tordre

(Mot repris de tordants)

tordre

v.t. [ du lat. torquere, tourner, tourmenter ]
1. Déformer en pliant, en courbant, en tournant sur soi-même : Il a tordu le clou en l'enfonçant. Tordre du linge pour l'essorer.
2. Tourner plus ou moins violemment un membre, une partie du corps : Elle a tordu le bras à son agresseur pour le désarmer.
3. Donner à qqn la sensation d'une crispation au niveau d'un organe : Ces brûlures lui tordent l'estomac.
Tordre le cou,
Fam. tuer qqn, un animal ; réduire à néant : Tordre le cou aux idées reçues.

se tordre

v.pr.
1. Imprimer à son corps des mouvements de contorsion sous l'effet de la douleur : Ils se sont longtemps tordus de douleur.
2. Faire un faux mouvement qui plie violemment une articulation : Elle s'est tordu la cheville.
3. Se déformer : La tige s'est tordue sous le poids.
4. Fam. Rire sans retenue : Elle s'est tordue de rire ou s'est tordue en les voyant.

tordre


Participe passé: tordu
Gérondif: tordant

Indicatif présent
je tords
tu tords
il/elle tord
nous tordons
vous tordez
ils/elles tordent
Passé simple
je tordis
tu tordis
il/elle tordit
nous tordîmes
vous tordîtes
ils/elles tordirent
Imparfait
je tordais
tu tordais
il/elle tordait
nous tordions
vous tordiez
ils/elles tordaient
Futur
je tordrai
tu tordras
il/elle tordra
nous tordrons
vous tordrez
ils/elles tordront
Conditionnel présent
je tordrais
tu tordrais
il/elle tordrait
nous tordrions
vous tordriez
ils/elles tordraient
Subjonctif imparfait
je tordisse
tu tordisses
il/elle tordît
nous tordissions
vous tordissiez
ils/elles tordissent
Subjonctif présent
je torde
tu tordes
il/elle torde
nous tordions
vous tordiez
ils/elles tordent
Impératif
tords (tu)
tordons (nous)
tordez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais tordu
tu avais tordu
il/elle avait tordu
nous avions tordu
vous aviez tordu
ils/elles avaient tordu
Futur antérieur
j'aurai tordu
tu auras tordu
il/elle aura tordu
nous aurons tordu
vous aurez tordu
ils/elles auront tordu
Passé composé
j'ai tordu
tu as tordu
il/elle a tordu
nous avons tordu
vous avez tordu
ils/elles ont tordu
Conditionnel passé
j'aurais tordu
tu aurais tordu
il/elle aurait tordu
nous aurions tordu
vous auriez tordu
ils/elles auraient tordu
Passé antérieur
j'eus tordu
tu eus tordu
il/elle eut tordu
nous eûmes tordu
vous eûtes tordu
ils/elles eurent tordu
Subjonctif passé
j'aie tordu
tu aies tordu
il/elle ait tordu
nous ayons tordu
vous ayez tordu
ils/elles aient tordu
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse tordu
tu eusses tordu
il/elle eût tordu
nous eussions tordu
vous eussiez tordu
ils/elles eussent tordu

TORDRE

(tor-dr') , je tords, tu tords, il tord, nous tordons, vous tordez, ils tordent ; je tordais ; je tordis ; je tordrai ; je tordrais ; tords, qu'il torde, tordons ; que je torde, que nous tordions ; que je tordisse ; tordant, tordu v. a.
Tourner un corps long et flexible par les deux bouts en sens contraire, ou par un seul bout, l'autre étant fixe. Tordre du fil, un lien.
L'une, penchée vers la surface de l'eau, y trempe son linge ; l'autre, accroupie, le tord [DIDER., Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 199. dans POUGENS]
L'homme est sur un flot qui gronde, L'ouragan tord son manteau [V. HUGO, Voix, 17]
Fig.
Pressez-les, tordez-les, ils dégouttent l'orgueil, l'arrogance, la présomption [LA BRUY., VIII]
Qui te tordrait le nez, il en sortirait encore du lait (Comédie des Prov. III, 7, XVIIe siècle), se dit par moquerie à un jeune homme, à un blanc-bec, qui se mêle de choses dont son âge le rend incapable. Populairement. Ne faire que tordre et avaler, manger très avidement, avaler presque sans mâcher.
Tordre de la laine, de la soie, du fil, tourner à la main, au rouet ou au moyen d'une machine, plusieurs brins pour n'en former qu'un seul. Attacher ces matières sur une cheville, et en rouler plusieurs écheveaux ensemble Tordre le câble, joindre en un les cordons qui doivent le composer.
Tourner violemment, en parlant d'un membre.
Finissez donc, monsieur, vous me tordez le bras [BEAUMARCH., Barb. de Sév. II, 11]
Tordre le cou, faire mourir en tournant le cou.
Voit son faucon, lui tord le cou, le plume [LA FONT., Fauc.]
Si je résiste, il me tordra le cou [HAUTEROCHE, Esp. foll. v, 10]
Tout ce qui restait de la Ligue à Paris ne publia-t-il pas que le diable avait tordu le cou à la belle Gabrielle d'Estrées ? [VOLT., Pol. et lég. Avis au public, exemples.]
Se tordre les bras, les mains, tordre à soi les bras, les mains, dans un excès de passion, de douleur.
Échevelée, étendue sur le cercueil de son amie, se tordant les mains [DIDER., Él. de Richardson.]
Se roulant par la chambre en se tordant les mains et mordant les pieds des chaises [J. J. ROUSS., Hél. VI, 11]
Tourner de travers.
Je leur remontrerai, en penchant le cou et en tordant la bouche, que tu as une opinion erronée sur les cellules où furent renfermés les Septante [VOLT., Dict. phil. Persécution.]
Et de bals où il a dansé en bâillant à se tordre la bouche [D'ALEMB., Lett. au roi de Pr. 19 déc. 1768]
Fig. Détourner de sa signification naturelle un texte.
Avouez la vérité, monseigneur : on aimerait mieux s'être expliqué plus précisément, et employer son esprit à bien définir les mots pour parler conséquemment, que de les tordre après coup pour se sauver comme on peut [BOSSUET, Réponse à quatre lettres, 1]
L'Écriture se laissait tordre et violenter à qui le voulait [ID., Var. v, 22]
Ils tordent une phrase d'Hippocrate pour faire accroire que les Grecs connaissaient la circulation du sang mieux que Harvey [VOLT., Dict. phil. Système.]
Tordre le sens d'un auteur, d'un passage, lui donner une interprétation fausse et forcée.
Se tordre, v. réfl. Agiter son corps en le tournant en sens contraire. Un ver qui se tord.
Je vous assure que j'aurais crié plus d'une fois, au lieu qu'il a fallu soupirer, se mordre les lèvres et se tordre [DIDER., Lett. à Mlle Voland, 25 oct. 1761 Satan boit, et, pris de colique, Il jure, il grimace.]
il se tord [BÉRANG., Mort du diable.]
Connaître un pas qu'on aime et que jaloux on suit, Rêver le jour, brûler et se tordre la nuit [V. HUGO, Feuilles d'aut. 18]
Rire à se tordre, rire extrêmement.
Devenir contourné. Cette branche s'est toute tordue.
Ses yeux, remplis d'un feu sombre, roulaient avec égarement, sa bouche se tordait [VOLT., Facéties, appar. Bertier.]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Et cil va la robe [mouillée] tordant, Qui entour le comte ot esté [, Bl. et Jeh. 2748]
    La male passion le torde ! [, Ren. 884]
    Et aus vieilletes [vieilles femmes] vont les mameles torgant [, Chans. d'Ant. II, 38]
    La descordance acordent des maux que recordons, En lor lit se descordent por ce que nos tortons [RUTEB., 181]
    Ses puins et ses caveus [cheveux] torjant [, Ms de poés. franç. av. 1300, t. IV, p. 1354, dans LACURNE]
  • XIVe s.
    Se tu ne pues souder la voine ou l'artere [blessées] pour aucun empeschement, donc te convient il la voine tirer ou l'artere hors de son lieu, et tortre le bout, ou ardre à ung fer chault [LANFRANC, f° 14, verso.]
  • XVe s.
    Qui lors vit hommes et femmes et les enfans d'iceux pleurer et tordre leurs mains.... il n'est si dur cœur qui n'en eust pitié [FROISS., I, I, 321]
    Et heurterent de la chasse du dit sainct contre une maison..., et ilz dirent que ledit sainct vouloit passer par la maison sans se tordre [se détourner], et en ung mouvement l'abbatirent [COMM., II, 4]
    Cy le traie [qu'elle tire son enfant] du puis et le couche à terre, puis die en tuertant ses mains : hareu ! lasse ! filz, tu es mort [, Mir. de sainte Genevieve]
  • XVIe s.
    Panurge tordoyt la gueulle et retiroyt les doigtz [RAB., Pant. II, 29]
    Je tors bien plus volontiers une belle sentence, pour la coudre sur moy, que je ne tors mon fil pour l'aller querir [MONT., I, 191]
    Quelqu'un des siens luy tord le col [ID., I, 130]
    S'efforceans ordinairement de redresser la commune quand elle se tord [AMYOT, Lucull. et Cimon, 5]
    Les Atheniens ne tiroient que dards, flesches et traicts, dont le branlement des vaisseaux tordoit et empeschoit le droit fil [ID., Nicias, 45]
    Les curieux sont subjects à tordre le col et se retourner. .. [ID., De la cur. 20]
    À qui on les a tors et comprimés [les testicules] par violence [PARÉ, XVIII, 43]
    Il ne se tord pas qui va plain chemin [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, tortre ; norm. terquer, teurquier, et aussi teurdre (mais l'o revient quand la syllabe n'est pas accentuée : nous tordons) : tu mens, le nez te teurd, par allusion à un ancien usage : un menteur pris sur le fait devant faire amende honorable en se tordant le nez et disant : j'ai menti ; bourg. todre ; wallon, toîd ; provenç. torser ; espagn. et portug. torcer ; ital. torcere ; du lat. torquere. Les étymologistes le rapprochent du grec, tourner. Le français tordre représente une accentuation barbare torquere (1er e accent bref).

tordre

TORDRE. (Je tords, tu tords, il tord. Je tordais. Je tordis. Je tordrai. Tords. Que je torde. Que je tordisse. Tordant. Tordu.) v. tr. Tourner un corps long et flexible par ses deux extrémités en sens contraire, ou par l'une des deux, l'autre étant fixe. Tordre du fil. Tordre de l'osier. Tordre du linge. Un ver qui se tord. Cette branche est toute tordue.

Tordre les bras à quelqu'un, Les lui tourner violemment et de manière à lui faire mal. On dit de même : Dans sa douleur, elle se tordait les mains.

Tordre le cou, Faire mourir en tournant le cou et en disloquant les vertèbres. Tordre le cou à une perdrix, à un poulet. Je lui tordrai le cou.

Tordre le cou, la bouche, Tourner le cou, la bouche de travers. Il a la mauvaise habitude de tordre le cou, de tordre la bouche.

Fig. et pop., Tordre le nez, Être ennuyé, mécontent, méprisant.

Fig. et pop., Ne faire que tordre et avaler, Manger trop avidement et avaler presque sans mâcher.

Fig. et pop., Se tordre de rire, Rire convulsivement.

tordre

Tordre, Torquere, Contorquere, Distorquere, Intorquere, Obtorquere, Retorquere, Viere.

Tordre le col et pancher la teste d'une part et d'autre, Ceruicem reponere.

Tordre le sarment, Sarmentum retorquere.

¶ Se tordre et fourvoyer, Aberrare, Via deerrare, Errare via, Declinare de via.

Tors, ou destors, Tortus, Distortus.

Il s'est tors et fourvoyé, Via decessit errabundus.

tordre


TORDRE, v. act. [Il se conjugue comme mordre.] Tourner en long et de biais en serrant. "Tordre du fil, des cordes, du linge. = Tordre la bouche, la tourner de travers. — Tordre le cou à un poulet, etc. Le faire mourir en lui tournant le cou. — Fig. "Si elle vous ressembloit, je lui tordrois le cou. DEST.
"Il poussoit des cris, il gémissoit, il soupiroit et se tordoit les mains. L. F. = Ne faire que tordre et avaler, manger goulument. st. famil. = Tordre un texte, une proposition, un principe; expression figurée, qui n'est pas du beau style. L'Acad. ne la met pas. Saurin dit de Bayle: "Grand Sophiste, prenant à tâche de confondre le faux avec le vrai, de tordre un principe, de renverser une conséquence.

Synonymes et Contraires

tordre

verbe tordre
Déformer quelque chose.

tordre (se)

Traductions

tordre

drehen, ringen, windentwist, contort, wring, writhe, distort, mangle, sprain, warp, wrench, wrest, wrickverbuigen, verwringen, verdraaien, vertrekken, wringen, twijnen, (om)buigen, draaienעיווה (פיעל), עיוות (פיעל), עיקל (פיעל), פיתל (פיעל), פִּתֵּל, עִקֵּל, עִוָּה, עִוֵּתtòrcertorditorcer, retorcercontorcer, retorcer, torcerattorcere, storcere, strizzare, torcereTwist트위스트Twistบิด (tɔʀdʀ)
verbe transitif
1. déformer en pliant tordre un barreau
2. tourner en serrant tordre du linge
3. tourner avec violence tordre le bras à qqn

tordre

[tɔʀdʀ] vt
(pour essorer) → to wring
[+ barre] → to twist
[+ partie du corps] → to twist; [+ cou] → to wring [tɔʀdʀ]
vpr/pass
[barre] → to bend
[roue] → to twist, to buckle
[ver, serpent] → to writhe
vpr/réfl (personne) se tordre le pied → to twist one's foot
se tordre le bras → to twist one's arm
se tordre la cheville → to twist one's ankle
se tordre de douleur → to writhe in pain
se tordre de rire → to be doubled up with laughter