usage

usage

n.m.
1. Action, fait de se servir de qqch : L'usage de l'Internet continue à se développer emploi, utilisation faculté, jouissance
2. Fonction, destination de qqch : Du matériel à usage professionnel.
3. Pratique habituellement observée dans un groupe, une société : Aller contre l'usage établi coutume habitude, tradition
4. Ensemble des règles et des interdits qui caractérisent la langue utilisée par le plus grand nombre de locuteurs à un moment donné et dans un milieu social donné : Les mots consacrés par l'usage entrent dans le dictionnaire. Le bon usage l'utilisation correcte de la langue
À l'usage,
lorsqu'on l'utilise ; quand on s'en sert : Cette machine est rentable à l'usage.
À l'usage de,
destiné à servir à : Un site Internet à l'usage des entrepreneurs.
Faire de l'usage,
durer longtemps, être solide : Ce sac vous fera de l'usage.
Faire usage de,
employer, utiliser : Les policiers ont dû faire usage de leurs armes.
Orthographe d'usage,
orthographe des mots eux-mêmes, indépendamment des règles d'accord et de la fonction.
Valeur d'usage,
en économie, valeur découlant de la propriété de biens qui permettent de satisfaire les besoins (par opp. à valeur d'échange) : Tout ce qui se porte, se mange, se consomme a une valeur d'usage.

USAGE

(u-za-j') s. m.
Action d'user de, emploi de.
Je ne hais point la vie, et j'en aime l'usage [CORN., Poly. v, 2]
Soumission et usage de la raison, en quoi consiste le vrai christianisme [PASC., Pens. XIII, 2 bis, éd. HAVET.]
Un peu de patience m'apprendra tout ; mais vous savez que c'est une vertu qui n'est guère à mon usage [SÉV., 101]
Comme je ne sais point l'usage d'une grande chaise [ID., 13 nov. 1675]
Mais ce qui couronne la vie de cette princesse [Marie-Thérèse], c'est qu'elle fut toujours égale ; mêmes vertus.... même usage des sacrements, mêmes principes, mêmes règles [FLÉCH., Mar.-Thér.]
Vous avez vu cent fois nos soldats en courroux Porter en murmurant leurs aigles devant vous [Agrippine] ; Honteux de rabaisser par cet indigne usage Les héros dont encore elles portent l'image [RAC., Brit. IV, 2]
Je demeurai sans voix, et n'en repris l'usage Que par mille sanglots qui se firent passage [ID., Iphig. I, 1]
Non-seulement toutes les viandes cuites avec des ragoûts par des cuisiniers, mais encore le vin, le pain, le sel, l'huile, le lait et tous les autres aliments ordinaires ne pouvaient être de son usage [de Pygmalion] [FÉN., Tél. VIII]
Il est moins rare de trouver de l'esprit que des gens qui se servent du leur, ou qui fassent valoir celui des autres et le mettent à quelque usage [LA BRUY., II]
Laissant à Elvire les jolis discours et les belles-lettres qu'elle met à tous usages [ID., XII]
Son péché renfermait plusieurs désordres ; premièrement un injuste usage de son cœur, qui n'avait jamais été occupé que des créatures [MASS., Carême, Pécheresse.]
Quand il s'agit d'une langue vivante, le chemin de l'usage est plus court que celui des préceptes [D'OLIVET, Rem. Rac. 81]
Le duc de Montausier a réellement fait commenter les meilleurs auteurs latins à l'usage du Dauphin, qui n'en faisait aucun usage [VOLT., Dict. phil. Aristée.]
Je vous remercie, madame, de l'avis que vous voulez bien me donner ; on me le donne de toutes parts ; mais il n'est pas de mon usage [J. J. ROUSS., Lett. à Mme de Créqui, 7 juin 1762]
Pourquoi ? dans quel dessein ? parlez : à quel usage ? [DUCIS, Othello, v, 4]
Il fut [Leibnitz] chargé par M. de Montausier de l'édition de Martius Capella, à l'usage du Dauphin [DIDER., Opin. des anc. philos. (Leibnitzianisme).]
Mettre en usage, faire usage, employer.
Il met tout en usage, et prière et menace [CORN., Poly. I, 1]
Il n'y a sorte de calomnie que vous n'ayez mise en usage [PASC., Prov X]
Ah ! qu'il [Pompone] fait un bon usage de sa disgrâce ! [SÉV., 12 juin 1680]
Ma fille, il y a des femmes qu'il faudrait assommer à frais communs.... la perfidie, la trahison.... sont les qualités dont elles font l'usage le plus ordinaire [ID., 28 août 1680]
C'est une femme aimable [Mme de la Fayette].... et que vous aimiez dès que vous aviez le temps d'être avec elle, et de faire usage de son esprit et de sa raison [ID., 4 janv. 1690]
Il n'y a point d'autre parti à prendre que de les souffrir chrétiennement [les tribulations] ; c'est tout l'usage qu'on en doit faire [ID., 20 août 1690]
L'âme, déçue par sa liberté, dont elle a fait un mauvais usage, songe à la contraindre de toutes parts [BOSSUET, la Vallière.]
Familièrement Ce drap fera beaucoup d'usage, il durera beaucoup ; il devient plus beau par l'usage, il prend, porté, une plus belle apparence. Toiles garanties à l'usage, toiles dont on garantit qu'elles dureront.
Utilité, service.
Je ne connais point cette terrasse, où vous êtes toujours ; elle est d'un grand usage, puisqu'elle est à couvert de la bise [SÉV., 564]
Elle [une opinion probable] est de grand usage [PASC., Prov. VI]
Les histoires ne sont composées que des actions qui les occupent [les princes], et tout semble y être fait pour leur usage [BOSSUET, Hist. Dessein général.]
La duplicité y est honorée [dans le monde] comme un talent d'un grand usage [MASS., Paraphr. Ps. XXIV, V. 11]
Terme de physiologie. Usage des organes, chacun des actes exécutés par chaque organe.
Démembrement du droit de propriété : le droit de se servir personnellement d'une chose dont la propriété est à un autre. En vendant sa bibliothèque, il s'en est réservé l'usage sa vie durant.
Les droits d'usage et d'habitation s'établissent et se perdent de la même manière que l'usufruit [, Code civ. art. 625]
Celui qui a l'usage des fruits d'un fonds ne peut en exiger qu'autant qu'il lui en faut pour ses besoins et ceux de sa famille [, ib. art. 630]
Terme de droit administratif et forestier. Droit qu'ont les voisins d'une forêt ou d'un pacage, d'y couper le bois qui leur est nécessaire ou d'y mener paître leur bétail. On a ôté les usages aux riverains de cette forêt. J'ai droit d'usage, j'ai mon usage dans tel bois. Les grands usages comprenaient l'affouage, le maronage, le pâturage ou pacage, la glandée et la paisson. Les petits usages consistaient dans le droit d'enlever les branches sèches, le bois mort et le mort-bois.
Emploi ordinaire des mots, tel qu'il est dans la bouche du plus grand nombre.
Que, pour cet effet [la correction de la langue], il serait bon d'établir un usage certain des mots [pour le style noble, le médiocre et le bas] [PELLISSON, Hist. de l'Acad. I]
L'usage, je le confesse, est appelé avec raison le père des langues ; le droit de les établir, aussi bien que de les régler, n'a jamais été disputé à la multitude ; mais, si cette liberté ne veut pas être contrainte, elle souffre toutefois d'être dirigée [BOSSUET, Disc. de récept.]
Par quelle raison ces mots de propre substance du corps et du sang sont demeurés en usage dans la réformation [ID., Euchar. II, 4]
Il me suffit de dire.... que l'usage est contraire à tout ce que vous avez dit, et que c'est cet usage, qu'on appelle le tyran des langues vivantes, qui en juge en dernier ressort [CAILLÈRES, Mots à la mode, 2e conv.]
Il y a deux sortes d'usages, le bon et le mauvais [ID., ib.]
Le bon plaisir de l'usage, maître absolu des langues [D'OLIVET, Ess. gramm. III, 1]
L'usage malheureusement l'emporte toujours sur la raison ; c'est ce malheureux usage qui a un peu appauvri la langue française, et qui lui a donné plus de clarté que d'énergie et d'abondance [VOLT., Lett. Beauzée, 14 janv. 1768]
L'usage n'est pas aussi peu fondé en raison qu'ils le prétendent ; il s'établit d'après ce qu'on sent, et le sentiment est bien plus sûr que les règles des grammairiens [CONDIL., Art d'écr. I, 10]
Nous avons vu, en examinant les progrès des langues, que l'usage ne fixe le sens des mots que par le moyen des circonstances où l'on parle [ID., Connaiss. hum. II, II, 2]
En matière de langue, il est une infinité de nuances imperceptibles et fugitives, qui, pour être démêlées, ont besoin, si on peut parler de la sorte, du frottement continuel de l'usage [D'ALEMB., Œuv. t. IV, p. 124]
Dans la manière de s'exprimer, comme dans celle de se vêtir, l'usage diffère de la mode, en ce qu'il a moins d'inconstance [MARMONTEL, Œuv. t. x, p. 406]
Phrases d'usage, phrases toutes faites qu'on échange dans la conversation.
Des phrases d'usage dont on se paye réciproquement [DIDER., Lett. à Mlle Voland, 7 oct. 1760]
Emploi particulier qui se fait des mots. L'usage qu'il a fait de ce mot est heureux. L'usage vicieux de cette locution.
Cet usage du mot de sceptre se trouve à toutes les pages de l'Écriture [BOSSUET, Hist. II, 2]
Pratique reçue généralement.
Je viens, selon l'usage antique et solennel, Célébrer avec vous la fameuse journée Où sur le mont Sina la loi nous fut donnée [RAC., Athal. I, 1]
Quoi ? mes frères, ce serait un délassement pour nous de voir la religion anéantie, les maximes de Jésus-Christ effacées, Dieu inconnu, les désordres devenus des usages [MASS., Confér. Conduite des clercs dans le monde]
On n'offense jamais plus les hommes que lorsqu'on choque leurs cérémonies et leurs usages [MONTESQ., Rom. 11]
Vous êtes fou.... quoi ! le public, l'usage ! - Le comte : L'usage est fait pour le mépris du sage [VOLT., Nanine, I, 1]
Des usages méprisables ne supposent pas toujours une nation méprisable [ID., Dict. phil. Usage.]
L'usage est le maître de tout [ID., Louis XIV, 13]
Y a-t-il une plus exécrable tyrannie que celle de verser le sang à son gré, sans en rendre la moindre raison ? ce n'est pas l'usage, disent les juges ; eh, monstres ! il faut que cela devienne l'usage [ID., Lettre à d'Argental, 5 juillet 1762]
C'est le sort des usages établis, de subsister encore après que les besoins qui les ont fait naître ont cessé [CONDIL., Conn. hum. II, I, 2]
Il est certain que les anciennes monarchies se sont gouvernées par des usages plutôt que par des lois [ID., Hist. anc. Lois, 7]
On dit les usages d'un corps et la coutume d'un pays [D'ALEMB., Œuv. t. III, p. 294]
L'exemple seul amène lentement les nouveaux usages, et, pour les faire admettre, il faut que les faits prouvent que ce qui est aujourd'hui vaut mieux que ce qui était hier [TOULONGEON, Instit. Mém. sc. mor. et pol. t. III, p. 110]
Nos usages et même notre luxe ne sont pas poétiques [STAËL, Corinne, XV, 8]
L'usage ordinaire, ce qui se fait habituellement dans la vie.
Dans l'usage ordinaire, la première question qu'on fait sur une femme c'est ¨ Est-elle belle ? [FONTEN., Didon, Stratonice.]
Pratique particulière. Il a l'usage de dîner de bonne heure. Il veille beaucoup, c'est son usage. Il est dans l'usage de prendre, chaque année, un mois de vacance.
Je sais que des sultans l'usage m'est contraire [RAC., Baj. I, 3]
Du moins, s'il faut céder, si, contre notre usage, Il faut d'un suppliant emprunter le visage [ID., Mithr. III, 1]
Habitude d'user d'une chose, de la pratiquer.
En tout indifférent, tout est à son usage [RÉGNIER, Sat. XI]
Les peuples qui n'ont pas l'usage des lettres [BOSSUET, Hist. II, 3]
Le peu d'usage que nous avons de la prière [MASS., Carême, Prière 1]
Les armes de Saül n'étaient pesantes pour David que parce qu'il n'en avait point l'usage [ID., Carême, Salut.]
Il [l'ennemi de mon salut] a un trop long usage de me vaincre, pour que j'aille imprudemment essayer mes forces naissantes contre les siennes [ID., Paraphr. Ps. XVII, V. 26]
Les proscriptions étaient les armes à son usage [de Philippe II, d'Espagne] [VOLT., Mœurs, 165]
10° Connaissance, pratique acquise par l'expérience.
Les ministres de Pharaon étaient des vieillards consommés dans les affaires, et formés par un long usage [BOURDAL., Instruct. Prudence du salut, Exhort. t. II, p. 427]
Mais ceux qui de la cour ont un plus long usage, Sur les yeux de César composent leur visage [RAC., Brit. v, 5]
Que n'ai-je plus d'usage dans l'art de décrire des victoires et des batailles ! [MASS., Or. fun. Conti.]
[Le maître d'école du village] Connaît les lunaisons, prophétise l'orage, Et même du latin eut jadis quelque usage [DELILLE, L'homme des champs, 1]
Absolument.
Ils regardent notre ministère comme un art d'exagération et d'hyperbole, les plus saints mouvements du zèle ne sont dans leur esprit que les tours étudiés d'un artifice humain.... les maximes les plus incontestables, des discours où il entre plus d'usage que de vérité [MASS., Carême, Parole.]
11° Usage du monde, de la vie, expérience de la société, habitude d'en pratiquer les devoirs, d'en observer les manières.
Du beau monde avait quelque usage [LA FONT., Contr.]
C'est un homme qui a un grand usage, une grande pratique du monde [, Acad. 1762, au mot monde]
La mère de Valère est maussade, ennuyeuse, Sans usage du monde, une femme odieuse [GRESSET, le Méch. I, 4]
Le grand usage du monde qu'il [Moncrif] avait acquis, usage qui suppose, du moins à certain degré, la connaissance des hommes, de leurs passions et de leurs travers [D'ALEMB., Élog. Moncrif.]
On peut avec beaucoup d'usage du monde n'être qu'un sot [GENLIS, Veillées du château t. I, p 431]
Absolument. Il manque d'usage. Il a beaucoup d'usage. Il a peu d'usage.
Il [Villeroy] avait cet esprit de cour et du monde, que le grand usage donne [SAINT-SIMON, 392, 62]
Telle personne a de l'usage [D'ALEMB., Œuv. t. III, p. 294]
Avoir de l'usage, pour avoir l'usage du monde, n'est ni dans Furetière ni dans l'Académie de 1694.
Elle a de l'usage, de quoi ?... on doit dire : elle a de l'usage du monde [GENLIS, Mém. t. v, p. 92]
Mme de Genlis attribue cette locution au langage révolutionnaire ; mais elle se trompe ; la locution est antérieure à la Révolution, témoin Saint-Simon et d'Alembert.
12° Au plur. Ancien terme de librairie. Livres pour le service divin, tels que bréviaires, rituels, etc.

PROVERBE

    Usage rend maître, on devient maître, habile, en pratiquant beaucoup une chose.

REMARQUE

  • Au mot monté, l'Académie, au lieu de dire : il est dans l'usage de faire, dit : en usage de faire. Pautex blâme cette locution, à tort. Disant être dans l'usage de faire, il n'y a aucune raison pour ne pas dire être en usage de faire.

SYNONYME

  • USAGE, COUTUME. Suivant l'étymologie propre à chacun de ces mots, usage exprime la manière d'user, de se servir des choses de la vie ; et coutume, les habitudes que l'on a de faire telle ou telle chose. Mais on dit indistinctement : c'est la coutume, ou c'est l'usage.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Je l'aim et serf et aor [adore] par usage [par habitude] ; Si ne li os [ose] mon penser descouvrir [, Couci, XI]
  • XIIIe s.
    La diference qui est entre coustume et uzage, si est que toutes coustumes font à tenir ; mais y a tex [tels] usages que qui vaurroit [voudrait] pledier encontre et mener dusques à jugement, li uzaiges seroit de nule valeur [BEAUMAN., XXIV, 3]
    Et li commanda que tout cil Qui venissent à Aix manoir, De tous usages [impôts] fusent franc [DU CANGE, usaticum.]
    Car tel sont li usaige Qu'on ne peut mais, sans demant, rien trouver [QUESNES, Romancero, p. 84]
    Li rois et la roïne ont perçu vostre usage [manière d'être], Et bien dient entr'eus que [vous] n'estes mie sage [AUDEFR. LE BAST., ib. p. 14]
    Dame qui maine tel usage Le faucon resamble ramage [, Lai du conseil]
    Enfant sont de parler vo lage, Se bien ne sont apris d'usage [, ib.]
    Ele avoit ung mauvès usage, Qu'ele ne pooit ou visage Regarder riens de plain en plaing [, la Rose, 283]
    Ne n'an puet cil husage avoir [, Liv. de jost. 56]
  • XIVe s.
    En françois ces mos meur et moral ne sont pas en usage commun [ORESME, Éth. 33]
    Et se il avenist que pour ce il perdist usage de raison [ID., ib. 25]
  • XVe s.
    Le suppliant depuis se mist à bon usaige [s'amenda] [DU CANGE, usagium.]
  • XVIe s.
    Pourquoy m'alleguez vous l'usage Et la coustume... ? [MAROT, IV, 163]
    J'ay trouvé la fontaine, on m'en oste l'usage ; J'ay cultivé la plante, un autre a le fruitage [DESPORTES, Diverses amours, XXVI]
    L'usage des viandes salées [MONT., I, 20]
    L'utilité du vivre est en l'usage [façon d'user] [ID., I, 88]
    J'advisay d'en tirer quelque usage [ID., I, 95]
    Cela ostoit tout usage d'armes et de membres [ID., I, 362]
    Simple usage en forest n'emporte que mort bois et bois mort [LOYSEL, 251]
    Depuis, ceste parole est demourée en usage entre les Grecs, comme un proverbe commun [AMYOT, Pélop. 20]
    La tempeste l'a prinse [la nef], et faut beaucoup d'usage Pour la mener au port entiere du naufrage [RONS., 709]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, urage, terre communale ; wallon, uzeg ; prov. usatge ; espagn. usage ; ital. usaggio ; du bas-lat. usaticum, dérivé de usus, usage.

usage

USAGE. n. m. Coutume, pratique reçue. Long, constant, ancien, perpétuel usage. C'était l'usage du pays, du temps. Cela est reçu par l'usage. C'est l'usage. L'usage le veut ainsi. Cela est conforme, est contraire à l'usage. Suivre l'usage. Braver l'usage. Les usages reçus. Aller contre l'usage établi. Les moeurs, les coutumes, les usages d'un peuple.

Il signifie aussi Emploi d'une chose. Faire usage d'un aliment, d'un remède. On fait usage de cette plante en médecine. Faire usage de son temps, de son crédit, de ses moyens. Le bon, le mauvais usage des richesses. Il a tout mis en usage pour réussir. Cela ne m'est plus d'aucun usage. Des livres à l'usage des classes. Bréviaire à l'usage de Paris, de Rome. À quel usage destinez-vous cela? L'usage de la parole.

Fam., Cette étoffe fera beaucoup d'usage, Elle durera longtemps.

USAGE se dit particulièrement de l'Emploi qu'on fait des mots de la langue, tel que la coutume l'a réglé. L'usage est l'arbitre souverain des langues. L'usage a introduit, a consacré cette expression, cette tournure. Ce mot est d'usage. Ce mot n'est plus d'usage, n'est plus en usage, est maintenant hors d'usage. Ce terme n'a d'usage, n'est en usage que dans le style familier. Le plus grand usage de ce mot est dans le style soutenu.

Il se dit aussi de l'Emploi personnel qu'on fait des mots. L'usage qu'il a fait de cette expression est heureux. Habile écrivain, il a fait de ce moi un usage inattendu, tout nouveau. Vous faites des mots un usage vicieux. L'Académie ne prétend pas régler l'usage de chaque mot, elle indique l'usage qu'on en fait.

Il désigne en outre le Droit de se servir personnellement d'une chose dont la propriété est à un autre. En vendant sa bibliothèque, il s'en est réservé l'usage sa vie durant. Les droits d'usage s'établissent et se perdent de la même manière que l'usufruit.

Il se dit aussi, en termes de Jurisprudence, du Droit qu'ont les voisins d'une forêt ou d'un pacage d'y couper le bois qui leur est nécessaire, ou d'y mener paître leur bétail. On a ôté, on a confirmé les usages aux riverains de ces forêts, de ces marais. J'ai droit d'usage, j'ai mon usage dans tel bois.

Il signifie encore Habitude, pratique particulière. Il a l'usage de dîner de bonne heure. Il veille beaucoup, c'est son usage. Il vieillit dans cette acception.

Il signifie encore Connaissance pratique acquise par l'expérience. Il avait été formé par un long usage à la vie de cour.

Il signifie particulièrement Expérience de la société, habitude d'en pratiquer les devoirs, d'en observer les règles. L'usage du monde, de la vie, ou absolument L'usage. C'est un homme qui a beaucoup d'usage, qui a peu d'usage. Manquer d'usage.

usagé

USAGÉ, ÉE. adj. des deux genres. Qui a beaucoup servi et qui porte les marques de l'usage qu'on en a fait. Des sacs neufs et des sacs usagés. Un vêtement, un livre usagé.

Fig., Une expression, une métaphore usagée. Il est familier.

usage

Usage, m. penac. C'est ce que le Latin dit Vsus, dont il descend. Usage aussi se prent pour coustume, et selon ce on trouve souvent au coustumier de France ces deux mots Usage, et coustume pour une mesme chose, d'autant que coustume n'est autre chose que le commun usage du peuple, touchant quelque chose. Et en pluriel, Usages sont Pastis, ou bois taillis, qu'on appelle Communes, et Usuelles, par ce que chacun du peuple a droict d'en user pour pasturer son bestail, et avoir son chauffage, Ager compascuus. Fest. Sylua caedua communis.

Usage et duisson, ou exercitation, Assuetudo, Exercitatio, Exerci tium.

L'usage de la parole, Vsus sermonis.

Usage commun, quand on se sert des choses qui ne sont point consacrées, V sus prophanus.

L'usage juste qu'on a d'un edifice, ou d'une piece de terre, Possessio.

Une peine accoustumée anciennement à Rome, portant privation de l'usa ge du feu et d'eauë à celuy qui estoit condamné, par le moyen de laquelle il falloit qu'il sortist hors les limites de l'empire Romain, Interdicere alicui aqua et igni.

Que nous achetons pour nostre usage, Vsualis, Vsuarius.

Selon l'usage et coustume, Vsitate.

Venir en usage, In vsum veni.

Venir en commun usage, In promiscuum vsum venire.

Estre en usage, In vsu esse.

Avoir un mesme usage, Proximum, vel Eundem vsum habere.

Qu'on met tous les jours en usage, Collocata in vsu quotidiano.

Se servir de l'usage du corps, Fungi muneribus corporis.

Qui est en usage, Vsitatus.

Aller hors d'usage, Obsolere, Obsolescere.

Mettre hors d'usage une viande, ou En condamner l'usage, Cibum ali quem abdicare.

Tourner l'usage en abus, Abuser de l'usage, Ad luxuriam vertere vsum alicuius rei.

Remettre en usage une coustume ancienne, Consuetudinem longo in teruallo repetere atque referre.

L'usage l'a receu et approuvé, Vsus recepit.

Qui est hors d'usage, Abolitus, Exoletus, Obsoletus.

Oster à quelqu'un l'usance ou l'usage de cette lumiere, Vsuram huius lu cis alicui eripere.

Dequoy on prend l'usage, Vsurarius.

Synonymes et Contraires

usage

nom masculin usage
2.  Fonction de quelque chose.
3.  Pratique commune à un groupe.
4.  Littéraire. Attitude courtoise.
Traductions

usage

use, convention, usageהפעלה (נ), הרגל (ז), השתמשות (נ), מנהג (ז), נוהג (ז), רגילות (נ), שימוש (ז), תשמיש (ז), נֹהַג, שִׁמּוּשׁ, הַפְעָלָהgewoonte, nut, gebruik(making), taalgebruik, vruchtgebruik, welgemanierdheid, gebruikusio, ususGebrauch, Sprachgebrauch, Sprachverwendungχρήσηconsuetudine, prassi, usanza, uso使用사용användaใช้ (yzaʒ)
nom masculin
1. coutume, habitude respecter les usages d'un pays Il est d'usage de payer d'avance.
2. utilisation l'usage d'Internet
se servir de
que l'on ne peut plus utiliser un véhicule hors d'usage

usage

[yzaʒ] nm
(= emploi, utilisation) → use
à usage interne → for internal use
à usage externe → for external use only
à l'usage → with time
Nous verrons à l'usage si nous avons bien fait de choisir cette solution → We will see with time whether we have chosen the right solution.
à l'usage de → for
en usage → in use
hors d'usage → out of order
Cet appareil est hors d'usage → That machine's out of order.
avoir l'usage de → to have the use of
faire usage de [+ pouvoir, droit] → to exercise
(= coutume) → custom
contraire aux usages → contrary to common practice
(LINGUISTIQUE) l'usage → usage