suspendre

suspendre

v.t. [ lat. suspendere, de pendere, peser ]
1. Fixer en haut et laisser pendre : Suspendre sa veste à un portemanteau accrocher ; décrocher, 1. dépendre
2. Interrompre pour quelque temps ; remettre à plus tard : Suspendre la vente d'un produit cesser, stopper ; continuer différer, 1. repousser ; anticiper, avancer
3. Interdire pour un temps : Suspendre une émission supprimer
4. Retirer temporairement ses fonctions à qqn : Suspendre un magistrat 2. démettre, destituer, révoquer

suspendre


Participe passé: suspendu
Gérondif: suspendant

Indicatif présent
je suspends
tu suspends
il/elle suspend
nous suspendons
vous suspendez
ils/elles suspendent
Passé simple
je suspendis
tu suspendis
il/elle suspendit
nous suspendîmes
vous suspendîtes
ils/elles suspendirent
Imparfait
je suspendais
tu suspendais
il/elle suspendait
nous suspendions
vous suspendiez
ils/elles suspendaient
Futur
je suspendrai
tu suspendras
il/elle suspendra
nous suspendrons
vous suspendrez
ils/elles suspendront
Conditionnel présent
je suspendrais
tu suspendrais
il/elle suspendrait
nous suspendrions
vous suspendriez
ils/elles suspendraient
Subjonctif imparfait
je suspendisse
tu suspendisses
il/elle suspendît
nous suspendissions
vous suspendissiez
ils/elles suspendissent
Subjonctif présent
je suspende
tu suspendes
il/elle suspende
nous suspendions
vous suspendiez
ils/elles suspendent
Impératif
suspends (tu)
suspendons (nous)
suspendez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais suspendu
tu avais suspendu
il/elle avait suspendu
nous avions suspendu
vous aviez suspendu
ils/elles avaient suspendu
Futur antérieur
j'aurai suspendu
tu auras suspendu
il/elle aura suspendu
nous aurons suspendu
vous aurez suspendu
ils/elles auront suspendu
Passé composé
j'ai suspendu
tu as suspendu
il/elle a suspendu
nous avons suspendu
vous avez suspendu
ils/elles ont suspendu
Conditionnel passé
j'aurais suspendu
tu aurais suspendu
il/elle aurait suspendu
nous aurions suspendu
vous auriez suspendu
ils/elles auraient suspendu
Passé antérieur
j'eus suspendu
tu eus suspendu
il/elle eut suspendu
nous eûmes suspendu
vous eûtes suspendu
ils/elles eurent suspendu
Subjonctif passé
j'aie suspendu
tu aies suspendu
il/elle ait suspendu
nous ayons suspendu
vous ayez suspendu
ils/elles aient suspendu
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse suspendu
tu eusses suspendu
il/elle eût suspendu
nous eussions suspendu
vous eussiez suspendu
ils/elles eussent suspendu

SUSPENDRE

(su-span-dr') v. a.Il se conjugue comme pendre.
Mettre, soutenir un corps en l'air de manière qu'il pende.
On lui lia les pieds, on vous le suspendit [LA FONT., Fabl. III, 1]
Ces boucliers, ces devises, ces armes qu'on suspendait dans la lice [VOLT., Tancrède, Épît.]
On les suspendait [les protestants sur la place de l'Estrapade] au bout d'une longue poutre, posée sur une poulie au-dessus d'un poteau de vingt pieds de haut, et on les faisait descendre à plusieurs reprises sur un large bûcher enflammé [ID., Hist. Parl. XIX.]
Au moindre tracas qui survient, on le suspend [l'enfant en nourrice] à un clou comme un paquet de hardes [J. J. ROUSS., Ém. I]
On suspend un cheval, c'est-à-dire on le soutient en l'air, dans certaines opérations, quelquefois pour le ferrer, quelquefois aussi dans certaines maladies, pour l'empêcher de rester couché.
Fig. Interrompre, discontinuer, remettre.
Elle [l'imagination] fait croire, douter, nier la raison ; elle suspend les sens, elle les fait sentir [PASC., Pens. III, 3, éd. HAVET.]
Le ciel, qui semblait suspendre en faveur de la piété de la reine la vengeance qu'il méditait [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Une mort soudaine et surprenante qui a suspendu le cours de nos victoires [FLÉCH., Turenne.]
Dès qu'un léger sommeil suspendait mes ennuis [RAC., Iphig. I, 1]
Votre absence en ces lieux suspend toute la joie [ID., Esth. III, 2]
Mes filles, c'est assez ; suspendez vos cantiques [ID., Ath. II, 1]
Donc, mes frères, vous que ce discours regarde, et qui vivez dans des habitudes de crime, que le devoir pascal n'a fait jusqu'ici que suspendre pour un moment [MASS., Carême, sur la communion.]
Molière, ayant suspendu son chef-d'œuvre du Misanthrope, le rendit quelque temps après au public, accompagné du Médecin malgré lui [VOLT., Vie de Molière.]
Méchants, suspendez vos blasphèmes [GILB., le Jugem. dern.]
Elle [Marie d'Anjou] suspendit le payement de ses officiers pour le joyeux voyage de monsieur saint Jacques en Galice [DUCLOS, Œuvr. t. II, p. 196]
Bientôt le silence de toute la nature l'invite au repos ; un calme délicieux suspend ses sens ; sa paupière s'appesantit, ses idées fuient, échappent, elle s'endort [CONDILLAC, Traité sens. III, 7]
Le froid excessif des hivers qui suspendait le cours des fleuves [RAYNAL, Hist. phil. XVI, 14]
Il parut un arrêt du conseil en date du 13 août 1769, par lequel le roi suspendait le privilége exclusif de la compagnie des Indes [ID., ib. IV, 26]
Ces spectres, ces lutins rôdant dans les ténèbres, Vieux récits, dont le charme, amusant les hameaux, Abrège la veillée et suspend les fuseaux [DELILLE, Imag. IV]
Suspendre un travail, des travaux, interrompre son travail, des travaux. Suspendre ses payements, se dit d'une maison de commerce qui ne peut pas payer, momentanément au moins, ce qu'elle doit. Suspendre son jugement, attendre, pour porter un jugement, qu'on soit plus éclairé.
L'art de disputer sur toutes choses, sans prendre jamais d'autre parti que de suspendre son jugement, s'appelle pyrrhonisme [, Anal. de Bayle, t. III, p. 393]
On doit faire ici ce que les hommes sages font à la lecture de toutes les histoires anciennes et même modernes : suspendre son jugement, et douter beaucoup [VOLT., Dict. phil. Dénombrement.]
L'homme éclairé suspend l'éloge et la censure [GRESSET, Méch. IV, 4]
Il se dit de la constitution, d'une loi qu'on interrompt pour un temps. à la suite des troubles la constitution fut suspendue.
La liberté du citoyen est si précieuse, que les lois seules peuvent en suspendre l'exercice [BARTHÉL., Anach. Introd. part. II, sect. 1]
Arrêter pour quelque temps. Les troupes ont suspendu leur marche.
Que toujours dans vos vers le sens, coupant les mots, suspende l'hémistiche, en marque le repos [BOILEAU, Art p. I]
Fig. Interdire à quelqu'un l'exercice de ses fonctions, sans lui ôter le caractère dont il est revêtu. On a suspendu le maire de cette commune. Suspendre un prêtre de ses fonctions.
Tenir en suspens, attentif.
On demeura surpris : Cela suspendit les esprits [LA FONT., Fabl. VIII, 8]
Terme de musique. Faire une suspension.
On ne peut guère passer raisonnablement d'un accord à l'autre, sans trouver une note qu'on peut suspendre et résoudre [GRÉTRY, Méth. pour prél. 15]
Se suspendre, v. réfl. Se tenir suspendu.
Il [le fourmilier] monte sur les arbres, et se suspend aux branches par l'extrémité de sa queue [BUFF., Quadrup. t. IV, p. 56]
Être interrompu.
En vérité, lorsqu'il m'arrive de penser que je suis dans le souvenir de ces deux personnes, pour ce moment toutes mes peines se suspendent [VOIT., Lett. 51]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Teu merite [telle récompense] a au chef deu tor Qui felon est e traïtor, Et pire assez, qu'en le sepent à hautes forches mult sovent [BENOÎT, II, 8838]
    Quant l'arcevesque sout et bien li fut nuncié Qu'à Dovre erent li trei qui tant l'unt guerreié, Le brief à l'apostolie baille un vaslet à pié, U cil trei prelat erent suspendu e lacié [, Th. le mart. 124]
  • XIVe s.
    Especialement en fievre l'usage du triacle [thériaque] soit souspendu [H. DE MONDEVILLE, f° 87, verso.]
  • XVe s.
    Au moins estoit ce tenir les gens en crainte, et par especial ses officiers, dont aucuns avoit supendus pour pillerie [COMM., VIII, 18]
  • XVIe s.
    Il se faisoit porter dedans un petit lict suspendu bien près de terre [AMYOT, Péric. 52]
    Sertorius avoit occupé l'Hespagne, tenant les Romains suspendus en grande crainte [ID., Pomp. 25]
    Ilz mettoient leurs roys en justice, et les suspendoient de leur royauté, jusques à.... [ID., Agis et Cléom. 13]
    Ma maîtresse avoit un coche de clisse, qui n'estoit gueres supendu que de cordes [D'AUB., Faen. III, 2]
    Quelque edict qui surpendist la persecution des reformez [ID., Hist. I, 93]
    Les larmes que cette aultre plus forte passion avoit suspendues [MONT., I, 63]
    C'est l'enfileure de nos aiguilles [aimantées] suspendues l'une de l'aultre [ID., I, 266]
    Vault-il pas mieulx suspendre sa persuasion, que de... ? [ID., II, 232]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. suspendre ; espagn. suspender ; ital. sospendere ; du lat. suspendere, de susum, en haut, et pendère, pendre.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    SUSPENDRE. Ajoutez :
    10° Suspendre les pas, marcher avec précaution pour ne pas faire de bruit.
    Voyez-moi ces délicats de qui le sommeil impose silence à toute une maison, pour qui tout ce qu'il est de serviteurs se ferment la bouche et suspendent les pas, s'ils s'approchent d'eux [MALH., Lexique, éd. L. Lalanne.]

suspendre

SUSPENDRE. v. tr. Pendre quelque objet en l'air, l'attacher de telle sorte qu'il ne porte sur rien. Suspendre un lustre au plafond. Une épée était suspendue sur la tête de Damoclès. Se suspendre à une branche, à une corde.

Fig. et fam., Être suspendu aux lèvres de quelqu'un, Écouter ses paroles avec une extrême attention.

SUSPENDRE signifie, au figuré, Surseoir, différer, cesser pour quelque temps. Suspendre l'exécution d'un arrêt. On reprit les poursuites qui avaient été suspendues. Suspendre les hostilités. Suspendre son ressentiment, les effets de son ressentiment. La séance est suspendue.

Suspendre ses paiements se dit d'une Maison de banque ou de commerce qui se trouve, au moins momentanément, dans l'impossibilité de faire face à ses engagements.

Suspendre sa marche, Interrompre sa marche, s'arrêter pour quelque temps. Ces troupes ont suspendu leur marche, ont reçu l'ordre de suspendre leur marche.

Suspendre un travail, Interrompre un travail. Les travaux étaient depuis longtemps suspendus.

Suspendre son jugement sur quelque chose, Attendre, pour porter son jugement, qu'on soit plus éclairé.

Dans le langage politique, Suspendre la constitution, En interrompre l'exercice pour quelque temps. On dit aussi : Suspendre les garanties constitutionnelles. Suspendre l'exécution des lois.

Suspendre un journal, En faire cesser la publication pour un certain temps.

SUSPENDRE se dit aussi, figurément, en parlant d'un Ecclésiastique, d'un magistrat, d'un officier, d'un agent quelconque dont on interrompt les fonctions, sans lui ôter son caractère. Suspendre un prêtre de ses fonctions. On a suspendu le maire de cette commune.

Le participe passé SUSPENDU s'emploie adjectivement. Voiture bien suspendue, Voiture dont la suspension est bonne.

Pont suspendu. Voyez PONT.

SUSPENDU se dit, par extension, des Choses qui sont en équilibre et qui paraissent se soutenir d'elles-mêmes. Les nuées sont suspendues en l'air.

suspendre

Suspendre aucun des commoditez et privileges de la bourgeoisie, et neantmoins le contraindre aux charges, In aerarios referre.

Suspendre, Administratione summouere. B. ex Cic.

Suspendre de son office, Abrogare magistratum. B.

Suspendre quelqu'un de son office jusques à deux ans, Abdicare aliquem magistratu in biennium. B.

Estre suspend et en doubte, Pendere, Haerere.

Qui est suspens et en doubte, Suspensus, Haesitator.

Suspendu de son estat, Ordine ad tempus motus. Bud.

Suspendu de l'entrée de la Cour, et de leur office de Conseiller, Abstinere Curia iussi, ob quaedam secus admissa. Bud.

Suspendu de son office, Ab administratione summotus. B. ex Sueton. Vetitus quicquam pro magistratu gerere. Ex Liu.

Suspendu de son office trois ans, Magistratu in triennium summotus. Budaeus.

Estre suspendu de son office jusques à trois ans, Vetari sententia quicquam pro magistratu ad triennium agere. B.

Estre suspendu quelque temps de son office, Ad aliquod tempus vetari quippiam agere pro potestate et magistratu suo. B.

suspendre


SUSPENDRE, v. act. SUSPENS, adj. SUSPENSE, s. f. SUSPENSIF, IVE, adj. SUSPENSION, s. f. [Sus-pandre, pan, panse, sif, sive, sion, en vers si-on: 2e lon.] Suspendre, au propre, élever un corps en l'air et le soutenir avec un lien, en telle sorte qu' il pende. "Suspendre des lustres, des chandeliers. "Carosse mal suspendu.
   Aux arbres, qui couvroient les eaux,
   Nos lyres tristement demeuroient suspendues;
   Tandis que nos maîtres nouveaux
   Fatiguoient de leurs cris nos tribus éperdûes.
       Le Franc.
= Au fig. Sursoir, diférer. Suspendre l'exécution d'un Arrêt. "Dieu suspend pour quelque tems les éfets de sa colère. Suspendez votre ressentiment. = Suspendre son jugement, ne rien décider encôre ni en bien, ni en mal; atendre de nouvelles preûves. = Suspendre son travail, l'interrompre. = Interdire un Éclésiastique de ses fonctions pendant un tems. En ce sens, il régit de "Suspendre un Prêtre de ses fonctions.
   SUSPENS se dit dans ce dernier sens pour suspendu. "Prêtre suspens, déclaré suspens. = L'Auteur des Conférences d'Angers emploie mal ce mot: "Si son apel (de Luther) avoit suspens l'éfet de sa condamnation. Là il falait dire, avait suspendu. = En suspens, adv. être en suspens, en incertitude, sans savoir à quoi se déterminer. "Ne me laissez pas plus long-tems en suspens. "Il a tenu tout le monde en suspens sur ce qu'il alait dire. "Ces trois rivales de faveur tenaient toute la cour en suspens. VOLT. "La défiance et l'inquiétude tenaient en suspens tous les esprits. Id. "L'afaire est demeurée en suspens, indécise. *Mde B.... ou son Imprimeur, écrit toujours en suspend contre l'usage.
   SUSPENSIF, qui suspend, qui arrête et empêche d'aler en avant. "Le simple apel est quelquefois suspensif. = Mde B.... dit suspensatif: c'est un anglicisme.
   SUSPENSE, Censûre par laquelle un Éclésiastique est suspens. "Encourir la suspense. = État où un Éclésiastique est mis, par cette censûre. "Un Prêtre qui dit la Messe, pendant sa suspense, est irrégulier.
   SUSPENSION, cessation d'opération pendant quelque tems. "Suspension de l'exécution d'un arrêt. = Suspension d'armes, cessation d'actes d'hostilité. = Suspension est aussi une figûre de Rhétorique, qui consiste à tenir les Auditeurs en suspens, pour leur dire ensuite des chôses inatendues. = * D'Avrigni emploie suspension, dans un endroit où suspense était le terme propre. "Elle défendoit sous peine de suspension, de signer. — Le Rich. Port. le met en ce sens: interdiction pour un tems. L'Académie ne le met point.

Synonymes et Contraires

suspendre

Traductions

suspendre

aufhängen, suspendieren, abdanken, anhängen, aufschieben, entlassen, erhängen, fristen, henken, stunden, verabschieden, vertagen, verzögern, abfedern, hängensuspend, hang, adjourn, string, delay, discharge, dismiss, fire, postpone, sack, hang up, deferophangen, opschorten, schorsen, aanhouden, hangen, ontslaan, ontzetten, opknopen, royeren, uitstellen, verdagen, verhangen, verschuivenהסיר זמנית, השעה (הפעיל), התלה (הפעיל), תלה (פ'), הֲשָׁעָהsuspender, colgarmembekukansospendere, appendereвешать, прекращать, подвешиватьيُرْجِئُ, يُعَلِّقُpověsit, pozastavithænge, indstilleαναστέλλω, κρεμώripustaaobjesiti, odgoditiつるす, 掛ける...을 (...에) 걸다, 매달다henge, innstillepowiesić, zawiesićpendurar, suspenderhänga, skjuta uppแขวน, ระงับชั่วคราวaskıya almak, asmaktreo, trì hoãn悬挂, 暂停暫停 (syspɑ̃dʀ)
verbe transitif
1. faire tenir par le haut suspendre son blouson au portemanteau suspendre le linge à sécher
2. arrêter, cesser pour un temps suspendre des pourparlers
3. priver qqn de ses fonctions être suspendu de ses fonctions

suspendre

[syspɑ̃dʀ] vt
(= accrocher) [+ vêtement] → to hang up
suspendre qch à → to hang sth up on
(= fixer) [+ lustre, rideaux] → to hang
suspendre qch à → to hang sth from
(= interrompre) → to suspend
(= destituer) → to suspend
(autre locution) être suspendu aux lèvres de qn → to hang upon sb's every word [syspɑ̃dʀ] vpr/réfl
se suspendre à → to hang from