sombré

sombre

SOMBRE. adj. des deux genres. Qui est peu éclairé, qui reçoit peu de lumière, qui est obscur. Cette maison est bien sombre. Dans une forêt sombre. Un temps sombre. Une nuit sombre.

Il fait sombre, Le temps est sombre. Il fait sombre dans cet appartement, Cet appartement est peu éclairé, mal éclairé.

Couleur, teinte sombre, Couleur, teinte qui est moins éclatante, plus foncée que les autres.

En termes de Poésie, Les royaumes sombres, les rivages sombres, les sombres bords, Les enfers, selon la croyance des anciens païens.

Coupe sombre. Voyez COUPE.

SOMBRE signifie, au figuré, Qui est mélancolique, morne, taciturne, chagrin. Un esprit sombre. Un caractère, une humeur sombre. Un visage sombre. Il a l'air bien sombre. Une imagination ardente et sombre. Des idées sombres. De sombres pensées. Vous êtes bien sombre aujourd'hui.

Il signifie encore, en parlant des Choses, Qui est inquiétant, menaçant. Un avenir sombre.

Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

sombre

Sombre, com. gen. penacut. Est autant que umbragé et obscur. Ainsi dit-on la nuict sombre. Joachim Du Bellay en ses Odes: La nuict froide et sombre Couvrant d'obscure ombre La terre et les cieux. Et de mesme on dit le temps sombre quand il est ombragé de nuées, dont les rais du Soleil sont abscons, Nox atra, vmbrosa, dies opacus. Il vient de Sombra, diction Espagnole, qui est faicte de Vmbra, mot Latin. Aussi l'Espagnol appelle Sombreco. Ce que le Latin entend par Vmbella, un chapeau. Et Sombrajo, ce que le Latin appelle vmbraculum, et Sombrio, ce que le Latin dit Vmbrosus.

Jean Nicot's Thresor de la langue française © 1606

sombre


SOMBRE, adj. [Sonbre: 1re lon. 2e e muet.] 1°. Qui est peu éclairé: maison sombre: tems sombre: sombre forêt. = Il fait sombre, absolument; c. à. d. le tems est sombre. Il fait sombre dans cet apartement; c. à. d. cet apartement est sombre. = 2°. Faible, qui éclaire mal. = Lumière sombre. Couleurs sombres, qui tirent sur le brun. = 3°. Obscur, ténébreux. "Une nuit sombre. = Poétiquement: les Royaumes sombres, les rivages sombres; les enfers chez les Païens. = 4°. En parlant des persones: mélancolique, réveur, chagrin. "Air, esprit, humeur, visage sombre.
   Sombre, Morne (synon.) Le 1er désigne quelque chose de plus noir, de plus triste, ou de plus horrible que le 2d. Avec une três-forte teinte de noir, une couleur est sombre; sans lustre et sans gaîté, une couleur est morne... On est morne dans le malheur: dans le malheur et le crime, on est sombre, etc. Extr. des Synon. Franc. de M. l'Abé Roubaud.
   Rem. Cet adjectif aime assez à précéder le substantif, dans le discours soutenu. "Sombres retraites. Rousseau. "Beaux vergers, sombres bois. De Lille. "Monarque des sombres. Royaumes. Jér. Déliv. Fénélon dit, forêts sombres pour, sombres forêts: il n'est pas à imiter en cela. M. Marin n'est pas de cet avis. Sombres, suit ou précède le substantif, selon le besoin de la rime ou l'harmonie de la phrâse. "Monarque des Royaumes sombres, vaut mieux que, des sombres Royaumes; et il est plus usité. Bois sombres en prose, vaut mieux que sombres bois. = Mais la prôse du Télémaque est une prôse poétique, et je persiste à croire que sombres forêts aurait été mieux que forêts sombres.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Traductions

sombré

sunk