temple

(Mot repris de temples)

temple

n.m. [ lat. templum ]
1. Édifice consacré au culte d'une divinité : Un temple romain.
2. Édifice dans lequel les protestants célèbrent leur culte.
3. (Par ext.) Lieu privilégié fréquenté par des connaisseurs : Ce restaurant est un temple de la gastronomie.

TEMPLE1

(tan-pl') s. m.
Chez les Romains, lieu découvert d'où la vue pouvait s'étendre, et consacré par les augures.
Le sénat ne pouvait s'assembler légalement que dans un lieu consacré par les augures, auquel on donnait pour cette raison le nom de temple [BOUCHAUD, Instit. Mém. sc. mor. et pol. t. v, p. 123]
Édifice public consacré à la divinité chez les peuples qui ont un culte.
Tous les monstres d'Égypte ont leur temple dans Rome [CORN., Poly. IV, 6]
Le Capitole bâti par Tarquin le Superbe, et le temple qu'il éleva à Jupiter dans cette forteresse [BOSSUET, Hist. III, 6]
Ils [les Scythes] revinrent dans la Palestine, où quelques-uns d'entre eux pillèrent, à Ascalon, le temple de Vénus le plus ancien qui eût été consacré à cette déesse [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. II, p. 100, dans POUGENS]
Entre les temples célèbres bâtis par le peuple d'Ionie, le plus mémorable, quoiqu'il ne soit pas le plus ancien, est le fameux temple de Diane construit à Éphèse [ID., ib. t. XI, 1re part. p. 19]
Les peuples qui n'ont point de temples ont peu d'attachement pour leur religion [MONTESQ., Esp. XXV, 3]
Comme la divinité est le refuge des malheureux, et qu'il n'y a pas de gens plus malheureux que les criminels, on a été naturellement porté à penser que les temples étaient un asile pour eux [ID., ib.]
Les Tyriens avaient un temple dans lequel Hérodote entra, et qu'il dit avoir deux mille trois cents ans d'antiquité [VOLT., Déf. mil. Bolingbr. 9]
Point de temple, point de palais bien entendu sans une belle vue et sans une grande place [ID., Phil. Hérode, monuments.]
Vos yeux se tournent depuis longtemps vers ce fameux temple de Minerve, un des plus beaux ornements d'Athènes ; il est connu sous le nom de Parthénon [BARTHÉLEMY, Anach. ch. 12]
Les temples des Grecs et des Romains n'étaient que le sanctuaire proprement dit ; les sacrifices étaient offerts sous les péristyles, à la vue d'un peuple immense qui ne pénétrait point dans l'enceinte sacrée [MONGEZ, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. v, p. 133]
Il paraît que l'intérieur des temples destinés à la célébration des mystères admettait certains prestiges de lumière et d'obscurité, faits pour ébranler l'imagination des assistants [QUATREMÈRE DE QUINCY, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. III, p. 266]
C'est une belle idée qu'avaient les anciens de placer les temples au sommet des lieux élevés [STAËL, Corinne, VIII, 4]
Fig.
Il [Épicure] fut le premier qui prononça courageusement ce qu'il en pensait [des dieux du paganisme], et qui osa publiquement ébranler, autant qu'il lui fut possible, les fondements de tous les temples de la Grèce, en déclamant contre la vanité du culte qui s'y exerçait [LA MOTHE LE VAYER, Vertu des païens, II, Épicure.]
Absolument et par excellence, le temple que Salomon bâtit à Jérusalem par ordre de Dieu, et qui fut rebâti par Hérode.
J'ai dessein de bâtir un temple au nom du Seigneur mon Dieu, selon que le Seigneur l'a ordonné à David mon père [SACI, Bible, Rois, III, v, 5]
Cette prédiction de la ruine du temple réprouvé [PASC., Lett. à Mlle de Roannez, 9]
Hérode, ce politique raffiné, qui, pour avoir rebâti le temple avec une magnificence presque semblable à celle de Salomon.... [BOSSUET, Médit. sur l'Év. La dern. sem. du Sauv. 35e jour.]
Il [David] ordonna aux lévites de venir au temple le matin et le soir, pour y bénir Dieu et pour y chanter ses louanges [ID., Polit. VIII, v. 5]
Oui, je viens dans son temple adorer l'Éternel [RAC., Athal. I, 1]
Le second temple, le temple rebâti par Hérode.
Dans le style soutenu, église consacrée au culte catholique.
Soit, mais il est saison que nous allions au temple [CORN., le Ment. IV, 9]
Marinette : Pour vous chercher j'ai fait dix mille pas, Et vous promets, ma foi.... - Eraste : Quoi ? - Marinette : Que vous n'êtes pas Au temple, au cours, chez vous, ni dans la grande place [MOL., le Dép. I, 2]
Tu le vois, tous les jours [Louis XIV], devant toi prosterné, Humilier ce front, de splendeur couronné, Et, confondant l'orgueil par d'augustes exemples, Baiser avec respect le pavé de tes temples [RAC., Esth. Prologue.]
Les chrétiens n'eurent des temples que vers le commencement du règne de Dioclétien ; l'Église était alors très nombreuse [VOLT., Dict. phil. Autels.]
Fig. Dans le style de la chaire, les fidèles sont les temples vivants, les temples du Saint-Esprit.
En faire [d'un grand peuple] le temple de Dieu, le réconcilier à Dieu.... [PASC., Pens. XVIII, 16, édit. HAVET.]
Il nous consacre comme temples de Dieu, il nous consacre comme enfants de Dieu [BOURDAL., Serm. 17e dim. après la Pent. Dominic. t. IV, p. 78]
Elle [cette passion] déshonore le corps du chrétien ; elle profane le temple de Dieu en nous [MASS., Carême, Enf. prod.]
Le nouveau temple, l'Église chrétienne.
La gloire de ce nouveau temple sera bien plus grande que la gloire du premier [les Juifs] [PASC., Pens. XXV, 171]
Fig. Le temple, l'ensemble des idées chrétiennes.
Malebranche est un aigle enfermé dans le temple [D. STERN, Esquisses mor. p. 157]
Se dit, chez les protestants, de l'édifice où se font les cérémonies du culte.
M. le cardinal de Bouillon fut hier bénir l'église d'Orsay, qui n'était maintenant qu'un temple [PELLISSON, Lett. hist. t. I, p. 116]
Anciennement, résidences des chevaliers du Temple (on met une majuscule). Le faubourg du Temple à Paris.
Je n'ose presque vous parler de votre déménagement de la rue du Parc-Royal pour aller demeurer au Temple ; j'en suis affligée pour vous et pour moi : je hais le Temple autant que j'aime la déesse [Mme de Coulanges] qui veut présentement y être adorée [SÉV., à Coulanges, 1er déc. 1690]
Après sa banqueroute, réfugié au Temple, lieu de franchise alors pour les débiteurs insolvables [MARMONTEL, Mém. VI]
Chevalerie du Temple, ordre des templiers.
Le Temple, dans le langage de la franc-maçonnerie, le lieu où se réunissent les francs-maçons.
Fig. et poétiquement, temple de Mémoire, ou, simplement, temple, souvenir qui reste des grandes œuvres ou des grandes actions (on met une majuscule à Mémoire).
Celle à qui dans mes vers, sous le nom de Nérée, J'allais bâtir un temple éternel en durée [MALH., VI, 25]
J'irais plus haut peut-être au temple de Mémoire, Si, dans un genre seul, j'avais usé mes jours [LA FONT., Poésies mêlées, LXIX.]
Être inscrit au temple de Mémoire, avoir immortalisé son nom.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Il viola le temple Salomon [, Ch. de Rol. CXVII]
  • XIIe s.
    Cist temples [est], cum li huem, senz honor [, Machab. I, 2]
    Puis entrad li poples de la terre el temple Baal, e destruisirent les altels.... [, Rois, p. 288]
  • XIIIe s.
    L'en avoit ordenné que le Temple [les chevaliers du Temple] feroit l'avant-garde, et le comte d'Artois auroit la seconde bataille après le Temple [JOINV., 224]
  • XIVe s.
    Ainssin fasoit Girars : es bons prenoit exemple, à Dieu s'estudioit de son cuer [cœur] faire temple [, Girart de Ross. v. 2995]
  • XVe s.
    Pour les laiz [laïques] et ceuls du temple [ecclésiastiques] [R. DESCH., Poésies mss. f° 46]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. temple ; espagn templo ; ital. tempio ; du lat. templum, qui est le même que le grec, couper : proprement, lieu coupé par deux lignes d'orientation que les augures traçaient pour leurs observations.

TEMPLE2

(tan-pl') s. f.
Outil de charron.
Instrument pour tenir l'étoffe tendue sur le métier.
Pour diriger la largeur de la toile, l'ouvrier se sert d'un instrument appelé temple, qui est une petite règle de bois ayant des dents ou hoches en forme de crémaillère, [, Dict. des arts et mét, Tisserand]
On dit aussi templu.
Les temples ou templus [, Tarif des douanes, 1869 p. 140]
Au plur.Terme de pêche. Perches horizontales qui servent à construire les bourdigues.

temple

TEMPLE. n. m. Édifice public consacré au culte de la divinité. Les temples du vrai Dieu. Les temples du Dieu vivant. Les temples des faux dieux. Le temple de Delphes, d'Éphèse. Le temple de Jupiter, de Janus. Dédier, consacrer un temple. Profaner un temple.

En termes poétiques, Son nom est écrit dans le temple de la Gloire, au temple de Mémoire, Il est assuré d'une renommée immortelle.

En termes religieux, Les vrais chrétiens sont des temples vivants, les temples du Saint-Esprit, Dieu, le Saint-Esprit est en eux.

TEMPLE se dit absolument et par excellence du Temple que Salomon bâtit à Jérusalem par ordre de Dieu. Le parvis du temple. Le portique, le pinacle du temple. La destruction du temple.

Il se dit aussi absolument des Lieux où demeuraient, en certaines villes, les chevaliers nommés Chevaliers du Temple ou Templiers. Il logeait au Temple à Paris. Louis XVI et la famille royale furent enfermés au Temple. Le faubourg du Temple.

Il se dit particulièrement des Lieux où les protestants s'assemblent pour l'exercice de leur religion.

Il se dit quelquefois des Églises catholiques, mais seulement en termes poétiques et dans le style soutenu.

temple

Temple, m. penac. Est le mesmes que Eglise, AEdes aedis, Templum Duquel mot Latin, le François l'a prins.

Piller le temple, Fanum spoliare.

Un temple où il y avoit lieu à laver les mains, Delubrum.

Un temple duquel on n'avoit rien osté, Integrum templum omni opere.

Temple qu'on a rempli d'odeurs, Templum odoratum.

Il a pleu pierres sur le temple, Templum lapidatum est.

Qui avoit la superintendence et charge de l'estat des temples, et autres publiques edifices de la ville, Un voyer, AEdilis.

Devant le temple de Juppiter, Pro aede Iouis.

temple


TEMPLE, s. m. [Tanple: 1re lon. 2e e muet.] Édifice public consacré aux exercices de Religion. Église en parlant des catholiques, est plus générique, et il est de tous les styles. Temple ne se dit que dans le discours soutenu. En parlant~ des Païens et des Protestans, on dit temple; et quand on dit ce mot absolument, on l'entend du Temple que Salomon bâtit à Jérusalem. "Le parvis, le portique, le pinacle du Temple.
   Jusque dans ton Saint Temple ils viennent te braver;
   Ils traitent d'insensé le peuple qui t'adore.
       Athalie.
= Fig. on dit que les Fidèles en état de grâce sont les temples vivans du St. Esprit. "Tout homme, qui rentrera en lui-même, y trouvera des traces de la Divinité; et se regardant comme un temple, où les Dieux ont placé son âme pour être leur image, il ne se permettra que des sentimens, des actions, qui répondent à la dignité de leur présent. D'OLIV. Pens. de Cic. = Poétiquement on dit qu'un nom est écrit dans le temple de la gloire; ou, au temple de mémoire. Ces expressions comencent à devenir triviales.
   TEMPLE, s. f. Voy. TEMPE. Vaugelas était pour le premier et condamnait le 2d: l'Acad. avait dabord mis l'un et l'aûtre dans son Dictionaire: mais dans ses Observations elle condamna Tempe. Dans les éditions suivantes du Dict. elle se contenta de dire: quelques-uns disent Tempe. Dans la dern. édit. elle ne met que celui-ci.

Traductions

temple

Tempeltempletempel, bedehuis, godshuis, kerkהיכל (ז), מקדש (ז), מִקְדָּשׁtempeltempeltemplotemplo, iglesia寺, 寺院delubrum, fanum, templumtemplotempelναόςمَعْبَدchrámtemppelihramtempio신전tempelświątyniaхрамวัดtapınakđền庙宇Храм (tɑ̃pl)
nom masculin
1. lieu de culte un temple grec
2. lieu de culte des protestants aller au temple

temple

[tɑ̃pl] nm
(RELIGION) (antique)temple; (protestant)church
(fig)temple
Cette cave était un temple du jazz il y a cinq ans → This cellar was a temple of jazz five years ago.