troëne

TROËNE

(tro-ê-n') s. m.
Genre de la famille des oléacées ; il se compose d'arbrisseaux et de petits arbres originaires du nord et du centre de l'Europe et des régions tempérées de l'Asie orientale. Le troëne commun, ligustrum vulgare, L. arbrisseau très rameux, et qui sert à former des haies, des palissades.
Mais, hélas ! prise moins cette blancheur si vaine : On cueille l'hyacinthe, on laisse le troëne [MALFIL., Génie de Virgile, Égl. III]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Il ne vaut pas un coutel troine [de troëne] [, la Rose, 11091]
  • XIVe s.
    Ils estoient delez son chem in à l'ouraille d'un bois en droit une tronne [DU CANGE, tronus.]
  • XVIe s.
    Le troesne, appelé en latin ligustrum, bois-blanc, à Lyon, et à Fontainebleau, coigneau, est bienseant en barrieres ou palissades [O. DE SERRES, 557]
    Cages d'ozier, esclissées de petits barreaux de troinelle pelée [R. BELLEAU, Bergeries, t. I, p. 74, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Bas-lat. tronus, dont l'origine est inconnue ; picard, driniau ; saintong. troûgne.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    TROËNE. Ajoutez :
    Troëne d'Egypte, nom donné au henné.

    ÉTYMOLOGIE

    • Ajoutez : Origine inconnue, dit le Dictionnaire. M. Bugge, Romania, n° 10, p. 159, partant des formes antiques, tronne, troine, tronus, suppose un primitif truginus ( 1er u long, et i bref), qui lui semble dérivé d'un radical trug ou plutôt trugi par l'analogie de plusieurs noms d'arbres formés à l'aide du suffixe nus : quercinus, chêne, fraxinus, frêne, carpinus, charme. Maintenant, suivant lui, trugi est d'origine germanique : vieux haut-all. hart-trugil (hart, dur), qui est le cornus sanguinea ; suéd. try, le lonicera xylostema et aussi le ligustrum vulgare (ou troëne) ; dans les patois suédois, tryz et tryd. Ces rapprochements fort ingénieux sont fort plausibles.