tolérance

(Mot repris de tolerance)

tolérance

n.f.
1. Respect des manières de penser, d'agir d'autrui, même si on ne les partage pas : Faire preuve de tolérance à l'égard de qqn compréhension, libéralisme ; intolérance, intransigeance, sectarisme
2. Liberté limitée au regard d'une règle, d'une norme : Les tolérances grammaticales et orthographiques se trouvent en annexe dans cet ouvrage.
3. Aptitude d'un organisme à supporter les effets d'un agent extérieur : La tolérance aux nuisances sonores résistance
Maison de tolérance,
Anc. établissement de prostitution qui était toléré par la loi.

TOLÉRANCE

(to-lé-ran-s') s. f.
Condescendance, indulgence pour ce qu'on ne peut pas ou ne veut pas empêcher.
Leurs premiers succès que j'ai favorisés par ma tolérance [BALZ., liv. v, lett. 10]
Notre surprise.... ne cessa que pour faire place à l'étonnement que nous donna la tolérance de cette proposition [de mariage] par Mlle d'Alerac [SÉV., 15 août 1685]
Sans vouloir examiner si on ne pourrait pas soutenir qu'en effet il [David] était roi de droit, et que Saül ne régnait que par tolérance [BOSSUET, 5e avert. 28]
Qu'est-ce que la tolérance ? c'est l'apanage de l'humanité ; nous sommes tous pétris de faiblesse et d'erreurs ; pardonnons-nous réciproquement nos sottises, c'est la première loi de nature [VOLT., Dict. phil. Tolérance, I]
L'amitié doit avoir infiniment plus de tolérance que l'amour [GENLIS, Vœux téméraires, t. III, p. 21, dans POUGENS]
En matière de religion, tolérance théologique ou ecclésiastique ou religieuse, la condescendance qu'on a les uns pour les autres touchant certains points qui ne sont pas regardés comme essentiels à la religion. L'Église latine a toujours usé de tolérance pour l'Église grecque sur le mariage des prêtres. Tolérance civile, la permission qu'un gouvernement accorde de pratiquer d'autres cultes que le culte reconnu par l'État.
La tolérance civile, c'est-à-dire l'impunité accordée par le magistrat à toutes les sectes.... est liée nécessairement avec la tolérance ecclésiastique [BOSSUET, 6e avert. III, 11]
Au point de vue philosophique, admission du principe qui oblige à ne pas persécuter ceux qui ne pensent pas comme nous en matière de religion.
Si vous souffrez l'erreur qui attaque ces deux attributs divins [la spiritualité et l'immutabilité], de l'un à l'autre on vous poussera sur tous les points ; et, dussiez-vous en périr, il vous faudra avaler tout le poison de la tolérance [BOSSUET, 6e avert. 109]
Introduire parmi eux la confusion de Babel et l'indifférence des religions sous le nom de tolérance [ID., 1re instr. past. 19]
Comme il s'y déclarait ouvertement pour la tolérance universelle, décidant nettement qu'on avait eu tort de brûler Servet [, Note de la lett. 73 de BAYLE, du 24 févr. 1689, t. I, p. 255]
Je ne crois pas que je parvienne jamais à faire établir de mon vivant une tolérance entière en France ; mais j'en aurai du moins jeté les premiers fondements [VOLT., Lett. Mariott, 28 mars 1766]
L'esprit de tolérance commence enfin à s'introduire chez les Français, qui ont passé longtemps pour aussi volages que cruels [ID., Serm. Josias Rossette.]
La tolérance est aussi nécessaire en politique qu'en religion ; c'est l'orgueil seul qui est intolérant [ID., Pol. et lég. Idées républ. 51]
La douceur de ce gouvernement [Hollande] et la tolérance de toutes les manières d'adorer Dieu, dangereuse peut-être ailleurs, mais là nécessaire, peuplèrent la Hollande d'une foule d'étrangers [ID., Mœurs, 187]
Je ne viens pas prêcher la tolérance ; la liberté la plus illimitée de religion est, à mes yeux, un droit si sacré, que le mot tolérance, qui voudrait l'exprimer, me paraît, en quelque sorte, tyrannique lui-même, puisque l'autorité qui tolère pourrait ne pas tolérer [MIRABEAU, Collection, t. II, p. 61]
Disposition de ceux qui supportent patiemment des opinions opposées aux leurs.
Or connaissez-vous en France Certain couple sauvageon, Prisant peu la tolérance, Messieurs La Harpe et Naigeon ? [M. J. CHÉN., les Deux missionnaires.]
Maison de tolérance, se dit, à la police de Paris, d'une maison de prostitution.
Terme de monnayage. Ce que la loi permet de donner aux monnaies d'or et d'argent en plus ou en moins que le titre ou le poids réel.
La tolérance de titre en dessus ou en dessous du titre droit de 900 millièmes est de 2 millièmes pour les pièces d'or comme pour les pièces d'argent ; la tolérance de poids en dessus ou en dessous est également de 2 millièmes pour les pièces d'or ; quant aux pièces d'argent, elle est de 3 millièmes pour celles de 5 francs et plus forte pour celles de moindre valeur [LEGOARANT, ]
Différence que la loi tolère dans le poids légal des denrées (pain, viande, etc.). S. f. plur. Limites en plus ou en moins, dans les proportions ou dimensions d'armes, de projectiles ou autres objets.
Terme de médecine. Faculté qu'ont les malades de supporter certains remèdes. Au bout de quelques doses la tolérance pour le tartre stibié s'établit d'ordinaire.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Par tolérance [ORESME, Thèse de MEUNIER.]
  • XVIe s.
    Ce precepte qui ordonne un maintien desdaigneux et posé à la tollerance des maulx [MONT., III, 199]
    La matiere des Estats estoit la tolerance ou non tolerance de deux religions [D'AUB., Hist. II, 236]
    L'Escriture loue les saints de tolerance, quand ils sont tellement affligez de la dureté de leurs maux, qu'ils n'en sont pas rompus pour deffaillir [CALV., Instit. 555]
    Le chancelier de l'Hospital fist permettre par tollerance aux ministres de faire presches publicques [CONDÉ, Mém. p. 609]

ÉTYMOLOGIE

  • Prov. tolleransa ; esp. tolerancia ; ital. tolleranza ; du lat tolerantia, de tolerare, tolérer.

tolérance

TOLÉRANCE. n. f. Condescendance, indulgence, action de supporter ce qu'on ne peut empêcher ou qu'on croit ne devoir pas empêcher. Longue tolérance. Ce n'est pas un droit, c'est une tolérance. Il ne jouit de cela que par tolérance. Il n'en jouit que par la tolérance de ceux qui le pourraient empêcher. User de tolérance.

En termes d'Administration, Maison de tolérance, Maison de prostitution.

TOLÉRANCE s'emploie particulièrement en matière de religion et se dit de l'Action de supporter des idées, des sentiments différents des nôtres. Pratiquer la tolérance. Voltaire a été l'apôtre de la tolérance.

Tolérance théologique ou religieuse, Condescendance qu'on a les uns pour les autres, touchant certains points qui ne sont pas regardés comme essentiels à la religion. L'Église latine a toujours usé de tolérance pour l'Église grecque sur le mariage des prêtres. La tolérance est prescrite aux théologiens touchant les opinions des diverses écoles.

Tolérance civile, Permission qu'un gouvernement accorde de pratiquer, dans l'État, d'autres religions que celles qui y sont établies, reconnues par les lois, pratiquées par le plus grand nombre des citoyens. La tolérance civile est quelquefois restreinte à certains cultes, à certaines croyances. Tolérance générale, universelle. Édit de tolérance.

TOLÉRANCE, en termes de Monnayage, se dit de Ce que la loi permet de donner aux monnaies d'or et d'argent en plus ou en moins que le titre ou le poids réel.

En termes d'Administration et d'Arts, il se dit de Certains écarts tolérés dans la dimension, la quantité, etc., des marchandises fournies.

Synonymes et Contraires

tolérance

nom féminin tolérance
2.  Attitude bienveillante.
Traductions

tolérance

tolerance, toleration, sufferance, respect, forbearanceהעלמת עין (נ), נסבלות (נ), סובלנות (נ), עצימת עניים (נ), תסבולת (נ), סוֹבְלָנוּתverdraagzaamheid, (het) dulden, toestaanToleranzανοχήtolleranzatolerancetolerancetolerans (tɔleʀɑ̃s)
nom féminin
respect des opinions des autres

tolérance

[tɔleʀɑ̃s] nf
(= ouverture, indulgence) → tolerance
(hors taxe)allowance
tolérance zéro nfzero tolerance