trompette

(Mot repris de trompetez)

trompette

n.f.
Instrument de musique à vent et à embouchure de la catégorie des cuivres : Une trompette à pistons.
Nez en trompette,
nez retroussé.
n.m.
Trompettiste : L'un des trompettes de la fanfare.

TROMPETTE1

(tron-pè-t') s. f.
Instrument à vent, de cuivre ou d'autre métal, qui a un son éclatant, et dont on se sert principalement à la guerre et dans les réjouissances publiques.
Faites deux trompettes d'argent, battues au marteau, afin que vous puissiez vous en servir pour assembler tout le peuple [SACI, Bibl. Nomb. x, 2]
Sitôt que de ce jour La trompette sacrée annonçait le retour [RAC., Athal. I, 1]
Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons formaient [dans une bataille] une harmonie telle qu'il n'y en eut jamais en enfer [VOLT., Candide, 3]
La victoire en chantant nous ouvre la barrière, La liberté guide nos pas ; Et du nord au midi la trompette guerrière A sonné l'heure des combats [M. J. CHÉNIER, Chant du départ.]
Sans tambour ni trompette, se dit d'une troupe qui décampe sans aucun signal militaire.
Cette retraite s'est faite à petit bruit et presque en manière de fuite, sans trompette et sans tambour [PELLISSON, Lett. hist. t. II, p. 428]
Fig. et familièrement. Déloger sans trompette, sans tambour ni trompette, déloger secrètement, sans bruit.
Si bien que le tyran de Crète Avait délogé sans trompette [SCARR., Virg. III]
Holà ! madame la belette, Que l'on déloge sans trompette, Ou je vais avertir tous les rats du pays [LA FONT., Fabl. VII, 16]
Fig. Sans tambour ni trompette, secrètement.
Ne me citez point, je vous en prie ; il faut aller au secours de la place sans tambour et sans trompette [VOLT., Lett. Olivier des Monts, 25 déc. 1767]
La trompette du jugement dernier, celle qui réveillera les morts et les sommera de comparaître devant le tribunal de Dieu.
Trompette formidable et qu'Horeb entendit, Quand sur le mont sacré l'Éternel descendit, Et qui, des morts un jour réveillant la poussière, Doit du monde embrasé sonner l'heure dernière [DELILLE, Parad. perdu, X]
École de trompettes, école de cavalerie où l'on enseigne l'art de la trompette, ainsi que la lecture, l'écriture, l'escrime, l'équitation et la gymnastique. Nez en trompette, nez relevé. Fig. Entonner la trompette, emboucher la trompette, prendre le ton élevé, poétique.
À la gloire des lis je consacre ces vers ; J'entonne la trompette et répands dans les airs Les faits de ce grand roi... [DESMARETS, Clovis, dans RICHELET]
Mais souvent dans ce style un rimeur aux abois Jette là, de dépit, la flûte et le hautbois, Et, follement pompeux, dans sa verve indiscrète, Au milieu d'une églogue entonne la trompette [BOILEAU, Art p. II]
Fig. Il se dit du style lyrique.
J'ose en trompette ériger mes pipeaux [BÉRANG., Ad. à la gloire.]
Fig. Sonner de la trompette, publier, se vanter de quelque chose.
Elle [la Providence] veut donc que vous veniez cet hiver, et que nous soyons en même maison ; je n'ai nul dessein d'en sonner la trompette ; mais il a fallu le mander à d'Hacqueville pour nous arrêter le Carnavalet [un hôtel du Marais à Paris] [SÉV., 13 sept. 1677]
Irai-je avec l'hypocrite sonner de la trompette devant moi ? prierai-je dans les coins des rues, afin qu'on me voie ? [BOSSUET, Disc. vie cachée.]
Fig. Il se dit des personnes qui excitent les partis, comme la trompette excite les troupes.
Les prédicateurs des deux partis [catholiques et protestants] étaient en chaire les trompettes de la discorde [VOLT., Mœurs, 136]
Ces trompettes de différents partis se sont rendus les dispensateurs de la louange et du blâme [BERN. DE ST-PIERRE, Ch. ind.]
Personne qui divulgue ce qu'elle sait, qui colporte ce qui se dit. Cette personne est une vraie trompette.
Il se défend longtemps du mal qu'on dit d'autrui ; Ou, s'il en est enfin convaincu malgré lui, Il ne s'en fait point la trompette [CORN., Imit. I, 4]
Je ne sais point prendre en main des trompettes, Pour publier partout les faveurs qu'on m'a faites [REGNARD, le Joueur, II, 4]
L'ingrat dévoré d'envie, Trompette de la calomnie.... [VOLT., Odes, 4]
Secret comme une trompette, se dit d'une personne babillarde, qui ne peut connaître un secret sans le publier aussitôt.
Instrument de cuivre qui servit d'abord à la guerre, et qu'on a introduit ensuite dans l'orchestre.
Une belle voix soutenue d'une trompette, cela jette dans une douce rêverie [LESAGE, Turcaret, IV, 5]
Jeu de trompettes, un des jeux de l'orgue.
Trompette marine, instrument de musique, composé d'un manche fort long et d'un corps de bois résonnant, avec une seule corde, sur laquelle on joue avec un archet, en la pressant sur le manche avec le pouce.
Il y faudra mettre aussi [dans un concert] une trompette marine ; la trompette marine est un instrument qui me plaît et qui est harmonieux [MOL., Bourg. gent. II, 1]
Trompette marine, un des noms vulgaires du triton émaillé, mollusques.
Trompette parlante, instrument en fer-blanc qui sert de porte-voix. On dit plus communément porte-voix. Trompette écoutante, instrument pour faire entendre une personne qui parle à une distance considérable, sans le secours d'aucune trompette parlante.
La trompette de la Renommée, la dispersion, dans le monde, des nouvelles, des bruits. Les poëtes et les peintres représentent la Renommée embouchant la trompette. On dit de même : les cent trompettes de la Renommée.
Aussitôt de ses cent trompettes La messagère des poëtes Va l'annoncer à l'univers [LAMOTTE, Odes, t. I, p. 416, dans POUGENS]
En botanique, trompette de Méduse, le narcissus bulbocodes. Trompette blanche, espèce d'agaric. Variété de courge à fruits très longs.
En conchyliologie, trompettes, genre de mollusques à coquille univalve tournée en spirale, qu'on nomme autrement buccins.

PROVERBE

    À gens de village trompette de bois, il faut faire aux gens des traitements proportionnés à leur condition.
    Le festin des dames de la cour sera tout à fait magnifique ; mais point d'argent aux soldats congédiés : à gens de village trompette de bois [GUI PATIN, Lett. t. III, p. 283, dans POUGENS]

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Devant le jour [il] s'en ist sans trompete sonner [, Guesclin. 14644]
  • XVe s.
    La trompette a sonné bien haut ; à l'arme ! à l'assaut ! à l'assaut [BASSELIN, XLVII]
    Foy que tu dois le mercredy, Me joues-tu de la trompete [me trompestu] ? [, Mir. de Ste Genev]
    En cele propre nuit il y eut grand partie de ses gens qui s'assemblerent de sa compaignie secretement et se prirent à eux desloger sans trompette [MONSTREL., II, 96]
  • XVIe s.
    Il feit sonner les trompettes de tous costez pour effrayer les ennemis [AMYOT, Cam. 42]
    Il est plus de trompeurs que de trompettes [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 307]
    À pain et oignon trompette ne clairon [COTGRAVE, ]
    Mieulx vault à cloche se lever qu'à trompette [GÉNIN, Récréat. t. II, p. 245]

ÉTYMOLOGIE

  • Dimin. de trompe 1 ; provenç. et esp. trompeta ; portug. trombeta ; ital. trombetta.

TROMPETTE2

(tron-pè-t') s. m.
Celui dont la fonction est de sonner de la trompette.
Le capitaine d'Espagne a eu sa poupe emportée, quelques coups de canon à l'eau, et les six trompettes du duc de Ferrandina tués [, Corresp. de Sourdis, 1636, dans JAL]
On crut que c'était un prétexte pour nous épier : le trompette eut ordre de demeurer et de suivre un des trompettes du roi, à qui on l'a donné en garde [PELLISSON, Lett. hist. t. I, p. 71]
De tout temps, avec dépense pour faire honneur au service, j'ai eu un accord de trompettes des meilleurs qui aillent sur mer ; et au voyage de Guinée avec M. le comte d'Estrées je l'avais de même [DUQUESNE, à Colbert, 1671, dans JAL]
Trompette major, celui qui commande et dirige les trompettes d'un régiment de cavalerie. Fig. Il est bon cheval de trompette, il ne s'étonne pas pour le bruit, se dit de quelqu'un qui se soucie peu des criailleries qu'on fait contre lui.
Vous n'êtes pas un bon cheval de trompette, puisque vous avez peur du bruit [COMTE DE CAYLUS, Œuv. t. IX, p. 263, dans POUGENS]
Fig. Celui qui célèbre.
Alexandre estima Achille heureux d'avoir eu Homère pour trompette de ses louanges [D'ABLANCOURT, Arrien, I, 5]
De votre haut savoir je serai le trompette [TH. CORN., Feint astrol. II, 5]
Il se trouve toujours de petits compilateurs qui osent être ennemis de leur siècle.... ils se font les trompettes de la gloire des anciens [VOLT., Dict. phil. Système.]
Familièrement et fig. Colporteurs de nouvelles.
Par là, je reconnais le visible danger Que court cette inconnue à vous trop obliger, Et que, se découvrant à votre âme indiscrète, De ses faveurs partout vous serez le trompette [TH. CORN., les Engag. du hasard, II, 3]
Faire quelqu'un le trompette de quelque chose, le lui faire débiter, propager.
Dorante n'est qu'un fourbe.... Et d'un discours en l'air qu'il forge en imposteur, Il me fait le trompette et le second auteur [CORN., Ment. v, 2]

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Que le plaisir du duc fust de sauver la vie à icelluy trompette, et de le renvoyer sans empeschement [MATH. DE COUCY, Hist. de Charles VII, p. 631, dans LACURNE.]
  • XVIe s.
    Je m'en voys chercher la trompette de la ville, pour faire crier s'il y a personne qui.... [DESPER., Cymbal. 145]
    Il envoya par une trompette faire sçavoir aux Romains, que.... [AMYOT, Rom. 49]
    Les officiers des roys de Sparte, trompettes, menestriers, cuisiniers, à qui en leur charge succedoient les enfants, pour ignorants qu'ils feussent [MONT., III, 320]
    Ils [les médecins] font telle description de nos maulx, que faict un trompette de ville qui crie un cheval ou un chien perdu : tel poil.... [ID., IV, 253]

ÉTYMOLOGIE

  • Trompette 1.

trompette

TROMPETTE. n. f. Instrument à vent, de métal, à son clair et éclatant, employé principalement pour les sonneries militaires de cavalerie. Sonner de la trompette. Au son de la trompette. La trompette sonnait la charge, la retraite. Emboucher la trompette. Les trompettes de Jéricho. Les peintres et les poètes représentent ordinairement la Renommée embouchant la trompette. La trompette du Jugement dernier.

Fig., Emboucher la trompette, Prendre le ton élevé, sublime et, le plus souvent au sens péjoratif, le ton emphatique.

Fig. et fam., Déloger sans trompette, sans tambour ni trompette, Déloger, se retirer secrètement, sans faire de bruit. Cela se dit surtout d'un Homme qui part ainsi pour ne pas payer ce qu'il doit ou pour fuir un danger.

Fig. et pop., Il est bon cheval de trompette, il ne s'étonne pas du bruit se dit d'un Homme qui ne s'effraie pas des menaces, qui ne s'émeut pas de ce qu'on lui dit, soit pour l'intimider, soit pour l'embarrasser.

En termes de Musique, Jeux de trompettes, Jeux d'orgue à anches, d'une sonorité éclatante.

Trompette marine, Instrument de musique qui n'a qu'une corde.

TROMPETTE, en termes de Conchyliologie, se dit d'un Genre de mollusques à coquille univalve tournée en spirale, qu'on nomme autrement Buccin.

TROMPETTE est aussi nom masculin et se dit de Celui qui sonne de la trompette. Le trompette de l'escadron. Brigadier-trompette.

trompette

Trompette, Tuba.

Le son de la trompette, Classicum.

La voix et son d'une trompette, Taratentara. Clangor. Bombus,

Trompette qui esmeut guerre civile, Tuba belli ciuilis.

¶ Trompette juré qui fait les cris par l'ordonnance du magistrat, Praeco praeconis.

Sonner de la trompette, Clangere, Tuba canere.

Sonner la trompette en la guerre, Dare signum militibus, et in militia.

Quand les trompettes sonnent pour livrer la bataille, Signa canunt tubae.

Qui sonnent de la trompette ou cornet pour faire assembler le peuple, Classici.

trompette

Trompette, f. penac. Est un nom ores feminin et originel, et signifie cet instrument musical fait d'airain, ayant emboucheure plate, le tuyau estroict en icelle, et eslargissant peu à peu jusques au bas, qui est evasé en petite cloche, et sonne à puissance de vent a pleines joües; usité tant en la guerre és compagnies de gens de cheval à maints effects, que aux chasteaux de garde en frontiere, pour signifier les retraictes et la diane, qu'aux galeres pour icelle diane, et autres mots publiez par le son, que aux villes et esdits lieux pour les bans cris et proclamations publiques et aussi en autres endroicts, Tuba aerea. Et en ce genre feminin, le mot qui est general, a ces especes, Trompette, Clairon, et Sacquebute, estant Trompette ce qui ja a esté dit (car quant à ce mot Trompe, qui ores est le mesme que Trompete, ores signifie ce cor d'airain entortillé usité par les veneurs en la chasse pour corner les mots d'icelle tant pour les chiens que pour leurs compagnons, n'est le mot entier dont on puisse dire le diminutif estre ledit mot Trompette) et Clairon, la trompette claironnant pour estre plus gresle de tuyau. Au moyen de quoy l'on dit Clairons et Trompettes. et Saquebute un presque semblable instrument d'airain, qui est sonné non seulement par estre entonné à puissance de vent et jouës renflées comme les dessusdits, ains par poulsement et attraict avec la main droite, faits par celuy qui en jouë, d'un tuyau qui contient dans luy un autre, sur lequel il coule, pour rendre le son ores gros ores gresle. Et ores est masculin, et signifie celuy qui sonne de la trompette en une armée ou compagnie de gens de cheval. Selon ce on dit, Il envoya un Trompette au camp de l'ennemi, Tubicine internuntio significauit aut, per tibicinem hostibus significauit. Ou bien celuy qui sert pour faire les cris et proclamations à son de trompe en une ville. Et selon ce on dit, Le Trompette juré d'une ville, Tubicen publicus, Praeco tubicinarius. S'il se peut dire. Et sont ces deux genres concurrents par diversité de significations en ce mot Trompette, tout ainsi qu'en cet autre mot enseigne, lequel au genre feminin signifie le drappeau, Vexillum. Et au masculin, celuy qui le porte, qu'on dit aussi Port'enseigne, Vexillifer. L'Alemand dit Tromm, et Teltrommet pour la trompette, et Trommetter, pour le Trompeteur.

trompette


TROMPETTE, s. f. et m. TROMPETER, v. act. [Tronpète, tronpeté: 1er lon. sur-tout au 2d.; 2e è moy. au 1er, e muet au 2d. = L'ancien Trévoux écrit Trompetter; mais le 1er e étant muet, il faut écrire trompeter. Avec les deux tt, on prononcerait tronpété.] Trompette, s. f. tuyau d'airain ou d'aûtre métal, dont on sonne à la guerre, dans les réjouïssances publiques, etc. "Sonner de la trompette. "La trompette sonnait la marche, la charge, la retraite. = FIG. Entoner la trompette, prendre le ton sublime. Acad. Plusieurs disent emboucher. = Plus figurément encôre, on apèle Trompette un homme qui a acoutumé de publier tout ce qu'il sait: c' est la trompette de la ville, du quartier. St. famil. = Aûtrefois on le disait même dans le style noble et élevé. "Alexandre estima Achile heureux d'avoir eu Homère pour trompette de ses louanges. "Les Poètes sont les trompettes des grandes actions des Hérôs.
   Oui, c'est toi, Peintre inestimable,
   Trompette d'Achille et d'Hector.
       Rouss.
La Touche, qui raporte les deux premiers exemples, ne les blâme pas. Aujourd'hui on ne s'en sert que dans le style plaisant et critique; et on ne le prend qu'en mauvaise part.
   TROMPETTE, s. m. Celui, dont la fonction est de soner de la trompette. "Le trompette d'une telle compagnie de Cavalerie. "Les trompettes du Roi, de la Ville. Voy. CHEVAL.
   TROMPETER, Publier, crier à son de trompe. Au propre, il ne se dit qu'en style de Pratique. Hors de là, il n'est bon que pour la Comédie et la Satire. "Il est râre, dit Du Cerceau, parlant de Rienzi, qu' un chef de conjurés fasse trompeter sa conjuration. L'expression est trop bâsse pour une Histoire. Il dit âilleurs, crier à son de trompe. = Fig. st. famil. Divulguer une chôse, qu'on voulait tenir secrète. "On lui avait recomandé le secret sur cette afaire; il a été la trompeter partout.

Traductions

trompette

Trompetetrumpettrompet, bazuin, trompettistחצוצרה (נ), חצוצרן (ז), חֲצוֹצְרָה, חֲצוֹצְרָןtrompetatrompettrumpetotrompeta, trombónpasun, trompettorvi, trumpettitromba, trombettieretubatrombeta, buzina, trompa, tubatrumpetborazanτρομπέταبُوقtrumpetatrubaトランペット트럼펫trompettrąbkaтрубаแตรkèn trompet小号 (tʀɔ̃pɛt)
nom féminin
musique instrument de musique à vent jouer de la trompette

trompette

[tʀɔ̃pɛt] nf (= instrument) → trumpet
Il joue de la trompette → He plays the trumpet.
en trompette [nez] → turned-up
Il a le nez en trompette → He's got a turned-up nose.