tourbe

1. tourbe

n.f. [ du frq. ]
Charbon de qualité médiocre.

2. tourbe

n.f. [ du lat. turba, foule ]
Litt. Foule confuse de personnes que l'on juge méprisables.

tourbe

(tuʀb)
nom féminin
matière formée par des plantes qui se décomposent La tourbe brûle bien.

TOURBE1

(tour-b') s. f.
Charbon très hétérogène qui se forme dans la vase des marais par la décomposition des débris végétaux qui y existent.
La tourbe est bien véritablement un résidu de plantes ou herbes à demi décomposées, à demi brûlées, réduites en un état presque charbonneux, analogue, dans son genre, au bois fossile également charbonné [FOURCROY, Conn. chim. t. VIII, p. 233]
On a trouvé dans la tourbe beaucoup de monuments de l'industrie humaine, des armes, des outils de bûcheron et d'agriculture, des bois de construction, des chaussées [A. BRONGNIART, Traité de min. t. II, p. 40]
Ces observations semblent prouver que la tourbe est d'une formation beaucoup plus moderne que celle des autres combustibles fossiles, et qu'elle s'est formée depuis l'existence des sociétés [ID., ib. p. 41]
Tourbe carbonisée, dite charbon double, pour fourneaux. Tourbe mottière, nom, dans la Loire-Inférieure, de la tourbe employée à faire des mottes. Se dit, par extension, des tourteaux que l'on fait avec le tan.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Pour lagne [bois] et pour tourbes acater à departir as poures de le [la] ville [, Testament de 1200, dans TAILLAR, Recueil, p. 8]
  • XVe s.
    Il y a [en Flandre] pou de bois pour ardoir, et font leur feu de tourbes de terre qu'ilz prennent es marois [, Liv. des propr. des choses, XV, 59, f° 200, r]
    Une povre maisonnelle.... aussi noire que airement [encre] pour la fumée des tourbes qui s'y ardoient [FROISS., II, II, 157]
  • XVIe s.
    Le prince Maurice fait un dessein sur Breda par le moien d'un bateau qui portoit ordinairement des tourbes à la garnison, sous lesquelles on pouvoit eacher des soldats [D'AUB., Hist. III, 316]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, trouf ; picard, troube, trouble ; espagn. turba ; ital. torba, de l'anc. haut-all. zurf, anglo-sax. turf ; all. Torf.

TOURBE2

(tour-b') s. f.
Troupe, avec un sens de dénigrement.
Princes et rois, et la tourbe menue [LA FONT., Belph.]
Ce bel adage, si rebattu par la tourbe philosophique [J. J. ROUSS., Orig. notes.]
Qu'importent vos joies, vos peines, votre existence, non-seulement à votre voisin qui ne vous a jamais vu, mais encore à cette tourbe qu'on appelle vos amis ? [CHATEAUBR., Pensées, réflex. et max.]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Li Caldeu fistrent trois tuerbes, si envaïrent les chamoz [, Job, p. 501]
  • XIIIe s.
    Et tantost s'assanbla une grande tourbe de gens entor eus [BEAUMANOIR, XXXIX, 12]
    Maintenant que il s'en furent alez, se feri en nostre paveillon une grant tourbe de gent de joenes Sarrazins [JOINV., 242]
  • XIVe s.
    Cil qui, à leur grant peril, cheïrent en celle tourbe de gens [BERCHEURE, f° 35, verso.]
  • XVIe s.
    Suivant les avis de maistres Jean le Coq, Pierre le Sec et autres anciens sages sur ce ouis par tourbes [comme témoins dans une enquête sur les coutumes].... [LOYSEL, 335]
    Coutume se doit verifier par deux tourbes, et chacune d'icelles par dix temoins [ID., 782]
    M. de Guyse, ayant appellé 25 ou 30 des principaux, et tout debout sans tenir rang, mais comme en tourbe, propose.... [CARL., v, 25]
    Comparez luy [à l'homme d'une grande âme] la tourbe de nos hommes, stupide, basse, servile, instable.... [MONT., I, 326]
    Le peuple, nous entendons icy le vulgaire, la tourbe et lie populaire [CHARRON, Sagesse, I, 54]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. espagn. et ital. turba ; du lat. turba .

tourbe

TOURBE. n. f. Substance combustible spongieuse, légère, brune ou noirâtre, qui est formée par l'accumulation des débris de végétaux. Tourbe de marais. Se servir de tourbe pour se chauffer. Brûler de la tourbe.

tourbe

TOURBE. n. f. Multitude confuse, troupe, avec un sens de dénigrement.

tourbe

Tourbe, Presse et grand foule de gens, Turba, turbê, Agmen, Globus hominum.

En tourbe, Confusis vocibus. B. ex Curt.

Ils jugent en tourbe, Vniuersi constituunt, vel decernunt. B.

Chacune tourbe comptée pour un tesmoing, Singulae decuriae pro singulis testimoniis cedunt. B.

En tourbe, Agminatim, vel Decuriatim. B.

tourbe


TOURBE, s. fém. [tour-be: 2ee muet.] 1°. Motte faite de terre bitumineûse, propre à brûler. "Il y a des pays où l'on se sert de tourbes pour se chaufer, faute de bois, ou parce qu'il est râre. = 2°. Multitude confûse de peuple. C'est un latinisme (turba). = On le disait autrefois dans le style sérieux. "Je ne me fie pas à cette tourbe de Barbâres. Vaug. — Aujourd'hui on ne l'emploie que dans le style plaisant ou critique et mordant; et dans ce style, c'est un mot à la mode. "Il ne faut pas que j'aille me mettre à dos toute la tourbe philosophique, fait dire au Traducteur-Auteur, le soi-disant Curé Bas-Breton, dans le Tart. Épist. "Au milieu de cette tourbe littéraire. Ann. Lit. "La vile tourbe bourdone et triomphe: le sage se tait et gémit tout bâs. J. J. Rouss.
   La Morale elle même à l'usage soumise
   Dans cette tourbe d'insensés;
   Et l'honête-homme faible assez
   Pour toucher dans la main de celui qu'il méprise.
       Anon.
= M. Roucher l'a employé dans une Ode.
  Dans la tourbe des morts tu descends confondu.
Richelet dit que ce mot est un peu suranné: l'Acad. le traite de vieux.

Synonymes et Contraires

tourbe

nom féminin tourbe
Littéraire. Foule méprisable.
populace, racaille, ramassis -littéraire: lie, plèbe, rebut, vermine -populaire: raclure.
Traductions

tourbe

Torf

tourbe

peat, turf

tourbe

turf, veen

tourbe

torba

tourbe

tørv

tourbe

torfo

tourbe

turba

tourbe

turvas

tourbe

turve

tourbe

tőzeg, turfa

tourbe

torba

tourbe

torvjord, torv

tourbe

torf

tourbe

turfa

tourbe

turbă

tourbe

rašelina

tourbe

torv

tourbe

торф

tourbe

泥炭, 泥煤

tourbe

rašelina

tourbe

treset

tourbe

泥炭

tourbe

이탄

tourbe

торф

tourbe

ถ่านหินเลน

tourbe

turba

tourbe

than bùn

tourbe

торф

tourbe

泥炭

tourbe

[tuʀb] nfpeat