tournelle

TOURNELLE

(tour-nè-l') s. f.
Anciennement, petite tour. Il s'emploie encore en parlant de quelques vieux bâtiments (avec un T majuscule). Le palais des Tournelles. Le quai de la Tournelle à Paris.
Ce nom de tournelle, étant devenu le nom de plusieurs châteaux, se conserva au parlement de Paris pour signifier la chambre chargée des affaires criminelles (avec un T majuscule).
On m'a voulu donner de l'occupation sur mer ; j'ai pensé être du dernier détachement de la Tournelle [LESAGE, Crisp. riv. de son maître, sc. 2]
Les esclaves n'étaient pas comptés pour des hommes [dans l'antiquité] ; il n'y a pas d'apparence non plus qu'un conseiller de la Tournelle regarde comme un de ses semblables un homme qu'on lui mène hâve, pâle, défait, les yeux mornes, la barbe longue et sale, couvert de la vermine dont il a été rongé dans un cachot [VOLT., Dict. phil. Torture.]
Tournelle civile, chambre qui fut érigée en 1667 pour les affaires au-dessous de 3000 livres.
Par extension, toute espèce de juridiction.
On le tira [un capucin qui s'était enfui] de sa fosse pour le faire comparaître devant la Tournelle des capucins [VOLT., Dict. phil. Vœu.]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Et quant Sarrazin s'apierchurent, si orent grant paour, et fremerent lor portes, et garnirent lor tournieles [, Chr. de Rains, p. 89]
    Les tornelles sunt lés à lés, Qui richement sunt bataillies [fortifiées], Et sunt de pierres bien taillies [, la Rose, 3828]
  • XVIe s.
    Je pense qu'elle [la chambre de la Tournelle] soit ainsy appelée à raison de la tour ou tourelle dans laquelle se jugeoient lors les procès criminels, qui est celle qui sert aujourd'hui de buvettes à messieurs de la grand'chambre [MIRAUMONT, Des cours souver. p. 22, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Dimin. de tour 1.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    TOURNELLE. - HIST.
  • XVIe s. Ajoutez :
    Nos peres ont très sagement ordonné que la chambre criminelle des parlements changera de trois en trois mois, qui pour ceste cause s'appelle tournelle, parce que tous les juges des autres chambres y jugent chacun en leur tour [BODIN, République, IV, 6]