spontané, ée

SPONTANÉ, ÉE

(spon-ta-né, née) adj.
Qui a son principe en soi-même.
Il me paraît que la liberté spontanée est à l'âme ce qu'est la santé au corps ; quelques personnes l'ont tout entière et durable ; plusieurs la perdent souvent ; d'autres sont malades toute leur vie [VOLT., Phil. Newt I, 4]
Qui se fait, se produit de soi-même.
J'aperçois dans les corps deux sortes de mouvement, savoir mouvement communiqué, et mouvement spontané ou volontaire [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Leur pitié spontanée et sans mélange de blâme ou de conseil [STAËL, Corinne, I, 1]
Terme de physiologie. Qui n'offre pas de causes apparentes, qui n'est pas produit par une cause extérieure. Les mouvements du cœur sont des mouvements spontanés. Génération spontanée, synon. d'hétérogénie.
Si je voulais rappeler tous les genres d'êtres qui ne doivent leur existence qu'à la génération spontanée [BUFFON, Suppl. à l'Hist. nat. Œuvr. t. XI, p. 27]
Terme de médecine. Évacuation spontanée, celle qui n'est pas provoquée par un remède. Lassitude spontanée, celle qui ne résulte pas de la fatigue. Maladie spontanée, celle qui n'a point de cause apparente.
Terme de botanique. Se dit des plantes qui croissent naturellement et sans être semées par l'homme, ni cultivées.

REMARQUE

  • Plusieurs écrivent encore, comme on faisait jadis, spontanée au masculin.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Une inegalité et lassitude spontanée [c'est-à-dire qui nous vient sans avoir travaillé] [PARÉ, XX, 13]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. spontaneus, de sponte, volonté, désir, qui est l'ablatif d'un inusité spons, spontis ; la racine est spa, qui a fait en grec, étendre .