tu

(Mot repris de tûtes)

tu

[ ty] pron. pers. [ lat. tu ]
Désigne la deuxième personne du singulier, aux deux genres, dans la fonction de sujet : Tu t'amuses. Tu l'embrasseras de ma part. Me reconnais-tu ? As-tu eu peur ? Dites-moi tu tutoyez-moi
Être à tu et à toi avec qqn,
Fam. être intime avec lui.
TUTemps Universel
TUTransports Urbains

TU1

(tu) , TOI (toi), TE (te) pron. pers. de la seconde personne du singulier et des deux genres
Tu est toujours employé comme sujet. Tu l'as voulu. Que demandes-tu ? Tu y étais. Tu nous parleras.
Cléanthis : Ah ! ah ! tu t'en avises, Traître, de t'approcher de nous ! - Sosie : Mon Dieu ! qu'as-tu ? toujours on te voit en courroux [MOL., Amph. II, 3]
Substantivement, le tu, le toi, l'action de tutoyer.
M. de Bussy demande si l'on doit se tutoyer en amour ; et, après avoir dit que cela est indifférent, il finit par ces vers : Le vous me paraît plus galant ; Mais je trouve le toi plus tendre, [, Dict. de Trévoux, Tu]
Les poëtes ont conservé le tu ; et, en vers, cette licence a de la noblesse, parce qu'on paraît s'égaler à son supérieur [CONDIL., Gram. II, 7]
Toi s'emploie comme régime direct. Qui a-t-on voulu désigner ? toi. Il veut vous voir, toi et ton frère. Il n'y a que toi qui puisses le faire.
Aide-toi, le ciel t'aidera [LA FONT., Fabl. VI, 18]
À ta faible raison garde-toi de te rendre ; Dieu t'a fait pour l'aimer, et non pour le comprendre [VOLT., Henr. VII]
Comme régime indirect ou comme régime de préposition. Je compte sur toi. On a parlé de toi. C'est par toi que cela se fera. à qui a-t-on voulu parler ? à toi.
Ton maître te fait signe, et veut parler à toi [MOL., l'Ét. I, 10]
Figure-toi Pyrrhus, les yeux étincelants, Entrant à la lueur de nos palais brûlants [RAC., Andr. III, 8]
Par abus et par oubli de l'ancienne langue, toi est employé comme sujet dans certains cas déterminés. Il l'est, en jonction avec un nom, ou avec un autre pronom. Ta sœur et toi, venez nous voir. Nul autre que toi n'aura l'héritage. Personne que toi n'est si bien placé. Il l'est dans les réponses. Qui sera chargé de cette besogne ? toi. Il l'est devant le pronom relatif.
Voudrais-je t'affliger, toi que j'aime tant ? Que répondras-tu à cela, toi qui.... Et toi, soleil, et toi qui dans cette contrée Reconnais l'héritier et le vrai fils d'Atrée [RAC., Iphig. v, 4]
Ô toi, qui vois la honte où je suis descendue, Implacable Vénus, suis-je assez confondue ! [ID., Phèdre, II, 2]
Toi, qui prévois tout, lui dit-il [Louis XI, à un astrologue], quand mourras-tu ? [DUCLOS, Œuv. t. III, p. 345]
Il l'est par réduplication. Toi, tu oserais le défier ! Toi, tu soutiens telle opinion, et moi telle autre. Elliptiquement.
Toi me trahir ! faire une bassesse, toi ! serais-tu capable de me trahir, de faire une bassesse ? Pourquoi faut-il encor que ma main trop timide Reconnaisse un ami dans les traits d'un perfide ! Qui ? toi ? tu me trahis ? [LAFOSSE, Manlius, IV, 4]
Il l'est par opposition avec un nom ou un autre pronom. Toi et moi nous irons ensemble. Toi et ton frère, que faites-vous aujourd'hui ? Toi et lui, vous êtes deux fripons. Il l'est avec c'est, c'était, etc.
Le jeune homme s'émeut, voyant peint un lion : Ah ! monstre ! cria-t-il, c'est toi qui me fais vivre Dans l'ombre et dans les fers ! [LA FONT., Fabl. VIII, 16]
C'est toi dont l'ambassade à tous les deux fatale.... [RAC., Andr. v, 3]
Toi joue aussi quelquefois le rôle d'un substantif.
La première chose que je lui reproche [à un portrait], est de te ressembler et de n'être pas toi, d'avoir ta figure et d'être insensible [J. J. ROUSS., Hél. II, 25]
Te s'emploie comme régime direct. Je veux bien t'attendre. Je te crois un peu fourbe.
Pourrais-tu te résoudre à me quitter ainsi ? [MOL., l'Ét. I, 10]
Je devrais sur l'autel où ta main sacrifie Te.... mais du prix qu'on m'offre il faut me contenter [RAC., Ath. v, 5]
Comme régime indirect. Je te le promets.
...S'il fallait condamner Tous les ingrats qui sont au monde, à qui pourrait-on pardonner ? Toi-même tu te fais ton procès.... [LA FONT., Fabl. x, 2]
Je te les vais montrer l'un et l'autre à la fois [RAC., Ath. v, 5]
Il t'est parent, voy. LEUR. L'e de te s'élide devant une h muette ou une voyelle. Tu t'honores par cette conduite. Ne t'amuse pas en chemin.
Toi-même, voy. MÊME. Substantivement, un autre toi-même, voy. MÊME.
Familièrement. Être à tu et à toi avec quelqu'un, être assez intime pour le tutoyer et en être tutoyé.

REMARQUE

  • 1. Lorsque toi se trouve après la seconde personne de l'impératif et qu'il est suivi de en ou de y, on élide oi, on met une apostrophe, et on joint par un trait d'union t' au verbe. Informe-t'en. Fais-t'en donner la moitié. Va-t'en. Garde-t'en bien. Mets-t'y. Jette-t'y. Accroche-t'y.
    J'en goûterai désormais, attens-t'y [LA FONT., Cuv.]
    Un seul serment suffit à la vie d'un homme : tu en as déjà prêté un, tiens-t'y [CH. DE BERNARD, le Gentilhomme campagnard, II, 28]
  • 2. Il ne serait pas incorrect de dire : mets-y-toi, jettes-y-toi. Mais on évite ces façons de parler peu usitées.
  • 3. On a prétendu que l'usage n'admet pas t'y avec les verbes en ier. Cela n'est pas exact ; on peut dire : réfugie-t'y, fie-t'y.
  • 4. Quand toi est régime indirect ou direct d'un verbe à l'impératif, il se met toujours après, et on l'y joint par un trait d'union. Tais-toi. Retire-toi. Fais-toi donner la bourse.
  • 5. Avec l'impératif, c'est toujours toi qu'on emploie, comme régime soit direct, soit indirect. Cependant, quand il y a deux impératifs de suite, on peut remplacer toi par te dans le second : Approche-toi et te mets en ma place.
  • 6. Te, régime direct ou indirect, se met immédiatement avant le verbe. Je t'aime. Je t'annonce cette nouvelle. Si le verbe a en outre un autre régime exprimé par le, la, les, te se met avant le, la, les. Je te le dis. Je te la recommande. Je te les annonce. Mais cette construction ne se fait pas avec me, avec vous, avec nous, avec leur ; on ne dit pas : je te me recommande, mais : je me recommande à toi.
  • 7. Ta sœur ou toi, ta sœur et toi, vous aurez l'héritage. On peut aussi supprimer vous, et dire : ta sœur et toi aurez l'héritage. Même remarque avec ni. Ni ta sœur ni toi, vous n'aurez ou n'aurez l'héritage.
  • 8. Ton frère aussi bien que toi est digne de louange. On peut dire aussi : ton frère aussi bien que toi, êtes dignes de louange.
  • 9. La seconde personne a deux pronoms pour le singulier, tu et vous. Tu s'emploie dans la familiarité entre camarades, amis, parents, mari et femme, etc. Il s'emploie aussi en parlant à des enfants et quelquefois à des personnes fort inférieures. Quelquefois au contraire il fait partie du style oratoire et poétique, et c'est de lui qu'on se sert pour s'adresser aux personnages qu'on respecte le plus, aux monarques, à Dieu même. Ce tutoiement respectueux est un retour à l'antique manière de parler, où l'on ne disait pas vous à une seule personne ; et c'est cet archaïsme qui lui donne sa majesté. Dans les traductions des auteurs anciens, il est d'usage aujourd'hui d'employer le tu ; dans les traductions du XVIIe siècle, on employait la distinction moderne entre tu et vous.
  • 10. Dans l'ancienne langue, toi était toujours régime ; et partout où nous l'employons comme sujet, nos aïeux mettaient tu : tu qui parles ; autre que tu ne l'auras, etc. Cela était la véritable construction ; car toi, représentant te, ne pouvait être sujet.

HISTORIQUE

  • Xe s.
    Tu douls [tu as douleur, en lat doles] mult ad.... [, Fragm. de Valenc. p. 469]
  • XIe s.
    Jo t'en muvrai un tel si grant contraire [, Ch. de Rol. X]
  • XIIe s.
    Par toi commant [par le commandement de toi] [, Ronc. p. 17]
  • XIIIe s.
    Et que ton ami soit un autre toi [BRUN. LATINI, Trésor, p. 322]
    Que ce bois ne te soit à tousjours mais litiere [, Berte, X]
    Tais toi, vieille, fait ele, n'en ferai rien por ti [, ib. LXXXIX]
    Dist Primaut : je boif plus que tu [, Ren. 3164]
  • XVe s.
    Tu qui veulz aler par païs, Six choses te vueil enseignier [E. DESCH, Poésies mss. f° 65]
  • XVIe s.
    Approche toy, et te mets en ma place [MAROT, III, 302]
    Qu'avois-tu, mer, à t'enfuir soudain ? [ID., IV, 324]
    À ma dextre te sieds [ID., IV, 321]
    Qu'es-tu toy, archer ou picquier ? [AMYOT, Que la vertu se peut apprendre, 8]

ÉTYMOLOGIE

  • Picard, ti, toi ; provenç. espagn. et ital. tu ; du latin tu, tibi, te ; grec ; allem. du ; angl. thou. Toi représente le latin te ; la différence entre toi et te est la différence entre une forme accentuée et une forme enclitique.

tu

TU. Pronom personnel, dit de la seconde personne du singulier; il est des deux genres. Il sert à désigner Celui, celle à qui on parle ou on écrit.

Il est toujours employé comme sujet, soit devant le verbe, dont il ne peut être séparé que par un autre pronom personnel ou par Ne, en, y, soit immédiatement après le verbe dans la phrase interrogative ou exclamative, ou encore dans certaines tournures particulières. Tu es heureux. Tu m'as parlé de cette affaire. Tu t'en repentiras. Tu en auras des nouvelles. Tu y étais. Tu ne le verras plus. Où es-tu? En as-tu suffisamment? Peux-tu dire une telle chose! Ainsi, dis-tu, il viendra ce soir? Il t'accordera volontiers cette faveur, encore dois-tu la mériter. Dans tous les autres cas, on emploie Te ou Toi comme pronom personnel de la seconde personne du singulier. Voyez TE, TOI.

TU ne s'emploie ordinairement, de même que Te, toi, ton, le tien, que quand on parle à des personnes très inférieures ou avec qui on est en grande familiarité, et quelquefois, au contraire, dans le style oratoire ou poétique, en s'adressant aux personnes qu'on respecte le plus, aux rois, aux princes, à Dieu même. En dehors de ces cas, on emploie le pronom pluriel Vous, de même que les possessifs Votre et le vôtre. Voyez VOUS.

Fam., Être à tu et à toi avec quelqu'un, Être tellement lié avec lui qu'on le tutoie et qu'on est tutoyé par lui.

tu


pron. pers. sing. de la 2e persone. On ne s'en sert qu' en parlant à des persones inférieûres, ou avec qui l'on est très-familier. Voy. TOI, et TUTOYER.

Traductions

tu

du, Sieyou, thou, je, , gety, vyεσύvi, ustedsinätuあなた, あなたは너, 당신tyvocê, tuты, вы, أَنْتَdutiduduท่าน พวกท่านsenbạn (ty)
pronom personnel
désigne la personne à laquelle on s'adresse Tu as raison.

TU

[tey] abr nm (=temps universel)

tu

9 [ty]
pron → you
Est-ce que tu as un animal? → Have you got a pet?
nm
employer le tu → to use the "tu" form, to use the familiar form

tu

10 [ty] pp de taire