vent

vent

n.m. [ lat. ventus ]
1. Mouvement de l'air qui se déplace : Il y a du vent. Un moulin à vent dont les ailes tournent quand le vent souffle la bise
2. Souffle, mouvement de l'air produit par un moyen quelconque : Faire du vent avec un éventail brise
3. Fam. Gaz intestinal ; flatulence.
4. Tendance générale des influences qui se manifestent à un moment donné : Un vent de panique soufflait sur le pays. Le vent est au pessimisme.
Aux quatre vents,
dans toutes les directions : Une vieille bâtisse ouverte aux quatre vents.
Avoir vent de qqch,
en entendre parler ; en être plus ou moins informé.
Bon vent !,
bonne chance ! ; iron., bon débarras !
Contre vents et marées
Dans le vent,
à la mode.
Du vent,
chose, en partic., promesse sans valeur, sans fondement : Ses paroles, c'est du vent !
En plein vent,
à découvert ; en plein air.
Instrument à vent,
instrument de musique dans lequel on souffle : La trompette est un instrument à vent.
Prendre le vent,
voir la tournure que prennent les événements pour régler sa conduite.
Sentir le vent du boulet,
comprendre que l'on a échappé à un danger, évité une catastrophe.

vents

n.m. pl.
Instruments à vent.

VENT

(van) s. m.
Courants d'air plus ou moins rapides occasionnés par les changements qui surviennent dans la pesanteur spécifique et le ressort du fluide atmosphérique.
On entendit devant le Seigneur un vent violent et impétueux, capable de renverser les montagnes et de briser les rochers [SACI, Bible, Rois, III, XIX, 11]
Le vent redouble ses efforts, Et fait si bien qu'il déracine Celui de qui la tête au ciel était voisine, Et dont les pieds touchaient à l'empire des morts [LA FONT., Fabl. I, 22]
Elle n'avait ni assez de vent, ni assez de voiles pour favoriser sa course précipitée [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
M. Halley attribue la cause de ces vents [alizés], et avec beaucoup de vraisemblance, au mouvement diurne de la terre, ou, pour parler le langage ordinaire, au cours du soleil d'orient en occident [MAIRAN, Éloge de Halley.]
Si les hommes étaient sages, ils se mettraient toujours au soleil, et fuiraient le vent du nord comme leur ennemi capital [VOLT., Lett. d'Argental, 13 oct. 1769]
Donner une histoire des vents, qui serait un ouvrage très utile pour la navigation et pour la physique [BUFF., Hist. nat. Preuv. théor. terr. Œuv. t. II, p. 253]
On sait que les vents élèvent des montagnes de sable dans l'Arabie et dans l'Afrique, qu'ils en couvrent les plaines.... [ID., ib. 2e disc. Œuv. t. I, p. 168]
Nous pouvons regarder l'action du soleil et de la lune, sinon comme l'unique cause des vents, au moins comme une des causes que nous cherchons [D'ALEMB., Œuv. t. XIV, p. 8]
On se tromperait sûrement, si l'on attribuait tous les vents à la même cause, quoiqu'ils soient tous un courant d'air qui se précipite vers quelque endroit [SENNEBIER, Ess. art d'observ. t. II, p. 102, dans POUGENS]
Le 6 juin, les vents passèrent au sud-est ; le ciel devint blanchâtre et terne ; tout annonçait que nous étions sortis de la zone des vents alizés [LAPÉROUSE, Voy. t. II, p. 131, dans POUGENS]
Les arbres sont moins renversés par le vent pendant l'hiver que pendant l'été, parce que, pendant cette dernière saison, ils sont garnis de feuilles, qui font que le vent a plus de prise sur eux [BRISSON, Traité de phys. t. II, p. 181]
La direction du vent exerce une très grande influence sur la hauteur du mercure dans le baromètre ; les vents des régions boréales le font monter [BOUVARD, Instit. Mém. scienc. t. VII, p. 276]
Vent blanc, sorte de vent du midi ou de l'est, suivant les localités, qui souffle sans couvrir le ciel de nuages. Les vents reçoivent des qualifications différentes suivant leur vitesse ; les principaux sont : vent frais, qui parcourt 6 mètres à la seconde ; vent bon frais, qui parcourt 8 mètres à la seconde ; vent impétueux, qui parcourt 15 mètres. Vent coulis, vent qui passe par de petites ouvertures.
On n'emploierait pas la plus petite somme pour le garantir de tous les vents coulis qui soufflent comme dans la caverne d'Éole [CARACCIOLI, Lett. récréat. t. III, p. 139, dans POUGENS]
Moulin à vent, voy. MOULIN. Il ne fait ni vent ni haleine, il y a un grand calme. Le vent tourne, la direction du vent change. Fig. Le vent tourne, la disposition des choses, des esprits change.
Les principaux de la cour, voyant l'occasion favorable et le vent tourné à la miséricorde, se levèrent et intercédèrent avec larmes [VAUGEL., Q. C. VII, 2]
Au vent, au gré du vent, se dit de ce que le souffle du vent agite. Ses cheveux flottent au gré du vent.
Leur chevelure au vent, et le feu dans les yeux [DELILLE, Én. VII]
Ce vaisseau flotte au gré du vent, à la merci du vent, il n'est plus gouverné. Aller comme le vent, plus vite que le vent, aller extrêmement vite.
Nous avons quatre chevaux à chaque calèche ; cela va comme le vent [SÉV., 104]
J'avais pris votre cabriolet, j'allais comme le vent [PICARD, Trois quart. I, 8]
Jeter la plume, la paille au vent, locution prise de l'action de jeter une plume au vent pour voir d'où il souffle, et qui signifie se laisser conduire par le hasard. Mettre la plume au vent, hasarder quelque chose. Regarder de quel côté vient le vent, examiner de quel côté le vent souffle.
Elle interrompait à tout moment la lecture pour demander de quel côté venait le vent [VOLT., Princ. de Babyl. 7]
Fig. Regarder de quel côté vient le vent, s'amuser à regarder dehors sans aucun dessein et en homme oisif.
J'y entends tous les matins mille oiseaux ; vous n'en avez point où vous êtes, et vous observez seulement, comme vous disiez l'autre jour, de quel côté vient le vent ; votre terrasse doit être une fort belle chose [SÉV., 436]
Fig. Regarder de quel côté vient le vent, signifie aussi observer le cours des événements pour y subordonner sa conduite. Autant en emporte le vent, se dit des choses légères que le vent enlève facilement.
La housse ôtée, il n'y a qu'à la secouer ; autant en emporte le vent ; cela s'en va comme de la poussière [DANCOURT, les Agiot. II, 3]
Fig. Autant en emporte le vent, c'est-à-dire tout ce que vous dites ou faites, le vent l'emporte ; il n'en reste rien.
Mille fois, au fort de l'orage J'ai regretté votre Carthage : Autant en emportait le vent [SCARR., Virg. VI]
Je ne finirais jamais de vous dire tous les compliments qu'on me fit [à la cour], et à vous aussi ; et de tout cela, autant en emporte le vent ; on est ravi de revenir chez soi [SÉV., 6 janv. 1672]
Fig. C'est une girouette qui tourne à tout vent, au moindre vent, il tourne à tout vent, se dit d'un esprit léger, inconstant.
Peut-être cet esprit qui se tourne à tout vent Vous aimerait alors autant qu'auparavant [RACAN, Berger. Polist. I, 2]
La tête d'une femme est comme la girouette Au haut d'une maison, qui tourne au premier vent [MOL., Dép. amour. IV, 3]
Tourner, suivant l'expression de saint Paul, à tout vent de doctrine [BOURDAL., Pens. t. I, p. 158]
Importun à tout autre, à soi-même incommode, Il change à tous moments d'esprit comme de mode, Il tourne au moindre vent [BOILEAU, Sat. VIII]
Fig. À tout vent, suivant toutes les impulsions.
Dieu me garde d'aller me fourrer dans le tourbillon d'impertinences qui emporte à tout vent toutes les cervelles de Paris [VOLT., Lett. Richelieu, 29 avr. 1772]
Fig. Humer le vent, être gobe-mouche, croire niaisement. Fig. Avoir le visage au vent, être malheureux. Fig. Lier le vent, tenter une chose impossible.
Ils n'en viendront à bout [de marier un homme irrésolu] que le jour qu'ils auront trouvé l'invention de lier le vent, et de fixer le mercure [SÉV., 3 nov. 1688]
Coup de vent, vent violent qui s'élève tout d'un coup.
Le temps fut très beau jusqu'au 28, que nous eûmes un coup de vent très violent de la partie de l'est [LAPÉROUSE, Voy. t. II, p. 41]
Coiffé en coup de vent, se dit d'une personne dont les cheveux sont en désordre comme si le vent les avait dérangés. Terme de marine. Coups de vent, vents très forts dont la direction varie peu.
Vents souterrains, vents qui se forment dans les concavités de la terre.
Les vents souterrains, produits par ces agitations, soufflent et s'élancent avec violence.... [BUFF., Min. t. IX, p. 12]
Il signifie quelquefois simplement l'air, les airs.
Par mes soupirs, au vent sans profit dispersés [RÉGNIER, Élég. II]
[Guerriers morts].... dont les troncs pourris exhalent dans les vents De quoi faire la guerre au reste des vivants [CORN., Pomp. I, 1]
L'un, sur un roc assis, Chantait aux vents ses amoureux soucis [LA FONT., Court.]
Enfin elle [la Brinvilliers, exécutée et brûlée] est au vent, et son confesseur dit que c'est une sainte [SÉV., 29 juill. 1676]
Que sa cendre coupable abandonnée aux vents.... [VOLT., Brut. I, 2]
Déraciné dans ses entrailles, L'enfer de la Bastille, à tous les vents jeté, Vole, débris infâme... [A. CHÉN., le Jeu de paume.]
Fendre le vent, s'en aller, faire banqueroute. Envoyer au vent, envoyer promener.
Envoyer et la dame et les amours au vent [CORN., Suite du Ment. II, 5]
Mettre flamberge au vent, tirer l'épée, dégainer.
Courage, mon garçon ! tout heur nous accompagne : Mettons flamberge au vent, et bravoure en campagne [MOL., l'Ét. III, 5]
Fig.
Il va trouver sa femme, Met la fleurette au vent [LA FONT., Coupe.]
En plein vent, en plein air. Une boutique en plein vent.
Il meurt, et la joie expire ! Il meurt, lui qui si souvent Nous a fait mourir de rire à son théâtre en plein vent ! [BÉRANG., Turlupin.]
Terme de jardinage. Un arbre planté en plein vent, un arbre en plein vent, un arbre de plein vent, ou de haut vent, et, elliptiquement, un plein vent, un arbre qui n'a aucun abri contre le vent, qui n'est pas en espalier. Mi-vent, ou demi-vent, arbre fruitier à tige peu élevée abandonné à lui-même.
Les quatre vents, les quatre points cardinaux. Être logé aux quatre vents, être logé dans un lieu mal fermé.
Un sixième qui était un cabinet ouvert aux quatre vents [MONTESQ., Lett. pers. 45]
Les vents, personnages mythologiques, qui avaient pour fonction de souffler suivant le commandement d'Éole, leur roi.
Mais un jour que les vents, retenant leur haleine, Laissaient paisiblement aborder les vaisseaux [LA FONT., Fabl. IV, 2]
.... au printemps, quand Flore dans les plaines Faisait taire des vents les bruyantes haleines [BOILEAU, Lutr. II]
Avez-vous dans les airs entendu quelque bruit ? Les vents nous auraient-ils exaucés cette nuit ? [RAC., Iphig. I, 1]
Acteurs qui, sur les théâtres et surtout à l'Opéra, représentent les vents.
Dans des chaconnes et gavottes, J'ai vu des Fleuves sautillants ; J'ai vu danser des Matelotes, Trois Jeux, six Plaisirs et deux Vents [PANARD, Œuv. t. III, p. 334]
Têtes de vents, bouches de vents, têtes, bouches peintes ou sculptées, aux joues tendues, représentant les vents.
Des faces avec des joues enflées, pour représenter les vents qui soufflent [BOUHOURS, Entretiens, 6]
Dans les contrées maritimes, vent de terre ou brise de terre, vent qui vient de la terre. Vent de mer, ou brise de mer, vent qui vient de la mer.
Terme de marine. Les trente-deux vents ou la rose des vents, la division du compas. Le vent considéré dans son action sur un bâtiment.
Je ne laisserai pas de vous pouvoir montrer quelque jour des poulets [billets d'amour] en portugais.... mais j'espère que le vent [un navire poussé par le vent] emportera bientôt toutes ces affections et me mettra en lieu où j'en ai de plus solides [VOIT., Lett. 43]
Dans deux jours il [un navire] sera achevé de charger, et partira au premier vent [ID., ib. 43]
Il fait voile, il vogue, il a bon vent [LA FONT., Fianc.]
Nous eûmes assez longtemps un vent favorable pour aller en Sicile [FÉN., Tél. I]
Pincer le vent, rallier le vent ou au vent, serrer le vent, tenir le vent, et aller au plus près du vent, ou, elliptiquement, aller au plus près, disposer les voiles de manière que le bâtiment aille le plus près qu'il est possible de la ligne sur laquelle le vent souffle, en remontant vers le côté d'où il souffle.
Dans cette situation, je crus devoir serrer le vent, et gouverner au sud-sud-est [LAPÉROUSE, Voy. t. III, p. 10, dans POUGENS]
Avoir le vent sur un navire, être au vent d'un navire, avoir le dessus du vent, gagner le vent, le dessus du vent à un navire, se mettre entre le lieu d'où le vent souffle et le navire dont il s'agit.
Les nouvelles portant, même celles de Bruxelles et d'Amsterdam, que nos vaisseaux avaient le vent sur l'ennemi, et qu'on les a vus poursuivre les Hollandais vers le nord [PELLISSON, Lett. hist. t. I, p. 297]
Fig. Gagner le vent, l'emporter.
On peut le rétorquer [l'axiome] ; et, en tournant la médaille, on gagnera le vent sur le moraliste, [, Analyse de Bayle, t. II, p. 90]
Quand un objet se trouve plus près de l'origine du vent que la perpendiculaire à la direction de l'aire de vent qui passe par un autre objet, le premier de ces objets est au vent de l'autre ; s'il est plus loin de l'origine du vent par rapport à cette perpendiculaire, il est sous le vent de l'autre objet. Cette île était au vent à nous, elle était entre le lieu d'où soufflait le vent et nous. Cette île nous restait sous le vent, nous étions entre cette île et l'endroit d'où le vent soufflait. Sous le vent, du côté opposé à celui d'où vient le vent.
Le Portefaix se trouvait sous le vent de mon escadre [JEAN BART, dans JAL]
L'île d'Aves, à cinquante lieues sous le vent de la Dominique, est si couverte d'oiseaux de mer, qu'on n'en voit nulle part en aussi grande quantité [BUFF., Ois. t. XIII, p. 359]
Fig. Avoir le dessus du vent, avoir l'avantage sur quelqu'un.
Celle [philosophie] d'Epicure, ses pourceaux voluptueux, celle d'Aristote, ses scolastiques contentieux, qui ont si bien aujourd'hui le dessus du vent [LA MOTHE LE VAYER, Dial. d'Orat. Tub. t. I, p. 162]
Fig. Il est au-dessus du vent, se dit d'un homme en fortune, en position de ne rien craindre ; locution qui n'est pas usitée au propre dans la marine.
La voilà donc [Mme d'Arpajon] transportée de joie, au-dessus du vent et de tous les procès de M. d'Ambres [SÉV., 13 juin 1684]
Disputer le vent, se dit de vaisseaux qui font leurs efforts pour gagner le dessus du vent l'un par rapport à l'autre. Chicaner le vent, lutter le plus possible contre la direction du vent. Le vent est juste quand il force à tenir le plus près pour gouverner à l'aire de vent prescrite. Vent fait, vent qui ne varie plus, qui paraît devoir durer. Vents alizés, voy. ALIZÉ. Vent frais, voy. FRAIS 1, n° 2. Vent forcé, vent violent et plus fort qu'il ne faut. Avoir vent arrière, se dit de l'allure sous laquelle navigue un bâtiment, lorsque le vent le frappe dans la direction de sa poupe, et qu'il marche dans le même sens que le vent avec ses voiles déployées en conséquence. Dans un sens opposé, avoir vent debout, vent contraire, un vent opposé à la route qu'on veut tenir.
Nous passâmes en deux heures le premier goulet, malgré le vent qui était directement debout et très violent [BOUGAINVILLE, Voy. t. I, p. 234]
Être vent devant, se dit d'un navire qui reçoit le vent sur ses voiles, en le prenant de devant. Avoir le vent en poupe, être favorisé par le vent ; ne se dit pas souvent au propre dans la marine.
Sa flotte, qu'à l'envi favorisait Neptune, Avait le vent en poupe ainsi que sa fortune [CORN., Pomp. III, 1]
On y arriva le lendemain [à Sainte-Marthe].... on était porté d'un vent en poupe extrêmement frais [, d'Estrées à Seignelay, 24 août 1680, dans JAL]
Fig. Avoir le vent en poupe, être favorisé par les circonstances, avoir l'avantage sur quelqu'un.
Pour peu qu'en ce métier on ait le vent en poupe.... [BOURSAULT, Fabl. d'És. v, 4]
Vent largue, voy. LARGUE. Vent du large, vent soufflant de la haute mer.
Nous étions abrités des vents du large par un gros morne coiffé de nuages.... [LAPÉROUSE, Voy. t. II, p. 114, dans POUGENS]
Avoir vent et marée, se dit d'un navire qui est poussé à la fois par le vent et par la marée montante. Fig. Avoir vent et marée, avoir toutes choses favorables pour réussir dans ses desseins. Aller contre vent et marée, avoir le vent et la marée contraires.
Nous voulons contre vent et marée arriver à Nantes ; nous ramons tous [SÉV., 218]
Fig. Aller contre vent et marée, poursuivre obstinément un projet malgré les obstacles.
Elle a établi son fils à la cour contre vent et marée [SÉV., 236]
Elle et lui n'ont point eu de repos, que ce mariage n'ait été achevé contre vent et marée [ID., 25 juin 1690]
Aller selon le vent, régler sa navigation selon le vent, et fig. s'accommoder au temps.
Pourvu.... Qu'on parle baragouin, et qu'on suive le vent [RÉGNIER, Sat. III]
Aller tout d'un vent, d'un même vent, faire un trajet direct pour lequel un seul et même vent est nécessaire. Proverbialement. On va d'un même vent à deux endroits opposés, et aussi : On va de tout vent à un même endroit. Fig. Quel bon vent vous amène ? se dit à une personne qui arrive, pour lui demander le sujet de sa venue.
Bonjour, Finette ; à notre appartement quel bon vent te conduit ? [DANCOURT, Mme Artus, I, 2]
Terme de chasse. Chasser au vent, aller dans le vent, aller contre la direction du vent. Fig.
[ Ce qui fait au poëte] Porter la tête basse et l'esprit dans le vent [RÉGNIER, Sat. v.]
On dit aussi prendre le vent, aller à bon vent. Tirer au vent, c'est lorsque, en prenant les devants d'un animal, le chien a le vent. Porter le nez au vent, ou, elliptiquement, porter au vent, se dit des animaux et surtout des chevaux, quand ils portent la tête haute. Fig. Il se dit d'un homme qui a l'air fier et dédaigneux.
Le dirai-je ? ils portent au vent, attelés tous deux au char de la fortune, et tous deux fort éloignés de s'y voir assis [LA BRUY., VIII]
Fig. Le nez au vent, en flairant les événements.
Vous, messieurs, qui le nez au vent, Encensez tout soleil levant [BÉRANG., Vil.]
Le nez au vent, se dit aussi pour indiquer un air étourdi, évaporé. Terme de fauconnerie. Bander au vent, se dit d'un faucon qui se tient sur les chiens en fuyant la crécerelle. Tenir le bec au vent, se dit du faucon qui résiste sans tourner la queue. Prendre le haut du vent, voler au-dessus du vent. Aller à vau-le-vent, avoir la queue au vent. Aller contre le vent, avoir le bec au vent. Aller l'aile au vent, voler à côté du vent.
10° Fig. Influence qui favorise ou qui nuit, comme un souffle favorable ou malfaisant. Le vent des prospérités. Le vent de la faveur.
M. le Tellier se voit élevé aux plus grandes places, non par ses propres efforts, mais par la douce impulsion d'un vent favorable [BOSSUET, le Tellier.]
Je le plains, je le tiens échoué ; ce rigide censeur, il s'égare et il est hors de route ; ce n'est pas ainsi que l'on prend le vent et que l'on arrive au délicieux port de la fortune [LA BRUY., XII]
L'ambition, l'intérêt, le bon air si puissant en France, le vent de la cour auraient décidé les indifférents et ramené les autres [DUCLOS, Œuv. t. v, p. 278]
Son courage naissant et ses jeunes vertus Par le vent du malheur languissent abattus [DELILLE, Pit. III]
Et que jamais n'arrive à cette tendre fleur Le souffle de la haine et le vent du malheur ! [ID., Jard. II]
La religion chrétienne est un vent céleste qui enfle les voiles de la vertu [CHATEAUBR., Génie, II, III, 1]
Il s'est élevé un vent de la colère autour de l'édifice de la mort [Saint-Denis] [ID., ib. IV, II, 9]
Quand, au vent de la cour, votre fortune échoue [P. LEBRUN, Marie St. II, 2]
11° L'air agité par quelque moyen particulier. Faire du vent avec un soufflet, avec un éventail. Instruments à vent, instruments de musique dans lesquels le son est formé par l'air qu'on y introduit.
L'organe de la voix n'est pas simplement un instrument à vent ; il est à la fois un instrument à vent et un instrument à cordes, et beaucoup plus à cordes qu'à vent [BONNET, Contempl. nat. t. VIII, p. 33, dans POUGENS]
Fusil à vent, voy. FUSIL.
12° Le vent d'un boulet, l'air agité par le passage d'un boulet de canon. Presque tous les chirurgiens de notre époque s'accordent à considérer l'action des projectiles de gros calibre, passant à proximité du corps vivant, comme impuissante à produire les contusions vulgairement attribuées au vent du boulet ; et, quand un homme tombe mort sans présenter de lésion apparente, on reconnaît qu'à la vérité la peau est intacte, le projectile ayant frappé obliquement, mais que les os sont brisés et les organes intérieurs écrasés.
13° Terme d'artillerie. Différence qui existe entre le diamètre d'un projectile et celui de l'âme d'une bouche à feu. On nomme spécialement ainsi la différence du diamètre de l'âme d'une bouche à feu au diamètre de la grande lunette de réception du projectile ; et on nomme vent effectif moyen la différence entre le diamètre de l'âme et la moyenne des diamètres des deux lunettes.
La théorie et l'expérience sont bien d'accord sur l'effet ordinaire de ce que l'on nomme le vent ou l'espace que l'on est obligé de laisser entre le boulet et les parois de la pièce pour pouvoir l'y introduire facilement [GUYTON, Instit. Mém. scienc. 1807, 2e sem. p. 118]
14° Populairement, respiration, souffle. Prendre, retenir son vent.
L'un des deux compagnons grimpe au faîte d'un arbre ; L'autre, plus froid que n'est un marbre, Se couche sur le nez, fait le mort, tient son vent [LA FONT., Fabl. v, 20]
Je vous conseille auparavant De reprendre un peu votre vent [ID., Nic.]
Terme de manége. Avoir du vent, se dit d'un cheval qui commence à être poussif. Donner vent au vin, faire une petite ouverture à un tonneau plein ; sans quoi on ne pourrait en rien tirer. Donner vent à un tonneau, y faire une petite ouverture, pour en laisser sortir l'air pendant que le vin travaille. Fig. Donner vent, laisser un libre cours. Donner vent à sa colère, à son indignation.
15° Les gaz qui sont dans le corps de l'homme et des animaux.
Enfin vous ne l'entendez pas [le mot d'une énigme] ? - Non, qu'est-ce ? - C'est un vent échappé par en bas [BOURSAULT, le Merc. gal. v, 8]
La fille de Dangeau passe pour très riche, mais aussi pour ne pas retenir ses vents, dont on fit force plaisanterie [SAINT-SIMON, 21, 251]
La comtesse d'Auvergne acheva une courte vie par une maladie assez rare, qui fut une hydropisie de vent [ID., 139, 28]
16° Terme de vénerie. Odeur qu'une bête laisse sur son passage. Avoir le vent d'une bête. Le cerf est de plus grand vent que le lièvre. Il se dit aussi des émanations qui proviennent d'un corps quelconque.
Lorsqu'il [le loup] veut sortir du bois, il ne manque jamais de prendre le vent [BUFF., Morc. choisis, p. 235]
Le sanglier a eu le vent du gland, les corbeaux ont eu le vent d'une bête morte, l'odeur en est parvenue jusqu'à eux. Fig. et familièrement. Avoir vent de quelque chose, avoir vent que quelque chose se passe, en recevoir quelque avis.
J'eus quelque vent, dans le temps même, du dessein de Touteville [RETZ, Mém. t. III, liv. IV, p. 405, dans POUGENS]
Ayant eu le vent des beautés.... Qu'en sa voisine on disait être [LA FONT., Fianc.]
Il la voyait souvent, Parlait de l'épouser ; son père en eut le vent [TH. CORN., D. César d'Avalos, II, 6]
Dès qu'elle eut le vent de ces menées [HAMILT., Gram. 8]
Lesquels, ayant eu vent que quatre de leurs camarades avaient dessein de se battre, étaient accourus pour les séparer [LESAGE, Est. Gonz. 46]
On dit dans le même sens : n'avoir ni vent ni nouvelle, ni vent ni voie de quelqu'un ou de quelque chose.
Amour est mort ; le pauvre compagnon Fut enterré sur les bords du Lignon ; Nous n'en avons ici ni vent ni voie [LA FONT., Rém.]
Son père lui avait écrit d'y venir pour cela, et l'on n'en a ni vent ni nouvelles [DANCOURT, Gal. jard. sc. I]
Je n'ai eu ni vent ni voie de Formont [Mme DU DEFFANT, Corresp. t. II, p. 32, dans POUGENS]
Fig. Le vent du bureau, ce qu'on connaît ou ce qu'on présume des dispositions où sont ceux de qui dépend la décision d'une affaire.
Je crains fort les ciseaux de la police [pour une tragédie] ; si on nous rogne les ongles, il nous sera impossible de marcher ; d'ailleurs le vent du bureau n'est pas pour nous [VOLT., Lett. d'Argental, 24 nov. 1772]
Cela fait présumer que ce dernier, qui n'avait pas le vent du bureau, a repris faveur [, Corresp. de Klinglin, I, 292]
17° Fig. Chose vaine et vide.
Il n'y faut plus songer ; c'est se paître de vent [RÉGNIER, Plainte.]
Marchand des plus rusés, et qui le plus souvent Payait ses créanciers de promesse et de vent [ID., Épît. II]
Cette réputation n'est, à ce qu'on dit, que du vent ; mais ce vent-là fait quelquefois tourner le moulin [GUI PATIN, Lett. t. II, p. 468]
C'est promettre beaucoup, mais qu'en sort-il souvent ? Du vent [LA FONT., Fabl. v, 10]
Il y a [dans un mot] le son qui n'est que du vent [PASC., Prov. II]
Cet auteur n'a que du vent et de l'écorce [BOILEAU, Longin, Subl. II]
J'ai un grand nom, dites-vous, et beaucoup de gloire ; dites que j'ai beaucoup de vent, qui ne sert à rien [LA BRUY., XII]
[Villeroy] Nulle lecture, nulle instruction, ignorance crasse sur tout, plates plaisanteries, force vent et parfait vide [SAINT-SIMON, 392, 64]
Sur la pointe des vents, sur des choses de peu d'importance, sur des bagatelles.
Je ne vous entretiendrais pas de ces sortes de faiblesses, dont je suis bien assuré que vous vous moquez, sans que la lettre d'aujourd'hui est un peu sur la pointe des vents [SÉV., 22 sept. 1679]
18° Vanité.
[ Lesdiguières ] avec moins de vent et plus de réflexion, c'eût été un homme en tout temps dans un royaume [SAINT-SIMON, 129, 171]
19° Nom de petits globules qui se forment entre les couches de blanc de dorure.

PROVERBES

  • Petite pluie abat grand vent, une petite pluie fait ordinairement cesser un grand vent ; et fig. une cause légère, un petit incident fait cesser quelquefois de grands troubles.
  • À brebis tondue Dieu mesure le vent, la Providence proportionne nos maux à nos forces.
  • Selon le vent la voile, il faut déployer plus ou moins de voiles suivant que le vent est plus ou moins fort, et fig. il faut proportionner ses entreprises à ses moyens.
  • On tend les voiles du côté que vient le vent, on se sert des avantages qui se présentent.
  • Il pleut à tous vents, il peut venir du bien et du mal de tous les côtés.
  • Qui va sans barbe et tout nu Au vent de bise est morfondu.
  • Qui est sur la mer ne fait pas des vents ce qu'il veut.
  • Il faut laisser courir le vent par-dessus les tuiles, il faut souffrir ce qu'on ne peut empêcher.

REMARQUE

  • Je suis persuadé qu'il faut dire : il s'élève un vent de midi, et non pas un vent du midi ; mais je ne sais s'il ne faut pas dire plutôt : le vent du midi est celui qui.... que de dire : le vent de midi est celui qui.... VAUGEL. Rem. not. Th. Cor. t. II, p. 698, dans POUGENS. Cette remarque n'a pas prévalu, et l'on dit en toute circonstance : un vent, le vent du midi, du nord.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Orez [orage] i ad de tuneire e de vent [, Ch. de Rol. CIX]
  • XIIe s.
    Toutes enseignes contre venz baloians [, Ronc. p. 135]
    Si com fait nes [nef] que vens guie [guide] [, Couci, III]
    Et gesir mainte nuit al vent et à l'orage [, Sax. XXVI]
    Li segrestain unt mis par fiance erramment, Qu'al premier flot irad ariere, s'il a vent [, Th. le mart. 124]
  • XIIIe s.
    Si laissierent lor voiles aler au vent [VILLEH., LX.]
    Et li vens est cheüs, et li tens s'asseüre [, Berte, XLII]
    À Montfaucon [gibet] le firent sus al vent encrouer [, ib. XCVII]
    Li muables se torne à chascun vent [BRUN. LATINI, Trésor, p. 309]
    S'essiliez ere [j'étais] de la terre, Ou se ge ere mis au vent [pendu] [, Ren. v. 17684]
    Atant est remese la chace, Que nus [nul] n'en sot [sut] ne vent ne voie [, ib. v. 22232]
    .... C'est tous vens D'emprendre amors, s'ele n'est poursuivie [, Ms. de poés. franç. av. 1300, t. II, p. 829, dans LACURNE]
    Vens ichi est apellé Paroles de tricheors [, ib. p. 929]
    Uns homs puet tant entour sa niece Et se [sa] suer repairier sovent, C'on dit tantost qu'il i a vent, Et que leur vie est communaus [, ib. t. IV, p. 1317]
    Et se sa robe li traïne, Ou près du pavement s'encline, Si la lieve encoste ou devant, Si cum por prendre ung poi de vent [, la Rose, 13754]
    Endementieres [tandis que] nous en venions, je li fis oster son hyaume, et li baillé mon chapel de fer pour avoir le vent [JOINV., 228]
  • XIVe s.
    Et quant li pelerin en oïrent le vent, Pour Bertran du Guesclin en furent moult doulent [, Guesclin. 15411]
    Quant Henry vint à eulx tenir son parlement, Il ne firent de lui compte nès que du vent [, ib. 8159]
    Et apparut à escient Que pou de pluye abat grant vent [, Liv. du bon Jeh. 1396]
  • XVe s.
    L'an mil trois cent un avec quatre vins, Le premier jour du doubteux mois de mars, Leva grant vent de paillars et coquins Qui a Paris couru de toutes pars [E. DESCH., Poésies mss. f° 128]
    Avoir vent à volonté [vent favorable] [FROISS., II, II, 29]
    Il commença à rire et dit qu'ils l'avoient songé, et que ce n'avoit esté que vent [ID., II, III, 22]
    Tous y battirent vent [y perdirent leur peine], et ne porent trouver voyes ne maniere de le faire venir devers le duc [CHASTELL., Chron. de Bourg. II, 69]
    En ce temps que j'ay dit devant, Sur le noel morte saison, Lorsque les loups vivent de vent [VILLON, Petit testament.]
    Quant ilz se furent ainsi acoustrez, il convint par necessité que l'ung et l'autre se retirast pour vent cueillir [reprendre haleine] [, Perceforest, t. I, f° 50]
  • XVIe s.
    Là feut entre les autres un des soldats de la place mis au vent [pendu] [J. D'AUTON, Ann. de Louis XII, p. 179, dans LACURNE]
    Ayant senty le premier vent de la deliberation du vice roy de le deposseder [MONT., II, 35]
    Les pires escripts ont gaigné le dessus du vent populaire [ID., IV, 91]
    La maison de Guise, qui dès-lors practiquoit le vent des peuples, et sur tout la bonne oppinion des ecclesiastiques [D'AUB., Hist. I, 83]
    Son fils estoit de ceux qu'on appelle mal nez, ne se purgeant ni par le nez ni par la bouche, laquelle il portoit ouverte pour prendre son vent [ID., ib. I, 90]
    Norfolc fut condamné à estre jetté au vent, la corde couppée, et le cœur arraché pour lui en battre les joues [ID., ib. II, 89]
    Massardiere faillit à estre enterré, n'estant estonné que du vent du canon [ID., ib. II, 153]
    La Florissante [navire] se trouva sans vent [ID., ib. II, 304]
    Le vent de la faveur passe sur ces courages [ID., Tragiques, édit. LALANNE, p. 212]
    Ô ploiables esprits, o consciences molles, Temeraires jouets du vent et des paroles [ID., ib. p. 82]
    Non pas qu'il s'en vantast trop ; car il estoit très sobre en vanterie, et avoit tousjours plus d'effets que de vent [BRANT., Capit. franç. t. III, p. 82]
    Lequel reproche, possible, fut cause de faire sortir l'empereur de ses Espagnes et monts Pyrenées, pour prendre le vent [se mettre en campagne] et charger les armes [ID., Capit. estrang. t. I, p. 6]
    Depuis jamais on n'a pu ouir ny vent ny voix de l'espicier [, Nuits de Straparole, t. II, p. 404, dans LACURNE]
    Vent au visage rend l'homme sage [LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 135]
    Le vent n'entre jamais dans la maison d'un advocat [ID., ib. p. 136]
    Plus desgelle droit vent que ne fait eau boillant [ID., ib.]
    Nul vent ne fait pour celuy qui n'a point de port destiné [COTGRAVE, ]
    Il vaut mieux des pieds combattre, En fendant l'air et le vent, Que se faire occire ou battre Pour n'avoir pris le devant [, Sat. Mén. les tapisseries]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, vain ; provenç. vent, ven ; catal. vent ; espagn. viento ; ital. vento ; du lat. ventus ; comparez le goth. wajan, allem. wehen, venter, sanscr. vata, vent, va (a long), souffler.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    VENT.
    Ajoutez :
  • En coup de vent, signifie aussi : brusquement.
    Sans vouloir en entendre davantage, madame de Vresles, indignée, a pris son chapeau et le reste, et est partie en coup de vent [, Journ. amusant, 10 août 1872]
  • Ajoutez :
  • Fendre le vent, signifie aussi se sauver, s'enfuir.
    La nuit d'auparavant Vous sûtes faire Gille et fendîtes le vent [CORN., Suite du Menteur, I, 1]
  • Proverbes, Ajoutez :
  • Vent du midi les chiens au chenil ; vent du nord les chiens dehors.

vent

VENT. n. m. Mouvement plus ou moins rapide de l'air, suivant une direction déterminée. Le vent du nord, le vent d'est, le vent d'ouest. Vents périodiques, journaliers. Vents irréguliers, variables. Vent impétueux, modéré, faible. Vent froid, piquant, frais, doux, chaud, humide, pluvieux. Il fait grand vent. Le vent souffle du nord, de l'est. Le vent se lève. Le vent change. Le vent tourne. Le vent cesse, est tombé. Être exposé au vent, à tous les vents, à tout vent. Être à l'abri du vent. La force, la vitesse, la violence, l'impétuosité du vent. Il vient bien du vent par cette porte, par cette fenêtre. Cet arbre a été abattu d'un coup de vent.

Vent coulis, Léger courant d'air.

En termes de Jardinage, Arbres en plein vent, de plein vent, Arbres fruitiers de haute tige, qui ne sont point plantés en espalier et qui sont exposés au vent de tous côtés. On dit en un sens analogue, dans le langage ordinaire : Une boutique, un étalage en plein vent.

Par exagération, Il va comme le vent, il va plus vite que le vent se dit d'un Homme, d'un cheval etc., qui est très rapide à la course.

Voler au vent, Être soutenu dans l'air par le vent. Une feuille, un papier qui vole au vent.

Ce vaisseau flotte au gré du vent, à la merci du vent, Il n'est point gouverné. Ses cheveux flottent au gré du vent, Ils flottent en l'air, agités par le souffle du vent.

Fig., Jeter aux vents, Disperser. Ses cendres furent jetées aux vents.

Fig., Autant en emporte le vent se dit en parlant de Promesses auxquelles on n'ajoute point de foi, ou de Menaces dont on ne craint point les effets.

Fig. et fam., C'est une girouette qui tourne à tout vent, au moindre vent; il tourne à tout vent, à tous les vents se dit d'un Homme dont l'esprit est léger, inconstant.

Fig. et fam., Regarder de quel côté vient le vent, Observer le cours des affaires et les diverses conjonctures pour régler sa conduite suivant ce que l'on découvre. Il se prend le plus souvent en mauvaise part. On dit encore en ce sens : Prendre le vent.

Fam. et par plaisanterie, Mettre flamberge au vent, Tirer l'épée.

Moulin à vent, Moulin que le vent fait mouvoir.

Prov., Petite pluie abat grand vent, Une petite pluie fait ordinairement cesser un grand vent. Il signifie aussi, figurément, Un peu de douceur apaise souvent un grand emportement, ou Une cause légère, un petit incident fait cesser quelquefois de grands troubles, de grandes querelles.

Prov. et fig., À brebis tondue Dieu mesure le vent, La Providence proportionne nos épreuves à nos forces.

En termes de Marine, Aire du vent, Direction suivant laquelle souffle le vent.

Rose des vents, Figure portée sur le cadran du compas et où sont marquées trente-deux divisions destinées à indiquer l'aire du vent.

Vent de terre ou Brise de terre, Vent qui vient de la terre et qui souffle la nuit. Vent de mer ou Brise de mer, Vent qui vient de la mer et qui souffle pendant le jour.

Avoir vent arrière, avoir bon vent, Avoir un vent qui porte directement le navire vers le point où l'on veut aller. Avoir vent debout, vent contraire, Avoir un vent directement opposé à la route que l'on veut faire. Être vent devant se dit d'un Navire qui reçoit le vent sur ses voiles, en le prenant de devant.

Avoir le vent en poupe ne se dit plus guère au propre en termes de Marine, mais il se dit figurément pour signifier Être secondé, favorisé par les circonstances.

Fig., Un bon vent, un mauvais vent, Des circonstances heureuses, malheureuses. Quel bon vent vous amène? Dans le style soutenu, Le vent de l'adversité, La mauvaise fortune. On dit de même : Le vent de la faveur, L'avantage du crédit, de la faveur. On dit aussi : Le vent tourne, Le cours des choses change, devient favorable, ou cesse de l'être.

En termes de Marine, Pincer le vent, serrer le vent, rallier le vent ou au vent, tenir le vent, aller au plus près du vent ou, elliptiquement.. aller au plus près, Disposer ses voiles de telle sorte que le navire aille le plus près qu'il est possible de la ligne sur laquelle le vent souffle, en remontant vers le côté d'où il souffle.

Avoir le vent sur un navire, être au vent d'un navire, avoir le dessus du vent, gagner le vent, le dessus du vent à un navire, Se trouver ou se mettre entre le lieu d'où le vent souffle et le navire dont il s'agit. Être sous le vent, Être séparé par un autre navire du lieu d'où souffle le vent. Ces expressions s'emploient aussi en parlant d'une Île. On dit de même : Cette île était au vent à nous, Elle était entre nous et l'endroit d'où soufflait le vent; Cette île nous restait sous le vent, Nous étions entre cette île et l'endroit d'où le vent soufflait.

Fig. et fam., Avoir le dessus du vent, Avoir l'avantage sur quelqu'un.

En termes de Marine, Vent fait, Vent qui ne varie plus et qui paraît devoir durer.

Vents alizés. Voyez ALIZÉ.

Vents étésiens. Voyez ÉTÉSIEN.

Vent frais, Vent médiocrement fort et bon pour faire route. Vent forcé, Vent violent et plus fort qu'il ne faut.

Saute de vent, Changement subit dans la direction du vent.

Avoir vent et marée se dit d'un Bâtiment qui se trouve avoir en même temps le vent et la marée favorables pour la route qu'il fait. Dans le sens contraire, Aller contre vent et marée se dit lorsque la marée et le vent se trouvent contraires à la route qu'un bâtiment veut tenir.

Fig. et fam., S'obstiner, persévérer contre vent et marée, Poursuivre ce qu'on a commencé, malgré toutes les difficultés qui s'y opposent.

En termes de Marine, Aller selon le vent, Régler sa navigation sur le vent. Aller tout d'un vent, d'un même vent, Faire sa route avec un seul vent, ce qui a lieu lorsque le trajet est direct et qu'on n'a besoin que d'un seul vent pour le faire.

Fig. et fam., Aller selon le vent, S'accommoder au temps.

En termes de Chasse, Chasser au vent, aller dans le vent, Aller contre le vent.

Porter au vent, porter le nez au vent se dit des Animaux, surtout des chevaux, lorsqu'ils portent la tête haute.

Avoir le nez au vent se dit d'un Chien qui quête, qui flaire les odeurs qu'apporte le vent. Il se dit aussi figurément des Personnes et signifie Être en quête, chercher une affaire, une occasion.

Fig. et fam., Cet homme va le nez au vent, Il tient la tête haute, il marche droit devant soi, sans faire attention.

VENT se dit aussi de l'Air agité par un moyen quelconque. Faire du vent avec un soufflet, avec un éventail.

Le vent d'un boulet de canon, L'air agité par le passage d'un boulet de canon. Le vent du boulet le jeta par terre.

Instruments à vent, Instruments de musique dont le son est formé par l'air qu'on y introduit, par opposition aux Instruments à cordes où le son est formé par les vibrations des cordes. La trompette, le hautbois, la flûte, la clarinette sont des instruments à vent.

Fusil à vent, Fusil où le projectile est chassé par l'air qui y a été comprimé.

VENT se dit encore des Gaz retenus dans le corps de l'homme ou des animaux. Avoir des vents. Cela cause des vents, donne des vents Lâcher un vent.

En termes de Chasse, il désigne l'Odeur qu'une bête laisse dans les lieux où elle a été, où elle a passé. Le cerf est de plus grand vent que le lièvre.

Il désigne aussi l'Odeur qui vient des émanations d'un corps. Le sanglier prend le vent de tous côtés avant que de sortir de sa bauge, Il flaire de tous côtés. Le sanglier a eu le vent du gland, les corbeaux ont eu le vent d'une bête morte, L'odeur en est parvenue jusqu'à eux.

Fig. et fam., Avoir vent de quelque chose, avoir vent que quelque chose se passe, En recevoir quelque avis. On a eu vent de leur projet.

VENT signifie figurément Chose vaine. Tout cela n'est que du vent, n'est que vent. Qu'en sort-il? du vent.

vent

Vent, Ventus, Il se prend aussi en venerie pour l'odeur et sentiment qu'une beste laisse de soy. Fouillous au cha. 1. A cause que le cerf est de plus grand vent et sentiment que le lievre, et le sanglier a eu le vent de la gland, c'est à dire, l'odeur et sentiment de la gland, et le sanglier prend le vent de toutes pars, quand il jette son boutoir tout entour pour flairer et sentir s'il vient rien qui luy puisse donner ennuy en sortant hors de son buisson: le tout ainsi dit, par ce que le vent porte contreval l'odeur des choses et contrées par où il passe. Selon ce on dit par meta phore, Il a eu le vent de telle menée, c'est à dire, le sentiment et nou velles: Item je n'en ay ne vent ne voix, c'est à dire, je n'en puis rien sen tir ne descouvrir.

Prendre le vent, c'est aller du costé dont vient le vent. Il est ainsi dit par ce que ayans eu par le vent l'odeur de la chose que nous cerchons, nous ti rons la part dont l'odeur nous en est venue.

Les noms des vens.

Ainsi que le monde est divisé en quatre parties principales, Orient, Occi dent, Septentrion, Midi: aussi sont quatre vents principaux.

Le vent Oriental, soufflant droict de l'Orient Equinoctial, de nous appelé Solerre, ou pour mieux dire, Solaire, quasi ventus Solaris: des autres, Vent d'amont: des Italiens. Levante, ou Vent de levant: des mariniers Est: des Flamens Oost: des Latins Subsolanus: des Grecs, Apeliotes, comme qui diroit, Suyvant la voye du soleil, ou soufflant de l'endroit auquel le soleil se leve quand fait l'Equinocce. Eurus etiam dicitur Gellio. flat. ab Oriente verno seu aequinoctiali.

Le vent Occidental, soufflant droit d'Occident, de nous appelé vent d'em bas, ou d'aval: des Italiens Ponente, ou vent de ponent: des mariniers Ouest, ou Vent de Ouest: des Flamens, West: des Latins Fauonius: des Grecs, Zephyrus. Flat. ab occidente aequinoctiali.

Le vent Septentrional, soufflant droict de Septentrion, de nous appelé Bi ze, ou vent de bize: des Italiens, Tramontane: des mariniers, North, ou Vent de North: des Flamens Noorth: des Latins, Septentrio: des Grecs, Boreas, ou Aparctias. Gellio dicitur etiam Aquilo. Apar ctias, quasi ab arctoflans.

Le vent Meridional, soufflant droict de Midi, par aucuns appelé Vent de Midi: par autres Pluau, Vent Marin, Austre: par les Italiens, Ostro: par les mariniers Su ou Sud: par les Flamens Zuid: par les Latins Au ster: par les Grecs, Notus.

Outre ces quatre vents principaux, sont autres quatre vents moyens ou moitoyens: sçavoir est entre Orient et Midi, justement au milieu, le vent nommé des mariniers Suest: des Flamens Zuydoost: de ceux qui frequentent la mer Mediterranée, Syroch: des Latins Vulturnus. flat ab oriente Brumali. Eum Gellius dicit a nonnullis vocari Eu ronotum, quod inter Eurum et Notum sit.

Droictement au milieu de Orient et Septentrion, le vent nommé Northest, qui est mot composé de Nort et de Est: des Flamens Northoost: des autres Vents Grecs Iapyx. flat ab oriente solstitiali vel aestiuo.

Entre Occident et Septentrion, Northouest: des Flamens appelé Noor thwest: des Italiens Maestre, ou Maestro, comme qui diroit, Magi ster. Sciron. flat ab occidente solstitiali vel aestiuo.

Celuy qui est egalement entre Occident et Midi, est nommé Suouest des Flamens Zuydwest: des Italiens Garbin, et Labeche: des Latins Afri cus. flat ab occidente brumali.

Le vent de Galerne, Aquilo: a Graecis Meses. C'est celuy qui fait geler les vignes. Caurus, qui et Argestes dicitur, ventus est occiden talis, flans aduersus Aquilonem, testis Gellius.

Vent derriere, c'est vent en poupe, qui est la plus haute maniere de singler: ainsi dit parce que la proue est le devant du navire au singler, combien qu'au repairer és ports, elle ait le nez à la mer.

Vent à quartier, c'est le vent qui au singler n'est ne vent derriere, ne vent de boline, mais entre ces deux.

Vent à la boline, c'est le vent qui au singler donne par flans aux voiles, les quelles sont lors enfilées de droict fil de pouppe à prouë, qui est aussi u ne bonne maniere de singler, et est differente à celle de vent derriere, par ce qu'elle tient les voiles tendues de poupe à prouë, et vent derrie re, les tient tout par travers du navire et d'un bord à autre.

¶ Vent, ou esventement, Proflatus.

Le vent du ciel, Caeli spiritus.

Un vent qui vient de terre, Afflatus ex terra.

Vent qui vient à travers, Ventus transuersus, B.

Vents qui soufflent du costé de Septentrion, Venti septentrionales.

Region qui est du costé du vent de bize, Regio aquilonia.

Vent qui vient des creux de la terre, Anhelitus terrarum.

Vents froids, Aquilones.

Petit vent, Ventulus.

Petit vent doux, Aura.

Il ne faisoit point de vent, Dies silentis spiritus vel placidi erat, B. ex Columel.

Vent à gré, qui n'est point impetueux, Ventus secundus, Aura se cunda.

Le vent est à gré, Ventus operam dat.

Un vent qui n'est point contraire, Secundus ventus.

Vent contraire, Reflatus, huius reflatus.

Vent fascheux et ennuyeux, Grauis ventus.

Un vent qui entre de grande impetuosité, Irrumpens ventus.

Le vent estant fort aspre, Vesaniente vento.

Les vents s'appaisent, Cadunt venti.

A ceste heure la les vents cesserent, Tum venti posuere.

Le vent se leve et commence à soufler, Nascitur ventus, vel surgit.

Le vent nous a detenu, Tenuit nos ventus.

Attirer le vent, Ducere spiritum.

Les navires ont bon vent, Aura vtuntur naues.

Avoir bon vent et marée, Expedite, vel Bellissime nauigare.

Avoir vent en pouppe, Sinuatis velis prouehi, B.

Ils ont vent en pouppe, Ils ont vent à gré, Prosequitur surgens a puppi ventus euntes, B. ex Virg.

¶ Qui a son vent à grande peine, Anhelator.

Qui ne craint point le vent, Hors de tout vent, Ab afflatu securus.

Qui donne ou fait vent, Flabilis.

Jetter son vent, Animam reddere.

Jetter hors un vent, Spirare.

Qui jette un vent, Spirans.

Jetter hors un vent ou une fumée, Exhalare.

Jetter vent par entredeux, Interspirare.

J'ay veu d'autres vens venter, Alios ego vidi ventos.

Recevoir le vent, Concipere ventum.

Soufflet qui rend du vent, Ventosus follis.

Tirer son vent par les narines, Ducere spiritum naribus.

Edifice exposé aux vents, Subductum ventis aedificium.

Quand le vent aura trouvé issue et sera sorti hors des cavernes, Quum ventus emerserit.

Tout d'un vent, Sans reprendre son vent, Continuo spiritu, Vno spi ritu.

Bailler vent au vin, Relinquere qua interspiret vinum, Bud. ex Catone.

¶ Legier vent et bruit, Tenuis aut leuis auditio.

vent


VENT, s. m. VENTER, v. n. VENTEUX, EûSE, adj. [Van, vanté, teû, teû-ze: 1re lon. 2e é fer. au 2d; lon. aux deux dern.] Vent, 1°. air poussé d'un lieu à un aûtre avec plus ou moins de violence. "Le vent du Nord, du Sud, etc. "Vent impétueux, froid, chaud, humide, ou, doux, frais, agréable. "Le vent soufle, se lève, change, tourne, cesse, est apaisé, est tombé, s'est abatu.
   Il foule aux pieds la nue et marche sur les vents.
       Le Franc.
"Être exposé au vent; à l'abri du vent. Cheval qui va comme le vent: oiseau qui fend le vent: vaisseau qui flote au gré du vent, à la merci du vent; cheveux qui flotent au gré du vent: esprit léger, qui tourne à tout vent. = Fig. Avoir le dessus du vent, l'avantage sur quelqu'un. Être au dessus du vent, en état de ne rien craindre. = Avoir le vent contraire, se dit, au figuré comme au propre: "Vous avez trouvé le vent contraire: je n'en suis guère surprise: vous y êtes assez sujette, soit sur le Rhône, soit sur la terre. Sév. Voilà les deux sens réunis. — Avoir le vent en poupe, avoir du succês. Cette expression n'est que du st. famil. soit au propre, soit et encore plus au figuré. Corneille l'a employée dans une Tragédie, et il réunit les deux sens dans le même vers.
   Ayant le vent en poupe, ainsi que la fortune.
Ce langage n'est pas digne de Melpomène. Aller contre vent et marée; luter contre les obstacles. = Avoir le vent d'une chôse, en avoir quelque indice, quelque soupçon. "Il avoit eu le vent de la conjuration de Bessus. Vaug. Q. C. = On dit, en st. prov. Regarder d'où vient le vent; ne savoir où doner de la tête. — Ecouter d'où vient le vent; baguenauder, s'amuser.
   Ayant du temps de reste pour brouter,
   Pour dormier et pour écouter
   D'où vient le vent, il laissa la tortue
   Aller son train de Sénateur.
       La Font.
= Plus vite que le vent, extrêmement vite. "Vains discours de la multitude, discours plus légers que les vents, perdez-vous avec eux dans les airs. L. F. Vie de S. Grég. de Naz.Doner ou tourner à tout vent, au moindre vent: être inconstant et léger.
   Ce n'est qu'un étourdi, cela tourne à tous vents.
       Piron.
Mettre flamberge au vent, tirer l'épée. — Selon le vent la voile: il ne faut pas aller au delà de ses forces, de son revenu. — Quel bon vent vous amène? quel bon dessein vous oblige à venir ici? — Quelque vent qu'il vente, quoiqu' il arrive. — Autant en emporte le vent: Cela n'aboutit à rien; les éforts sont inutiles.
   Son argus l'aperçoit, et d'abord, d'importance,
   Il le réprimande, il le tance:
   Autant en emporte le vent.
       L'Ab. Reyre.
Aler selon le vent, s'acomoder au tems, aux circonstances.
   REM. Brebeuf dit, les vents, pour l'air, l'atmosphère.
   Ce que l'Averne enfin exhale dans les vents
   Ne fait pas aux mortels des venins si présens,
   - - - Et le nombre des morts qui corrompent les vents,
   Augmente chaque jour le péril des vivans.
C'est la rime qui a produit cette impropriété d'expression, comme elle en a produit tant d'aûtres. = Il fait vent, il fait soleil. L'Acad. dit également ces deux expressions, quoique Vaugelas les ait condamnées, en quoi, dit La Touche, je crois qu'il avoit raison. — Dans la dern. édit. l'Acad. ne met que, il fait grand vent, ce qui est aûtre chôse, et est une expression reçue.
   2°. Vent se prend pour l'air agité par artifice. "Faire du vent avec un chapeau, un éventail. — Le vent d'un boulet de canon: "Le vent du boulet le jeta par terre. — Instrumens à vent, dont le son est formé par l'air qu'on y introduit. "La trompette, le haut-bois, la flûte, etc. sont des instrumens à vent. = 3°. L'air retenu dans le corps de l'animal. "Il a des vents, il est plein de vents. "Cela caûse, done, engendre des vents. "Lâcher un vent, des vents. — Doner vent au vin, à un muid de vin; faire une petite ouvertûre au muid, pour y faire entrer l'air, ou pour le faire sortir. = 4°. Populairement, respiration, haleine. "Prendre, reprendre, retenir, retirer son vent. = 5°. L'odeur qui vient d'une chôse. "Le sanglier a eu le vent du gland; les corbeaux ont eu le vent d'une bête morte: l'odeur en est parvenûe jusqu'à eux. = Fig. Avoir vent d'une chôse, en avoir quelque soupçon. N'en avoir ni vent ni nouvelle, ni vent ni voie. L'Acad. dit que le premier est populaire, et l'aûtre proverbial. Voy. plus haut, avoir le vent de. = Le vent du Bureau; ce qu'on présume des dispositions de ceux de qui dépend la décision d'une afaire, ou la distribution des grâces: "Il a le vent du bureau pour lui, ou, contre lui. "Le vent du bureau lui est, ou ne lui est pas favorable. = 6°. Vanité. "Il y a bien du vent dans cette tête.
   Des riens, des airs, du vent, en trois mots le voilà.
       Le Méchant.
— Dans les trois derniers sens, il ne se dit qu'au singulier.
   VENTER, faire vent. Il est ordinairement impersonel. "Il a venté toute la nuit. "Qu'il pleuve, qu'il grêle, qu'il vente, peu m'importe, j'ai de quoi vivre. = Il est quelque-fois neutre, joint à vent. "Quelque vent qui vente: on ne peut pas empêcher le vent de venter. — L'actif est éventer; et c' est un gasconisme que de dire, venter le feu: elle se vente continuellement. Le dernier fait même une équivoque avec le verbe se vanter, se glorifier.
   VENTEUX : 1°. Qui est sujet aux vents; (n°. 1°.) plage, saison venteûse. = 2°. Qui caûse des vents dans le corps. (n°. 3°.) Les pois sont venteux: les pommes sont venteûses. = Colique venteûse, caûsée par des vents.

Synonymes et Contraires

vent

nom masculin vent
Mouvement de l'air.
air, bise, brise, souffle -littéraire: zéphyr.
Traductions

vent

Windwindwindהפחה (נ), זרם האוויר (ז), רוח (ז), רוּחַwindventvítrvindάνεμος, αέραςventovientoبادtuuliszélanginveður, vindurvento, sventolareanima, ventusvindwiatrvento, soprovîntветерvindupeporüzgarرِيحvjetar바람ลมgióвятър (vɑ̃)
nom masculin
1. déplacement de l'air Il y a du vent.
2. instrument de musique dans lequel on souffle

vent

[vɑ̃] nm
(= souffle, brise) → wind
il y a du vent → it's windy
(autres locutions) au vent → to windward
sous le vent → to leeward
avoir le vent debout → to head into the wind
avoir le vent arrière → to have the wind astern
c'est du vent → it's all hot air
dans le vent → trendy
prendre le vent → to see which way the wind blows
avoir vent de → to get wind of
contre vents et marées → come hell or high water