souffreteux, euse

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SOUFFRETEUX, EUSE

(sou-fre-teû, teû-z') adj.
Terme familier. Qui est dans le besoin, qui manque des choses nécessaires.
Ils languiront toute leur vie, pauvres, souffreteux, méprisés [PATRU, Plaid. 4]
Absolument.
....un pauvre souffreteux.... Se plaint là-bas [LA FONT., Orais.]
Quand ma personne fut affichée par mes écrits, je devins dès lors le bureau général d'adresse de tous les souffreteux ou soi-disant tels [J. J. ROUSS., Prom. 6]
Par abus, et comme si souffreteux venait de souffrir. Qui est momentanément souffrant, qui éprouve quelque douleur, quelque malaise. Il est tout souffreteux.
La blanche et souffreteuse Amélie, couchée sur l'herbe, ressemblait à un narcisse abattu par l'orage [CHATEAUBR., Natch. 2° partie, vers le milieu]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Ne pur el [ni pour autre chose] ne fist l'um le nostre ordre establir, Fors pur les suffraitus aidier et sostenir [, Th. le mart. 96]
    Dont fu ma mere soufraitouse d'amis ? [, Raoul de C. 67]
  • XIIIe s.
    Tu es retraianz le soffretous des mains as plus forz de lui [, Psautier, f° 42]
    .... Si vien avec nos, Tu ne seras ja sofretos De rien dont te puisson aidier [, Ren. 13258]
    Dès le tens de s'enfance fu le roy piteux des poures et des souffraiteus [JOINV., 297]
  • XIVe s.
    Et le souffreteux dit que [félicité] c'est avoir richesse [ORESME, Éth. IIII]
  • XVe s.
    Assailli m'a vieillesse soufraiteuse [E. DESCH., Femmes et enfants.]
  • XVIe s.
    Il sentoit son armée fort affoiblie et souffreteuse de toutes choses [AMYOT, Anton. 65]
    Les gens souffreteux et de basse estoffe estoient toujours les autheurs et executeurs de telles factions et seditions [FROUMENTEAU, Finances, 3e livre, p. 418]

ÉTYMOLOGIE

  • L'anc. substantif soufraite ou, moins bien, soufrete, qui signifiait disette, manque (XVIe s. Maints bons esprits passent soufrete, Et vivent de lard et de pain bis, EUSTORGE DE BEAULIEU, Ballade). En Normandie, on dit : faire sa souffrette d'une chose, prendre son parti de l'avoir perdue ; c'est aussi le sens propre de souffreteux. Soufraite ne vient point de souffrir, il vient du latin fictif suffractus, brisé, de sub, sous, et frangere, briser ; cela est surabondamment prouvé par la forme provençale sufracha, sofracha.