tartufe

(Mot repris de tartufes)

tartufe

ou

tartuffe

n.m. [ it. Tartufo, nom d'un personnage de comédie ]
1. Vx Faux dévot.
2. Personne fourbe, hypocrite.
Maxipoche 2014 © Larousse 2013

TARTUFE

(tar-tu-f') s. m.
Personnage d'une célèbre comédie de Molière.
Molière [qui alors allait faire des lectures de sa pièce] avec Tartufe y doit jouer son rôle [BOILEAU, Sat. III]
Le Tartufe, qui était une satire des dévots et surtout de la morale des jésuites, alors tout-puissants, a été joué par la protection d'un premier gentilhomme de la chambre, et est resté au théâtre pour toujours [VOLT., Lett. Richelieu, 27 sept. 1769]
Il avait pour oncle un autre abbé de Roquette, évêque d'Autun, qui, par son zèle de commande et sa dévotion politique, eut l'honneur, dit-on, de fournir à Molière l'heureux original d'après lequel il a peint le précieux tableau du Tartufe [D'ALEMB., Élog. de Roq.]
Certainement l'ensemble du Tartufe est de main de maître.... toutefois.... je n'hésite pas à dire que, si la pièce eût été faite de mon temps, je n'en aurais pas permis la représentation [NAPOLÉON, Mémorial, éd. de 1842, t. II, p. 128]
Faux dévot, hypocrite, coquin se servant du manteau de la religion (avec un t minuscule). [Molière] un athée et en même temps un tartufe achevé, DE ROCHEMONT, [pseudonyme], Observ. sur le Festin de Pierre, Paris 1665 [époque où les premiers actes de Tartufe avaient de la célébrité, bien que la pièce n'eût pas encore été jouée].
Molière a si bien peint ce caractère [de l'hypocrite] dans la personne de Tartufe, et a rendu ce caractère tellement propre à Tartufe que notre langue s'est trouvée enrichie de ce mot, et que Tartufe, nom propre, est devenu par figure un nom commun ; de sorte que l'on dit aujourd'hui d'un hypocrite et d'un faux dévot, c'est un tartufe [DUMARS., Œuv. t. III, p. 289]
Tartufe de mœurs, homme vicieux qui affecte de grands principes de morale.

REMARQUE

  • Tartuf, orthographe que La Fontaine a donnée, par licence poétique, au mot tartufe.
    C'étaient [chat et renard] deux vrais tartufs, deux archipatelins [LA FONT., Fabl. IX, 14]

ÉTYMOLOGIE

  • Molière, qui écrit Tartuffe, a emprunté ce mot à l'italien ; Tartufo se trouve dans le Malmantile de Lippi avec le sens d'homme à esprit méchant ; le Malmantile circulait manuscrit en France avant le Tartufe (voy. Génin, Récréat. t. I, p. 292). Tartufo est la contraction de tartufolo, une truffe.
Émile Littré's Dictionnaire de la langue française © 1872-1877

tartufe

TARTUFE. n. In. Faux dévot, hypocrite, par allusion à la comédie de Molière. C'est un dangereux tartufe. Un vrai tartufe.
Dictionnaire de L'Académie française 8th Edition © 1932-5

tartufe


TARTUFE, s. m. Faux dévot, hypocrite. Molière a enrichi la Langue de ce mot. La Fontaine dit tartuf.
   C'étoient deux vrais tartufs, deux archipatelins.
La mesure du vers lui a fait retrancher l'e final. = On apèle, en style plaisant, tartuferie, une action, ou un maintien de Tartufe.

Jean-François Féraud's Dictionaire critique de la langue française © 1787-1788
Traductions

tartufe

עיט צבוע (ז), צבוע (ת)