terreur

terreur

n.f. [ lat. terror, de terrere, épouvanter ]
1. Peur violente qui paralyse : Cet attentat a semé la terreur effroi, épouvante, frayeur
2. Pratique systématique de violences, de répression, en vue d'imposer un pouvoir autoritaire : Un peuple opprimé par la terreur.
3. Personne ou chose qui inspire une grande peur, que l'on redoute : Cet examinateur est une vraie terreur pour les étudiants. Les interviews sont la terreur de cet acteur.

TERREUR

(tèr-reur) s. f.
Crainte violente que l'on ressent.
Cet Achille de qui la pique Faisait aux braves d'Ilion La terreur que fait en Afrique Aux troupeaux l'assaut d'un lion [MALH., III, 1]
Mais bientôt, malgré nous, leurs princes les rallient, Leur courage renaît, et leurs terreurs s'oublient [CORN., Cid, IV, 3]
La vouloir mettre [la religion] dans l'esprit et dans le cœur par la force et par les menaces, ce n'est pas y mettre la religion, mais la terreur [PASC., Pens. XXIV, 3, éd. HAVET.]
La terreur et la désertion se met dans leurs troupes [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Dans le camp du prince de Condé, on ne connaît point les vaines terreurs qui fatiguent et rebutent plus que les véritables [ID., ib.]
J'ai conçu pour mon crime une juste terreur [RAC., Phèd. I, 3]
Il a répandu sur nos armées un esprit de terreur et de vertige [MASS., Carême, Mot. de conv.]
Vous avez pris de vaines terreurs, lui répondit l'empereur [Alexandre Sévère] [MONTESQ., Esp. XII, 9]
L'auteur a cru remplir par ce moyen un des deux grands objets que les Grecs regardaient comme le but de la tragédie, la terreur [D'ALEMB., Élog. Crébillon.]
[Ce Romain qui menaçait de secouer, en déroulant sa toge, les fléaux de la guerre] il était seul, il tenait en ses mains une grande destinée, il portait la terreur [MIRAB., Collection, t. III, p. 320]
Terreur panique, voy. PANIQUE.
La terreur de quelque chose, la terreur que quelque chose inspire.
La terreur de son nom rendra nos villes fortes [MALH., II, 1]
Et, ce que n'avait pu la terreur du supplice.... [CORN., Hor. v, 3]
En faisant dire à notre conscience : j'ai péché, il y répand avec empire la terreur de ses jugements [BOURDAL., 9e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. III, p. 154]
Si vous ne sentez pas assez toute la terreur et l'étendue de cette vérité, souffrez que je vous en développe les conséquences [MASS., Carême, Tiéd. 2]
Il remplit tout de la terreur de son nom, se dit d'un conquérant dont le nom répand de la terreur partout.
Fig. Objet d'épouvante.
Rodrigue maintenant est notre unique appui.... Le soutien de Castille et la terreur du Maure [CORN., Cid, IV, 2]
Vous avez vu M. de Bâville, la terreur du Languedoc [SÉV., 2 oct. 1689]
Les Gaulois d'Italie, que leurs guerres continuelles et leurs victoires fréquentes rendaient la terreur des Romains [BOSSUET, Hist. I, 8]
Le Parthe, des Romains comme moi la terreur [RAC., Mithr. III, 1]
Son trône [de la Pologne] vacant par la mort d'un roi qui avait été la terreur des infidèles [MASS., Or. fun. Pr. de Conti.]
Un roi [Frédéric II] qui est la terreur des postillons comme de l'Autriche, et qui fait tout en poste [VOLT., Lett. Thiriot, 8 oct. 1743]
Il est la terreur des coupables, se dit d'un juge sévère.
La terreur, se dit absolument de l'époque de la Révolution française pendant laquelle le tribunal révolutionnaire et l'échafaud furent en permanence.
Les hommes sensés n'imputeront jamais à la philosophie les horreurs commises en son nom sous le régime de la terreur [GRÉGOIRE, Instit. Mém. sc. mor. et pol. IV, p. 70]
Les effroyables immolations de la terreur et les stériles agitations du directoire [LANFREY, Hist. de Nap. t. III, ch. 4]
La terreur blanche, se dit des massacres que firent les royalistes dans le Midi après la chute de Robespierre, et en 1815 sous la Restauration.

REMARQUE

  • Terreur, joint aux adjectifs possessifs, se dit de celui qui craint, et non de celui qui est craint : leur terreur signifie la terreur qu'ils ressentent, et non la terreur qu'ils inspirent.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Que il voulsissent de celles terreurs delivrer la chose publique [BERCHEURE, f° 36]
    Une soubdaine terreur [ID., f° 59, verso.]
  • XVIe s.
    Il faut que quelques uns soyent chastiez rudement, à fin que cela apporte terreur aux autres [LANOUE, 106]
    S'appelans les bras de la patrie, les gardiens des armes et la terreur des ennemis [ID., 199]
    Il leur faudroit si peu de bon succès pour mettre en terreur toute la chrestienté, que desja j'apprehende un tel inconvenient [ID., 388]

ÉTYMOLOGIE

  • Prov. et esp. terror ; ital. terrore ; du lat. terrorem, terrere, faire trembler, que les étymologistes rattachent au sanscrit tras, trembler.

terreur

TERREUR. n. f. Émotion profonde causée dans l'âme par la présence, l'annonce, la peinture d'un grand mal ou d'un grand péril; épouvante, crainte violente. Jeter la terreur parmi les ennemis. Répandre, semer la terreur. Faire régner la terreur. Il portait la terreur partout. Être saisi, glacé de terreur. La terreur est au comble. L'idée de la mort lui a causé une terreur salutaire. Il a la terreur de la mort. Inspirer la terreur. L'intérêt de la tragédie se fonde sur la pitié et sur la terreur.

Il remplit tout de la terreur de son nom se dit d'un Conquérant dont le nom imprime la terreur partout.

Terreur panique, Terreur subite, dont on est troublé sans sujet, Il lui prit une terreur panique. Il se répandit une terreur panique dans l'armée.

Régime de terreur politique, Régime qui use d'une rigueur impitoyable et inspire une grande crainte.

La Terreur se dit absolument de l'Époque la plus violente de la Révolution française. Le régime de la Terreur. Il périt pendant la Terreur.

TERREUR se dit, par extension, d'un Objet de crainte, d'épouvante. Ce grand capitaine était la terreur des ennemis. Ce juge est la terreur des coupables.

terreur

Terreur, Terror.

Faire ou donner terreur, Terrere, Terrificare, Territare.

terreur


TERREUR, s. f. [Tè-reur: 1reè moy. prononcez l'r fortement.] Épouvante, grande crainte. "Jeter la terreur parmi les énemis. Porter, répandre la terreur par-tout. "Ce phénomène les remplit de terreur.
   À~ punir les méchans, ta colère fidelle
   Fait marcher devant elle
   La Mort et la Terreur.
       Rousseau.
"Il remplit tout de la terreur de son nom: "Son nom seul imprimait la terreur.
   Vous vous fabriquez-là des terreurs insensées,
   Qu'il faut combatre, au lieu de s'en laisser saisir.
       La Chaussée.
  Écartez des terreurs dont le poids vous aflige.
      Mérope.
Voy. Peur. = Il se dit quelquefois du sujet, de la cause de la terreur. Ainsi l'on dit d'un Juge sévère qu'il est la terreur des Scelérats. "Télémaque étoit déjà la terreur des Dauniens. Télémaque.
   Rem. Terreur, avec les pronoms possessifs, a un sens actif. Il se dit de celui qui craint, qui redoute, et non pas de celui qui est craint, qui est redouté. "Dieu bénit Noé et ses enfans, et imprima leur terreur sur tous les animaux de la Têrre. Dites, les rendit redoutables à, etc. = Leur terreur se dit de la crainte qu'il ont, et non pas de celle qu'ils causent. Bouh. L. T. Wailly. = Rollin a fait la même faûte. Il dit que: "La victoire de Marathon ôta à la puissance Persane cette terreur qui la rendoit si formidable. Hist. Anc. Cela est mal dit; car cette victoire n'ôta pas la terreur aux Perses, mais aux Grecs, qui avoient jusqu'alors si fort redouté les Perses.

Synonymes et Contraires

terreur

nom féminin terreur
Traductions

terreur

Entzetzen, Grauen, Schreck, Schrecken, Terrorterror, dread, alarm, reign of terror, aweschrik, schrikbewind, terreur, angst, ontzetting, schrikkelijkheid, verschrikkingאימה (נ), אימתנות (נ), ביעות (נ), בעתה (נ), זלעפות (ז״ר), חתת (ז), טרור (ז), מגור (ז), מחיתה (נ), פלצות (נ), אֵימָה, טֵרוֹר, פַּלָּצוּתterrorterrorterroreterrorτρομάρα, τρόμος恐怖Terorterrorterror (teʀœʀ)
nom féminin
grande peur semer la terreur

terreur

[teʀœʀ] nfterror no pl