tiède

(Mot repris de tièdes)

1. tiède

adj. [ lat. tepidus ]
D'une chaleur très atténuée : La soupe est tiède insuffisamment chaude doux
adj.
Qui manque d'ardeur, de zèle, de ferveur : Des bravos un peu tièdes chaleureux mou ; fervent
n.
Personne qui manque d'ardeur, d'enthousiasme : Les tièdes et les hésitants enthousiaste
adv.
Boire tiède,
prendre des boissons tièdes.

2. tiède

n.f.
En Suisse, forte chaleur.

TIÈDE

(tiè-d') adj.
En parlant des liquides, qui est entre le chaud et le froid. Un bain tiède.
Tous deux, en la trouvant sans fièvre, Dirent qu'elle prendrait huit jours le lait de chèvre, Et que celui de vache après l'allait guérir, Surtout qu'il ne fallait lui donner que mi-tiède [POISSON, Œuv. diverses, poésies]
Par extension, il se dit d'autre chose que des liquides.
Un certain loup dans la saison Que les tièdes zéphirs ont l'herbe rajeunie [LA FONT., Fabl. v, 8]
Les hivers y sont tièdes, et les rigoureux aquilons n'y soufflent jamais [FÉN., Tél. VIII]
[Crucifix] Dans mes tremblantes mains tu passas, tiède encore De son dernier soupir [LAMART., Médit. II, 22]
Fig.
Mon cœur est tiède encor des feux de ma jeunesse [LAMART., Harm. II, 12]
Fig. Sans action, nonchalant, sans ardeur, sans ferveur.
Fi ! ne me parlez point, pour être vrais amants, De ces gens qui pour nous n'ont nuls emportements, De ces tièdes galants, de qui les cœurs paisibles Tiennent déjà pour eux les choses infaillibles [MOL., Fâch. II, 4]
Ne craignez point.... que ma joie se refroidisse ; elle a un fond si chaud qu'elle ne peut être tiède [SÉV., 5 févr. 1674]
Je résolus de vous écrire des lettres tièdes et languissantes, pour jeter dans l'esprit de celle à qui vous les donniez, que l'on cessait de vous aimer [LA FAY., Princ. Clèves, Œuv. compl. t. II, p. 118, dans POUGENS]
Ce zèle avec lequel elle animait les âmes les plus tièdes à secourir le prochain [FLÉCH., Mme d'Aiguillon.]
Ah ! si j'étais secondé ! mais les frères sont tièdes, les frères ne sont point rassemblés [VOLT., Lett. Damilaville, 6 juill. 1764]
On est bien tiède aujourd'hui à Paris sur l'intérêt public ; on va à l'Opéra Comique le jour qu'on brûle le chevalier de la Barre, et qu'on coupe la tête à Lalli [ID., Lett. Chabanon, 7 août 1769]
Vous pouvez juger si, se sentant prête à les quitter [ses enfants], ses caresses furent tièdes et modérées [J. J. ROUSS., Hél. VI, 11]
Communion tiède, celle qui se fait avec peu de préparation et sans dévotion. Substantivement, en parlant des personnes.
Mais le lâche et le tiède a douleur sur douleur, Et voit fondre sur lui tout ce qu'il appréhende [CORN., Imit. I, 25]
Votre zèle est égal à votre raison ; je hais les tièdes [VOLT., Lett. Damilaville, 15 mars 1765]
[L'archevêque Mailly] jaloux de la considération dont jouissait le cardinal de Noailles, entreprit de se distinguer dans le parti opposé, et y laissa bientôt derrière lui les plus fanatiques qu'il appelait les tièdes [DUCLOS, Œuv. t. v, p. 424]
L'enfer des tièdes, par allusion au passage de l'Enfer de Dante, III, où il place ceux qui ne sont ni pour Dieu ni pour le diable.
Adverbialement. Boire tiède

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    ... Et de vin teve Les plaies que il a lui leve [lave] [, Bi. et Jehan, 4437]
    Prendés un drapiel, si le molliés en ewe tieve [ALEBRANT, f° 14]
  • XIVe s.
    Laissier refroidier jusques à tiedc [, Ménagier, II, 5]
  • XVIe s.
    Cela maintenoit les deux parties en ardeur et appetit de nouveaux amoureux, non tiedes, ne languissans [AMYOT, Lyc. 28]
    Vous avez trop d'esgard, de conseil, de sagesse ; Mon humeur n'est pas propre à si tiede maistresse [DESPORTES, Élég. II, 1]

ÉTYMOLOGIE

  • Poitou, tude ; prov. tebe ; catal. tebi espagn. tibio ; ital. tepido, tiepido ; du lat. tepidus, tiède, tepor, chaleur ; sanscr. tapas, chaleur. On remarque que les formes romanes en v ou b font abstraction du d et gardent le p ; c'est l'inverse pour le français tiède.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • TIÈDE. - HIST. Ajoutez : XIIe s.
    Ce ke il [Hély] encontre les visces de ses sogez fut teddes, enarst [s'alluma] sor lui la destrenzons del parmanable governeor [, li Dialoge Gregoire lo pape, 1876, p. 367]

tiède

TIÈDE. adj. des deux genres. Qui est entre le chaud et le froid. De l'eau tiède. Un bain tiède. Un vent tiède. Un corps encore tiède.

Il signifie, au figuré, Qui manque d'ardeur, de ferveur, de zèle. Un amant tiède. Une dévotion tiède. Je l'ai trouvé bien tiède sur cette affaire. Il est devenu bien tiède pour ses amis.

Il s'emploie substantivement en ce sens. Les tièdes ne sont pas agréables à Dieu.

tiede

Tiede, qui n'est ne chaud ne froid, Tepidus, Egelidus.

Estre tiede, Tepere.

Tieder ou faire tiede, Tepidare, Tepefacere.

tiède


TIèDE, adj. TIèDEMENT, adv. TIÉDEUR, s. f. TIÉDIR, v. n. [Tiè-de, de-man; tiè-deur, di: 1re è moy. aux 2 prem. é fer. aux deux dern. 2e e muet au 1er et au 2d.] Tiède, qui est entre le chaud et le froid. Il se dit au propre et au figuré "De l'eau tiède. "Un ami, une amitié, une dévotion tiède. = Tièdement ne se dit qu'au figuré: avec nonchalance. "Il sert ses amis comme il sert Dieu, fort tièdement. = Tiédeur, qualité de ce qui est tiède. "Cette eau a encôre quelque tiédeur. = Fig. Défaut d'activité et de ferveur. "Servir Dieu, ou, ses amis, remplir ses devoirs avec tiédeur. "La tiédeur dans le service de Dieu est un état dangereux. = Tiédir, devenir tiède: "Faire, laisser, tiédir de l'eau. Voy. ATTIÉDIR. Il ne se dit qu'au propre.

Synonymes et Contraires

tiède

adjectif tiède
1.  Qui est à une température moyenne.

tiède

nom tiède
Personne qui manque d'ardeur.
Traductions

tiède

lukewarm, tepid, mildlauw, zoel, mild, zonder ijver, luwחמים (ת), פושר (ת), חָמִיםlunkenlauwarm, lauvarmetatibiotiepido, tepidomorno, tépidoljum, ljummenχλιαρόςفَاتِرvlažnýhaaleamlakなまぬるい미지근한lunkenletniтеплыйอุ่นılıkâm ấm温热的 (tjɛd)
adjectif
de température moyenne eau tiède

tiède

[tjɛd]
adj
[boisson, plat] (désagréablement)lukewarm, tepid; (agréablement)warm
[eau, bain] → tepid, lukewarm
[accueil, sentiment] → lukewarm
[vent, air] → warm
adv
boire qch tiède → to drink sth lukewarm