traille

(Mot repris de trailles)

TRAILLE

(tra-ll', ll mouillées, et non trâ-ye) s. f.
Corps flottant, employé pour passer une rivière, dit aussi pont volant ; il est fixé à une poulie mobile le long d'un câble tendu en travers d'une rivière. La traille traverse sous l'impulsion du courant qui frappe obliquement ses côtés. Corde qui sert à guider un pont volant.
Il se dit aussi de deux ou trois bateaux liés ensemble et recouverts de madriers, qui, étant attachés par une longue corde à un point solide établi au milieu du fleuve, passent d'un bord à l'autre par la seule force du courant.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Ronsses et arboirie s'elle y croist [sur le bord d'une rivière] où trailles de nefs ne pourroient passer ; si grant arboirie [les riverains] n'y doivent laisser qu'on n'y puisse trailler ; et, s'il ne le faisoient, les trailleurs pourroient coupper si avant que pour leur dite traille porter [BOUTEILLER, Somme rural, tit. 73, p. 428]

ÉTYMOLOGIE

  • Diez le tire du lat. tragula, herse ; la forme est bonne, mais le sens ne l'est pas. Il rejette la conjecture émise par quelques-uns que traille est une contraction de tiraille, parce qu'il n'existerait pas de verbe trailler ; mais trailler exisle, par conséquent la conjecture prend beaucoup de probabilité.

traille

TRAILLE. n. f. Amarre reliée à un bac et pourvue d'une poulie mobile le long d'un câble établi au travers d'un cours d'eau. Bac à traille.

trâille


TRâILLE, s. fém. [Trâ-glie: 1re lon. 2e e muet: mouillez les ll.] Bac qui sert à passer les grandes rivières. On dit aussi pont-volant; mais trâille est le mot vulgaire. Acad. = La traille est la corde tendue d'un rivage à l'autre, sur laquelle roule une poulie qui tient au bateau par une autre corde, et non le bac. "La traille est cassée: le bac est brisé. On passe le bac, et on ne passe pas la traille. Il y a des bacs sans traille, et il n'y a pas de traille sans bac. MARIN.