu comunes.... Plusieurs exploits signalés anoncent une insigne valeur; comme plusieurs crimes signalés anoncent un insigne scélérat, etc. Extr. des Syn. Fr. de M. l'Ab. Roubaud. = Cet adjectif verbal est une exception à la règle générale des participes, terminés en é masculin, qui ne doivent pas précéder le substantif. L'Usage permet à celui-ci de marcher devant. "Un signalé fripon: un des plus signalés Orateurs de son Siècle. Acad. "Vos vaisseaux rendront un signalé service à son fils. Télém. On rendit à Dieu des actions de grâces solemnelles de la grande et signalée délivrance, qu'il venoit de leur acorder. Rollin. D'ordinaire pourtant, il aime à suivre le nom qu' il modifie.
   SIGNALEMENT ne se dit que dans le 1er sens du Verbe. "Envoyer les signalemens des déserteurs.

Synonymes et Contraires

signal

nom masculin signal
Ce qui annonce une chose.
alerte, annonce, indice, présage, signe, symptôme -littéraire: prodrome.
Traductions

signal

Signal, Einsatzzeichensignal, cue, mark, sign, tokensignaal, sein, teken, seintjeאות (ז), איתות (ז), ציון (ז), אוֹת, אִיתוּתjel, szignálσινιάλο, σήμα, ατάκαsigno, dica, sinalсигнал, репликаsegnale, segnalazione, segno, battuta d'entrataإِشَارَة, إشَارَةnarážka, signálsignal, stikordindicación, pie, señalaloitusmerkki, signaalisignal, znakキュー, 合図신호signal, vinksygnał, sygnał do rozpoczęciasignal, stickreplikการเตือน, สัญญาณişaret, repliksự ra hiệu, tín hiệu信号, 提示сигнал信號 (siɲal)
nom masculin pluriel signaux (siɲo)
son, geste qui indique qqch donner le signal du départ signal sonorelumineux
ce qui permet de prévenir d'un danger tirer le signal d'alarme

signal

[signaux] (pl) [siɲal, o] nm
(signe convenu)signal
donner le signal de → to give the signal for
(= écriteau) → sign
signaux routiers → road signs
signaux, signaux lumineux → traffic lights
(TECHNIQUE)signal
signal optique → visual signal
signal sonore → acoustic signal
signal d'alarme nmalarm signal
signal d'alerte nmwarning signal
signal de détresse nmdistress signal