tonner

(Mot repris de tonnantes)

tonner

v. impers. [ lat. tonare ]
En parlant du tonnerre, faire du bruit : Il tonne au loin.
v.i.
1. Produire un bruit semblable à celui du tonnerre : Le canon tonne gronder
2. Protester vivement contre ; parler d'une voix retentissante ; tonitruer : Le syndicaliste tonne contre les licenciements fulminer, tempêter

tonner


Participe passé: tonné
Gérondif: tonnant

Indicatif présent
je tonne
tu tonnes
il/elle tonne
nous tonnons
vous tonnez
ils/elles tonnent
Passé simple
je tonnai
tu tonnas
il/elle tonna
nous tonnâmes
vous tonnâtes
ils/elles tonnèrent
Imparfait
je tonnais
tu tonnais
il/elle tonnait
nous tonnions
vous tonniez
ils/elles tonnaient
Futur
je tonnerai
tu tonneras
il/elle tonnera
nous tonnerons
vous tonnerez
ils/elles tonneront
Conditionnel présent
je tonnerais
tu tonnerais
il/elle tonnerait
nous tonnerions
vous tonneriez
ils/elles tonneraient
Subjonctif imparfait
je tonnasse
tu tonnasses
il/elle tonnât
nous tonnassions
vous tonnassiez
ils/elles tonnassent
Subjonctif présent
je tonne
tu tonnes
il/elle tonne
nous tonnions
vous tonniez
ils/elles tonnent
Impératif
tonne (tu)
tonnons (nous)
tonnez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais tonné
tu avais tonné
il/elle avait tonné
nous avions tonné
vous aviez tonné
ils/elles avaient tonné
Futur antérieur
j'aurai tonné
tu auras tonné
il/elle aura tonné
nous aurons tonné
vous aurez tonné
ils/elles auront tonné
Passé composé
j'ai tonné
tu as tonné
il/elle a tonné
nous avons tonné
vous avez tonné
ils/elles ont tonné
Conditionnel passé
j'aurais tonné
tu aurais tonné
il/elle aurait tonné
nous aurions tonné
vous auriez tonné
ils/elles auraient tonné
Passé antérieur
j'eus tonné
tu eus tonné
il/elle eut tonné
nous eûmes tonné
vous eûtes tonné
ils/elles eurent tonné
Subjonctif passé
j'aie tonné
tu aies tonné
il/elle ait tonné
nous ayons tonné
vous ayez tonné
ils/elles aient tonné
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse tonné
tu eusses tonné
il/elle eût tonné
nous eussions tonné
vous eussiez tonné
ils/elles eussent tonné

TONNER

(to-né) v. n.
Retentir, en parlant du bruit de la foudre. Il a tonné cette nuit.
Où se forge la foudre, il ne tonne jamais [BERNIS, Relig. veng. v.]
Il s'emploie impersonnellement en cette acception.
Faire entendre, faire éclater le tonnerre.
Verras-tu concerter à ces âmes tragiques Leurs funestes pratiques, Et tonneras-tu point sur leur impiété ? [MALH., VI, 26]
Quoi ! dira-t-on, ce grand Dieu qui déracine par son souffle les cèdres du Liban, tonne pour abattre les feuilles des arbres ? [BOSSUET, la Vallière.]
Dieu tonne du plus haut des cieux, et la Pologne est délivrée [ID., Anne de Gonz.]
Pour moi qu'en santé même un autre monde étonne, Qui crois l'âme immortelle, et que c'est Dieu qui tonne [BOILEAU, Sat. I]
Il [Boileau] croit que c'est Dieu qui tonne ; mais il tonne comme il grêle, comme il envoie la pluie et le beau temps, comme il opère, comme il fait tout ; ce n'est point parce qu'il est fâché qu'il envoie le tonnerre et la pluie [VOLT., Dict. phil. Tonnerre, 1]
Fig.
Dans ce moment encor le fils de Jupiter A fait sur moi des dieux tonner l'ordre suprême [DELILLE, Én. IV]
On n'entendrait pas Dieu tonner, se dit en parlant d'un très grand bruit dont on est assourdi.
Dieu pour s'y faire ouïr tonnerait vainement [BOILEAU, Sat. VI]
Fig. Tonner sur les choux, exercer sa force, son autorité sur ce qui est sans résistance.
[Un jeune diable... ] Et qui n'avait encor tonné que sur les choux [LA FONT., Papef.]
Par analogie. Faire un bruit semblable à celui du tonnerre.
Cent pièces de canon tonnèrent sur elle à son arrivée [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Ces foudres de bronze que l'enfer a inventées pour la destruction des hommes tonnaient de tous côtés [FLÉCH., Turenne.]
Peindre Bellone en feu tonnant de toutes parts [BOILEAU, Sat. IX]
Fig. Parler, s'élever avec beaucoup de véhémence contre quelqu'un, contre quelque chose.
Le P. Bourdaloue tonne à Saint-Jacques de la Boucherie [SÉV., à Bussy, 27 févr. 1679]
Celui-là sera d'un naturel doux, ennemi du trouble et de l'injustice : tonnez tant qu'il vous plaira, ô divin Sauveur, contre les rapines et les violences, il applaudira à votre doctrine [BOSSUET, Serm. Soumission à la parole, 2]
La Discorde, qui voit leur honteuse disgrâce, Dans les airs cependant tonne, éclate, menace [BOILEAU, Lutr. III]
Il harangue le peuple, il tonne contre vous [LEGOUVÉ, Épichar. et N. IV, 7]
Montre-moi cette Athènes Où méditait Platon, où tonnait Démosthènes [DELILLE, Imag. IV]
C'est Mirabeau tonnant contre la cour ; Sa voix nous crie : encore une bastille [BÉRANG., 14 juill.]

PROVERBE

    Quand il tonne en avril, le laboureur se réjouit.
Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    E sur els [les méchants] es ciels tonerad li sire [, Liber psalm. p. 236]
    Nus [nul] hom de char n'i oïst Deu tonant [, Ronc. p. 156]
  • XIIIe s.
    Il espartoit [éclairait] forment, et durement tonna [, Berte, XX]
  • XVIe s.
    Il disoit que jamais sa femme ne l'embrassoit, sinon quand il tonnoit bien fort, et pour ce avoit il accoustumé de dire en se jouant, qu'il estoit bien heureux quand Jupiter tonnoit [AMYOT, Cat. 35]
    Et ouit incontinent tout à l'entour bruire et tonner un grand nombre de tabourins [ID., Crass. 50]
    Après qu'il eut beaucoup tonné, il failloit qu'il pleust, qu'il greslast, voire qu'il foudroiast pour descharger le temps [BONIVARD, Anc. et nouv. police de Genève, p. 48]
    Tant tonne qu'il pleut [LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 134]
    Quand il tonne en mars, nous pouvons dire helas [COTGRAVE, ]
    Tout ce que tonne ne nous estonne [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç, et espagn. tronar ; portug. troar ; ital. tuonare ; du lat. tonare, que les étymologistes rattachent au sanscrit stan, tonner.

tonner

TONNER. v. intr. Faire éclater le tonnerre. Jupiter se mit à tonner.

Fig., C'est un bruit si grand qu'on n'entendrait pas Dieu tonner se dit en parlant d'un Très grand bruit, d'un bruit qui assourdit.

TONNER s'emploie surtout impersonnellement. Il n'a fait qu'éclairer et tonner toute la nuit. Il tonne souvent dans cette région.

Il signifie, par extension, Faire entendre un bruit retentissant comme le tonnerre. L'artillerie commençait à tonner. Le canon tonne.

Il signifie aussi, figurément, Parler contre quelqu'un ou quelque chose avec beaucoup de force et de véhémence. Ce prédicateur a tonné contre l'ambition, l'avarice, le luxe. Tonner du haut de la tribune.

tonner

Tonner, Tonare, Intonare.

Tonner d'enhaut, Superintonare.

tonner


TONNER, TONNERRE; voyez TONNANT

Synonymes et Contraires

tonner

verbe intransitif tonner
Produire un grondement sourd.
gronder, rouler -littéraire: retentir.

tonner

verbe transitif indirect tonner
Traductions

tonner

donnernthunder, boombulderen, donderen, daveren, uitvaren (tegen)הרעים (הפעיל), רעם (פ'), הִרְעִיםtronartordnetondritronartuonare, rintronare, tonareatroar, ribombar, trovejartunaгреметьμπουμπουνίζω (tɔne)
verbe impersonnel
le tonnerre se fait entendre

tonner

[tɔne]
vi
[canon] → to thunder
[personne] tonner contre qn/qch → to inveigh against sb/sth
vb impers
il tonne → it's thundering