turlupin

TURLUPIN

(tur-lu-pin) s. m.
Sectes d'hérétiques qui se répandirent en France, en Allemagne et dans les Pays-Bas pendant le XIIIe et le XIVe siècle ; ils soutenaient qu'on ne doit avoir honte de rien de ce qui est naturel.
Fig. Nom de farce que prit un comédien.
L'un [acteur de l'Hôtel de Bourgogne], dont le nom de famille était Legrand, s'appelait Belleville dans la tragédie, et Turlupin dans la farce, d'où vient le nom de turlupinade [VOLT., Vie de Molière.]
Homme qui fait des allusions froides et basses, de mauvais jeux de mots.
Des pointes de turlupin [BALZ., Dissert. crit. 7]
Je les en tiens [les mauvais plaisants] moins excusables [de l'être de propos délibéré] ; et, si j'en étais juge, je sais bien à quoi je condamnerais tous ces messieurs les turlupins [MOL., Critique, I]
Toutefois à la cour les turlupins restèrent, Insipides plaisants, bouffons infortunés, D'un jeu de mots grossier partisans surannés [BOILEAU, Art. p. II]
Adj.
De sage et posé que j'étais auparavant, je devins vif, étourdi, turlupin [LESAGE, Gil Blas, III, 5]

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Faisant poursuitte contre les turlupins et turlupines, qui trouvez et pris ont esté en ladite province, et par sa diligence punis de leurs mesprentures et erreurs [DU CANGE, turlupini.]
  • XVIe s.
    Autant en dit un turlupin de mes livres [RAB., Prol. liv. I]

ÉTYMOLOGIE

  • Origine inconnue.

turlupin

TURLUPIN. n. m. Homme qui fait de basses plaisanteries, de mauvais jeux de mots, par allusion au célèbre acteur de farces du XVIIe siècle. C'est un turlupin. Un vrai turlupin.

turlupin


TURLUPIN, s. m. TURLUPINADE, s. f. TURLUPINER, v. n. et act. [Turlu-pein, pi-nade, : dern. é fer. au dern.] Ces mots viènent d'un Comédien de Paris, apelé Turlupin, qui divertissait le peuple par de méchantes pointes et des jeux de mots, qu' on apela turlupinades. Ses imitateurs ont été només Turlupins. (C'est un vrai Turlupin: il fait, il dit des turlupinades: il ne fait que turlupiner.) Pendant quelque-tems on vit régner en France le goût des turlupinades, et la Cour même semblait être la source de cette corruption. Mais Molière vengea le bon goût et la raison par les sanglantes râilleries qu'il fit des Turlupins et des turlupinades. BROSSETTE. = Les gens d'esprit ne se les interdisent pas toujours, mais ils les placent avec goût, et ne les prodiguent pas. Mde. de Sévigné, qui est un modèle admirable du style épistolaire, écrit à sa fille: "Ne craignons pas de nous permettre les turlupinades, qui viènent au bout de nos plumes. — Mais rien n'est plus insuportable dans la conversation que des turlupinades fades et sans sel, sur-tout quand elles sont fréquentes.
   Turlupiner, est quelquefois actif, et signifie se moquer, tourner en ridicule: il turlupine tout le monde. — Vigneul Marville le fait neutre, en ce sens, et lui fait régir l'ablatif, qui est le régime de se moquer. "La Cour jette volontiers les yeux, quoique de haut en bâs, sur les vices de la ville, pour en turlupiner. Il falait dire, pour les turlupiner.