suranné, ée

SURANNÉ, ÉE

(su-ra-né, née) part. passé de suranner
Qui ne peut plus avoir d'effet, en parlant d'actes publics pour lesquels on a laissé passer l'année, le temps au delà duquel ils ne peuvent avoir d'effet. Procuration surannée. Concessions surannées, concessions qui, faute d'être enregistrées dans le temps prescrit, deviennent nulles.
Houblons surannés, houblons qui ont plus d'un an, [, Journ. offic. 6 nov. 1871, p. 4329, 2e col.]
Fig. Vieux, hors de mode.
On aurait pu des fables surannées Ressusciter les diables et les dieux [GRESSET, Ver-vert, I]
Il n'est point de pays.... où les usages surannés subsistent plus généralement encore [STAËL, Allemagne, I, 2]
Il se dit des personnes.
Venez, beau directeur, suranné damoiseau [MOL., Éc. des mar. III, 6]
Toutefois à la cour les turlupins restèrent..., D'un jeu de mots grossier partisans surannés [BOILEAU, Art p. II]
Une coquette surannée qui se couche après avoir laissé ses cheveux, ses sourcils et ses dents sur sa toilette [LESAGE, Diable boit. III]
Croyez-moi, madame, c'est un dangereux animal qu'une beauté surannée [CAMPISTRON, l'Amante amant, IV, 1]
Je sentais trop le ridicule des galants surannés, pour y tomber [J. J. ROUSS., Conf. IX]
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877