vanité

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vanité

n.f. [ lat. vanitas, de vanus, vide ]
1. Sentiment d'autosatisfaction ; défaut de celui qui étale ce sentiment : Elle est d'une immense vanité fatuité, prétention, suffisance ; humilité, modestie
2. Litt. Caractère de ce qui est sans valeur ou sans utilité : Il est convaincu de la vanité des honneurs frivolité, futilité ; importance inutilité ; efficacité
Tirer vanité de,
se glorifier de ; s'enorgueillir à tort ou à l'excès de.

VANITÉ

(va-ni-té) s. f.
Caractère de ce qui est vain, vide, sans solidité, sans durée.
Tous les hommes qui n'ont pas la connaissance de Dieu ne sont que vanité [SACI, Bible, Sagesse, XIII, 1]
Qu'une chose aussi visible qu'est la vanité du monde soit si peu connue.... [PASC., Pens. VI, 59, édit. HAVET.]
Le sentiment de la fausseté des plaisirs présents, et l'ignorance de la vanité des plaisirs absents causent l'inconstance [ID., ib. VI, 45]
Vanité des vanités, et tout est vanité.... j'ai pris sans étude et sans choix les premières paroles que me présente l'Ecclésiaste, où, quoique la vanité ait été si souvent nommée, elle ne l'est pas encore assez à mon gré pour le dessein que je me propose [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Ô vanité ! ô néant ! ô mortels ignorants de leurs destinées ! [ID., ib.]
Si M. de Turenne n'avait su que combattre et vaincre ; s'il ne s'était élevé au-dessus des vertus humaines.... je laisserais à la vanité le soin d'honorer la vanité [FLÉCH., Tur.]
Vanité des vanités ! mais tout n'est pas vanité ; ma tendre reconnaissance pour mes amis, et surtout pour vous, madame, n'est pas vanité [VOLT., Lett. Mme Necker, 21 juin 1770]
Je me félicite, sire, de penser comme Votre Majesté sur la vanité et la futilité de la métaphysique [D'ALEMB., Lett. au roi de Pr. 17 sept. 1764]
Un roi, je dirai plus, un sage Écrit que tout est vanité, Tout, y compris la majesté, Même l'amour, et c'est dommage [M. J. CHÉNIER, la Retraite.]
De toutes les couronnes que j'avais rêvées, l'amour d'une grande dame était celle qui flattait le plus ma vanité [REYBAUD, Jér. Patur. II, 16]
Au plur.
Quittons ces vanités, lassons-nous de les suivre ; C'est Dieu qui nous fait vivre, C'est Dieu qu'il faut aimer [MALH., I, 3]
La princesse palatine se montre au monde cette fois, mais c'est pour lui déclarer qu'elle avait renoncé à ses vanités [BOSSUET, Anne de Gonz.]
Il ne s'apaise et il ne revient de ce grand fracas, que pour bredouiller des vanités et des sottises [LA BRUY., V]
Désir d'approbation qui se manifeste au dehors, désir de produire de l'effet.
La vertu n'irait pas si loin, si la vanité ne lui tenait compagnie [LA ROCHEFOUC., Max. 200]
Si la vanité ne renverse pas entièrement les vertus, du moins elle les ébranle toutes [ID., ib. 388]
La vanité nous fait faire plus de choses contre notre goût que la raison [ID., ib. 467]
Curiosité n'est que vanité ; le plus souvent on ne veut savoir que pour en parler [PASC., Pens. II, 6]
Un dénombrement exact de tous les ornements de la vanité [BOSSUET, la Valliere.]
Quoique Dieu et la nature aient fait tous les hommes égaux, en les formant de même boue, la vanité humaine ne peut souffrir cette égalité, ni s'accommoder à la loi qui nous a été imposée de les regarder tous comme nos semblables [ID., Gornay.]
On ne voit point mieux le ridicule de la vanité, et combien elle est un vice honteux, qu'en ce qu'elle n'ose se montrer, et qu'elle se cache souvent sous les apparences de son contraire [LA BRUY., XI]
Que faut-il donc penser de la vanité ? à un certain point, c'est vice ; un peu en deçà, c'est vertu [FONTEN., Dial. I, Morts mod.]
La vanité qui se montre n'est ni la plus habile, ni la plus à craindre [MASS., Or. fun. Villars.]
L'orgueil d'un Espagnol le portera à ne pas travailler ; la vanité d'un Français le portera à savoir travailler mieux que les autres [MONTESQ., Esp. XIX, 9]
Il y a bien des sortes de vanité ; mais la plus belle est celle qui, ne s'arrogeant aucun titre, rend presque tous les autres ridicules [VOLT., Dict. phil. Quakers.]
La vanité, exigeant tout et n'accordant rien, est toujours inique, au lieu que l'amour, donnant autant qu'il exige, est par lui-même un sentiment rempli d'équité [J. J. ROUSS., Ém. v.]
La vanité est la mère des ridicules, comme l'oisiveté est la mère des vices [MARMONTEL, Œuv. t. IX, p. 352]
Au plur.
Mes vanités jusque-là ne se montent [CORN., Suiv. III, 6]
Que le souvenir de sa modestie et de son humilité [de J. C.]... vous guérisse de vos vanités, de vos projets, de vos prétentions frivoles [MASS., Avent, Disp. à la comm.]
Combien de petites vanités intérieures devaient m'amuser et me distraire du souci que j'aurais pu prendre ! [MARIV., Marianne, 4e part.]
Les folles vanités, l'orgueil ambitieux [VOLT., Scythes, II, 2]
Faire vanité, tirer vanité, prendre vanité d'une chose, s'en glorifier.
Peu, même des grands cœurs, tireraient vanité D'aller par ce chemin à l'immortalité [CORN., Hor. II, 3]
Quelque favorable accueil que Sa Majesté ait daigné faire à cet ouvrage, je n'en dois pas faire grande vanité, puisque je n'en suis que le traducteur [ID., Poëme sur les vict. du roi, Au lecteur.]
La solide vertu dont je fais vanité [ID., Hor. II, 3]
On fait souvent vanité des passions, même les plus criminelles [LA ROCHEFOUC., Réflex. 27]
Ce style figuré dont on fait vanité [MOL., Mis. I, 2]
Il est certain que cette affaire-là était épineuse, et que, si la personne en sort, il y a sujet d'en prendre quelque vanité [PASC., Lett à Mlle de Roannez, 7]
Quand il ferme la bouche à un libertin qui fait vanité du vice [BOSSUET, Panég. Ste Catherine, 3]
Si, avant que de tirer vanité d'une chose, ils voulaient s'assurer bien qu'elle leur appartînt, il n'y aurait guère de vanité dans le monde [FONTEN., Dial. 2, Morts mod.]
Gilbert : Vous êtes philosophe ? - Psaphon : Oui, j'en fais vanité, Et mes écrits moraux prouvent ma probité [GILB., Apologie.]
Sans vanité, sans vouloir me vanter, locution dont on se sert quand, disant de soi quelque chose d'avantageux, on veut le faire passer.
Je puis dire sans vanité, que, dans tout Paris, il n'y a point de cocher qui prenne tant de soin de ses chevaux que moi [HAUTEROCHE, le Coch. 3]
Pour le petit marquis.... C'est moi-même, messieurs, sans nulle vanité [MOL., Mis. v, 4]
Pour le cœur, dont surtout nous devons faire cas, On sait, sans vanité, que je n'en manque pas [ID., ib. III, 1]
Acte de vanité.
Ceux que l'opinion fait plaire aux vanités Font dessus leurs tombeaux graver des qualités Dont à peine un dieu serait digne [MALH., V, 8]
Mettre des bornes à son jeu, à ses dissipations, à ses vanités, à son attachement au monde [BOURDAL., 2e dim. après l'Épiph. Dominic. t. I, p. 73]
Qu'on me permette ici une vanité sur mon ouvrage [LA BRUY., Préf. Disc. de récept.]
Cette cour [de Rome] où tout se passe en cérémonie, était le tribunal où se jugeaient ces vanités de la grandeur [les préséances] [VOLT., Louis XIV, 7]
Au plur. Des personnes vaines.
Facilités offertes à certaines vanités pour arriver à la conquête de titres.... [, Journ. offic. 24 fév. 1872, p. 1316, 2e col.]

PROVERBE

    Une once de vanité gâte un quintal de mérite.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Pur quei amez vus vanitet e querez menceunge ? [, Liber psalm. p. 3]
    Il esperat en la multitudine de ses richeises, e miez valut en sa vanitet [, ib. p. 69]
    Laissez de cest siecle les vanitez [, Rois, p. 41]
  • XIIIe s.
    Vanitez est là où veritez ne converse [, Psautier, f° 10]
    Jonesce qui tout a gité [jeté] Son preterit en vanité [, la Rose, 4550]
  • XVe s.
    Et des deliz de chacier ensement, Et de voler [chasser au vol] et de tournoiement, Vanitez sunt, croy donc certainement ; Car tout desplait fors estude et science [E. DESCH., Plais. de l'étude.]
  • XVIe s.
    S'arrester aux vanitez de la divination [MONT., I, 47]
    Puisque je n'ai rien profité par mes raisonnemens de ce soir sur la vanité des esmeutes populaires [D'AUB., Hist. I, 132]

ÉTYMOLOGIE

  • Prov. vanitat, vanetat ; esp. vanidad ; ital. vanità ; du lat. vanitatem, de vanus, vain.

vanité

VANITÉ. n. f. Caractère de ce qui est vain, vide, inutile. Tout n'est que vanité dans le monde. L'Écriture dit : Vanité des vanités, et tout est vanité. Mépriser les vanités du monde. Il est revenu des vanités du monde.

Il signifie aussi Amour-propre frivole, désir de paraître et de se faire louer, complaisance en soi-même. Il a beaucoup de vanité. Il est plein de vanité. Il est d'une vanité insupportable. Flatter, blesser la vanité de quelqu'un. La vanité l'a perdu. Il tire vanité de sa naissance. Des vanités rivales ne se pardonnent rien.

Faire vanité d'une chose, S'en glorifier, en faire gloire. Il danse bien et en fait vanité. On dit plutôt aujourd'hui Tirer vanité.

SANS VANITÉ, loc. adv. dont on se sert dans le langage familier, quand on dit de soi quelque chose d'avantageux et pour le faire passer. Sans vanité, j'en sais plus que lui sur ce sujet. Sans vanité, je ne crains pas mes concurrents.

vanité

Vanité, Vanitas, Futilitas.

vanité


VANITÉ, s. f. VANITEUX, EûSE, adj. [3e é fer. au 1er, lon. aux deux aûtres; , teû, teû-ze.] Vanité, en parlant des chôses; inutilité; peu de solidité: tout n'est que vanité dans le monde. "Il est revenu des vanités du monde. = Il ne se dit au pluriel que du luxe, de la mondanité. * Passons sur ces vanités, dit Bossuet, en parlant de questions vaines et peu importantes. On pourrait dire peut-être: la vanité de ces questions est démontrée; mais on ne dirait pas aujourd'hui, ces vanités ne méritent pas de nous ocuper, en voulant parler de questions vaines et inutiles. = 2°. En parlant des persones; amour propre, qui vient des chôses frivoles ou étrangères à la persone qui s'en prévaut. "La vanité est une marque de petitesse d'esprit. "La vanité l'a perdu.
   Je vois qu'à ton penchant la vanité s'opose:
   Mais je veux la dompter. Redoute mon courroux,
   Ma malédiction, ou tombe à mes genoux.
       Dest. Le Glor.
  Je ne prends point, quoiqu'on en puisse croire,
  La vanité pour l'honeur et la gloire.  Volt.
= * On dit, assez constamment, ce me semble, faire gloire, parade, et tirer vanité de: ROLLIN dit, faire vanité avec des noms sans article: il fesoit vanité d'injustice, de fourberie, de trahison. L'Acad. met aussi faire vanité, mais non pas en lui faisant régir des noms pris indéfiniment: il fait vanité de sa naissance, de tout ce qu'il a. Je persiste à croire que tirer vanité vaut mieux; mais tirer vanité d'injustice, de trahison, ne vaudrait rien. = On dit, adverbialement, sans vanité; et on le dit ordinairement par vanité. "Sans vanité, je sais ces chôses là mieux que lui. Acad. "Sans vanité je crois que j'en viendrai à bout. Th. d' Éduc. = Vaniteux; qui a une vanité puérile et ridicule, soit en actions, soit en paroles. "C'est l'homme le plus sot et le plus vaniteux. Il n'est que du st. famil. On le dit en conversation, mais on ne l'écrit guère. Il peut pourtant être bon dans le style critique, où tout est bon. "Les plagiats de nos vaniteux Philosophes ont confondu leur mépris superbe (pour les Lettres Édifiantes et Curieuses, etc.) Journ. de Mons. = On le dit absolument et sans régime. Mde de G... lui fait régir de et l'infinitif, mais en faisant parler une paysane: "Je ne suis vaniteuse que d'être votre fille. La Rosière.
   ....Quel maussade métier!
   Disait le vaniteux coursier.
       Anon. dans le Mercure.

Synonymes et Contraires

vanité

Traductions

vanité

Eitelkeit, Vergeblichkeit, Einbildung, Hochmut, Übermut, Vanitätvanity, conceit, futilityijdelheid, frivoliteit, lichtzinnigheid, vruchteloosheid, wuftheid, nietigheid, vergankelijkheid, verwaandheidגאווה (נ), גאוותנות (נ), דברי הבל (ז״ר), יומרה (נ), נביבות (נ), ראוותנות (נ), רהבתנות (נ), ריק (ת), רעות רוח (ז), שווא (ז), שחצנות (נ), רַאַוְתָנוּת, רְהַבְתָּנוּת, שַׁחְצָנוּת, גַּאַוְתָנוּתmarnostforfængelighed, tomhedfrivoleco, vaneco, vanteco, vantemoempáfia, frivolidade, futilidade, inutilidade, vaidadevanagloria, vanitàСуета虛榮 (vanite)
nom féminin
fait d'être content de soi et de le montrer

vanité

[vanite] nfvanity